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Full text of "FIFAO 04.1 Bisson de la Roque - Rapport sur les fouilles de Médamoud (1926) (1927)"

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MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PURLIQUE ET DES REAUX-ARTS 

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FOUILLES 

DE 

L’INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 

DD CAIRE 

(ANNÉE 1926) 

SOUS LA DIRECTION DE M. GEORGE FOUCART 


RAPPORTS PRÉLIMINAIRES 

TOME QUATRIÈME 


PREMIÈRE PARTIE 

MÉDAMOUD 

PAR. 

M. F. BISSON DE LA ROQUE 


LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS 

D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 

1927 

Tous droits de reproduction réservés 


FOUILLES 


DE 

L’INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 

DU CAIRE 


(ANNÉE 1926) 


MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 


FOUILLES 

DE 

L’INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 

O 

DU CAIRE 
(ANNÉE 1926) 

SOUS LA DIRECTION DE M. GEORGE FOUCART 


RAPPORTS PRÉLIMINAIRES 

TOME QUATRIÈME 



LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS 

D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 


1927 

Tous droits de reproduction réservés 






PREMIÈRE PARTIE 



RAPPORT 


SUR 

LES FOUILLES DE MÉDAMOUD 

( 1926 ) 

PAR 

M. F. BISSON DE LA ROQUE 



LE CAIRE 

IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS 

* 

D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE 

1927 

Tous droits de reproduction réservés 




RAPPORT 

SUR 


LES FOUILLES DE MÉDAMOUD 

( 1926 ) 

PAR 

M. F. BISSON DE LA ROQUE. 


INTRODUCTION. 

Les fouilles de l’Institut Français d’Archéologie Orientale entreprises en 1925 sur 
le Kâm de Médamoud, à l’emplacement du temple, avaient dégagé, en cette première 
année, tout le temple proprement dit de l’époque plolémaïque et romaine, conservé 
en grande partie sur un mètre de hauteur au-dessus du dallage. 

Dans une faible partie des portions de ce temple entièrement détruites, une fouille 
en profondeur avait donné des traces d’un temple du Moyen Empire. 

Des restes d’une porte et des statues d’Usirtasen III, des pierres décorées de la XII e 
dynastie, des XIII e et XIV e dynasties et d’autres de la XVIII e dynastie trouvées dans le 
déblai des ruines du temple plolémaïque s’ajoutaient aux traces d’un temple du Moyen 
Empire pour nous établir une série de temples successifs (F. Bisson de la Roque , 
Médamoud, 1925, p. 122 et 123 ). 

Le temple proprement dit nous donnait une décoration intérieure allant de Ptolé- 
mée V à Ptolémée XIII et une décoration extérieure du mur d’enceinte exécutée de 
Domitien à Trajan. 

Ce temple proprement dit se caractérisait spécialement par un double temple com- 
prenant l’avant-temple et l’arrière-temple et par trois entrées dont l’une conduisait 
au sanctuaire de l’avant-temple, une autre à barrière-temple et la dernière, entre les 
deux autres, à une porte d’Aménophis II, conservée dans ce temple plolémaïque, qui 
menait, peut-être, à une troisième chapelle entièrement détruite. 

Ces trois entrées s’ouvraient dans un Portique dont quatre colonnes subsistent 
avec leurs architraves. 

Toute la partie, au delà de ce Portique, formant façade du temple proprement 
dit, fut déblayée en 1925 au niveau de ce dernier temple du site. 

Fouilles de V Institut, t. IV, 1. 


1 


2 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


En cette année 1926, les fouilles furent d’abord faites au deçà de ce Portique. 

Nous devions dégager la cour du temple et son pylône, puis employer le reste du 
temps à poursuivre la fouille en profondeur dans le temple proprement dit que nous 
n’avions pu que commencer en 1925. 

J’avais remarqué entre le Portique, fermant l’entrée du temple proprement dit et 
la porte de Tibère placée sur la ligne de l’enceinte sacrée sur le terrain du site avant 
les fouilles, un arasement de construction qui se trouvait sur l’alignement de la porte 
de Tibère et de l’entrée principale du Portique. 

Je considérais cet arasement de construction comme la trace du pylône du temple 
(cf. 1925, p. ô et pl. I). 

Là les premiers coups de pioche furent donnés cette année, au début de janvier 
1926. 

Un matériel réduit de chemin de fer à voie étroite avait été apporté. 

L’endroit le plus favorable pour déverser le déblai de la cour du temple se trouvait 
être le terrain du Kôm formant trapèze avancé dans les terres cultivées au nord du 
temple, terrain qui avait été utilisé l’an dernier pour le déblai du temple proprement 
dit. Ce terrain était séparé de l’emplacement supposé de la cour par un enclos de pal- 
miers dans lequel nous pouvions passer. J’ai établi, comme en 1925, un talus arti- 
ficiel avec voie ferrée, débutant tout d’abord un peu au sud-est de ce que je considé- 
rais comme le pylône et transporté ensuite, après le déblaiement de la partie sud de 
la portion à dégager cette année, vers le nord au fur et à mesure du dégagement 

(%• 0 - 

La hauteur du déblai, variable suivant les emplacements, était en moyenne de 1 
m. ^0 pour atteindre le dallage. En huit semaines, avec trois wagonnets, un rectangle 
de 37 mètres sur Ù 6 mètres était dégagé, et dans ce rectangle, en divers points où 
le dallage était détruit, la fouille en profondeur fut faite jusqu’au niveau de l’eau, 
c’est-à-dire à 2 m. 10. 


Nous avions bien ici la Grande Cour du Temple, mais ce que j’avais considéré comme 
devant être le pylône était la façade ouest d’un kiosque devant l’entrée principale de 
la Grande Cour. 

Deux autres kiosques furent trouvés sur la même ligne que le premier, devant 
deux autres entrées de la Grande Cour, correspondant aux entrées du temple pro- 
prement dit. 

Le terrain fut suffisamment dégagé sur la façade de ces kiosques et ce dégagement 
me donna une ligne limite de déblaiement vers l’ouest qui fut établie sur toute la 
largeur du temple et qui nous livra des parties d’une Cour Ouest dont le dégagement 
ne fut que commencé cette année. 

Dans ces cours et kiosques du temple des installations postérieures au temple lurent 
trouvées (pi. II). 

Ce grand déblaiement terminé, nous reprîmes la fouille en profondeur, commen- 


3 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

cée en 1925, dans le temple proprement dit. Tout l’arrière-temple put être fini, en 
un peu plus de deux semaines, au niveau des restes de la plate-forme d’un temple du 

Moyen Empire et au niveau inférieur des fondations du temple ptolémaïque et romain 
(pl. III). 



Fig. 1. Le talus artificiel d’évacuation des déblais a une période de déplacement du point de chargement 

ET DE DESTRUCTION d’üNE PARTIE DEVENUE HORS d’uSAGE. 


Ce nouveau travail nous donna : des compléments de renseignements pour le plan 
du temple, par l’interprétation des fondations dans les parties détruites ou insuffisam- 
ment conservées à la surface du sol du temple, des objets précieux, entre autres des 
statues de culte du dieu Montou à corps humain avec tête de taureau et de la déesse 
Ra-taoui ainsi que des statues de la XVIII e dynastie dont l’une d’elles nous a donné 
un texte historique du règne de Thotmès III. 

En trois mois, y compris le temps du relevé des plans, nous obtenions un complé- 
ment de dégagement du temple qui nous donne maintenant une longueur de 10 à 
mètres sur Ô 3 m. 80 de largeur où seulement deux points sans dallage subsistant 

stent a fouillei en piofondeur sous le niveau du sol de ce temple ptolémaïque et 
romain (pl. I). 


PREMIÈRE PARTIE. 


LES COURS DU TEMPLE ET SES TROIS KIOSQUES DE FAÇADE 

AINSI QUE LES INSTALLATIONS COPTO-BYZANTINES EN CETTE PARTIE. 


1. — GRANDE COUR. 

Nous avons supposé (ef. 1925, p. 76) devant le portique du temple l’existence 
d’une Grande Cour ornée sur les côtés de colonnades. En effet le dégagement de 
l’angle extérieur sud-ouest du Portique nous avait livré un passage semblant prolon- 
ger une colonnade de cette Grande Cour (cf. 1925, p. 76 et p. 11 1). 

Les fouilles de cette année nous ont permis le dégagement complet de cette Grande 
Cour (pl. I), s’étendant devant le Portique et limitée sur ses trois autres côtés par la 
continuation du mur d’enceinte du temple (cf. 1925, p. 67). 

Cette Grandé Cour, fortement détruite, était entièrement dallée en grès. Elle pos- 
sédait, seulement sur ses côtés nord et sud, une galerie couverte à double rangée de 
six colonnes (fig. 2). 

Les architraves de la colonnade nord se raccrochaient par un plafond au mur nord 
d’enceinte. Celles de la colonnade sud se raccrochaient à un mur intermédiaire limi- 
tant une suite de quatre chambres appuyées au mur sud d’enceinte. 

Sur son côté ouest, sans qu’il y ait de galerie couverte, elle était limitée par un 
mur plus épais que les murs nord et sud d’enceinte. Ce mur très épais devait former 
pylône; mais ses fondations, seules conservées aux angles, forment corps sans aucun 
saillant avec les murs nord et sud d’enceinte, ce qui indique que ce mur-pylône n’était 
nullement isolé comme construction, dans sa partie inférieure, des murs d’enceinte 
des côtés. 

Ce mur-pylône formant façade de la cour, est percé de trois portes correspondant 
aux trois entrées distinctes du temple proprement dit. 

Un autel devait garnir la partie nord de cette Grande Cour. 

Cette Grande Cour fut en partie envahie par des installations copto-byzantines, 
ainsi que nous l’indiquent des restes de dallages en briques cuites, conservées en cer- 
tains points au-dessus du dallage en grès de cette cour (pl. II). 

Cette Grande Cour couvre un espace intérieur de 20 mètres de l’est à l’ouest, c’est- 
à-dire du portique au mur-pylône et de 37 m. 70 du nord au sud, y compris les 
galeries de côté ayant chacune 6 m. 35 de largeur. Nous avons donc là un espace à 


5 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

ciel ouvert de 20 mètres X 2 5 mètres, plus étendu dans le sens de la largeur du temple 
que dans celui de la profondeur. 

Ce dispositif de cour, contraire à celui que nous sommes le plus souvent habitués 
à rencontrer, comme par exemple à Edfou, avec le plus grand espace dans le sens 
de la profondeur, rappelle la cour du temple de Kom Ombo. 



Fig. 2. — Grande Cour, vue du nord avec les colonnes répartes. 


LE DALLAGE DE LA GRANDE COUR. 

Un dallage en grès garnissait à un niveau unique l’ensemble de la partie à ciel 
ouvert et des galeries couvertes des deux côtés nord et sud. Ce dallage semble avoir 
été en grande partie respecté après l’abandon et la démolition du temple, lors des 
installations copto-byzantines, car certains restes de murs et même de dallages en 
briques de maisons établies dans cette cour reposent sur le dallage en grès conservé 
sous ces installations. 

Une grande partie de ce dallage en grès est conservée, mais dans beaucoup d’en- 
droits, le grès attaqué par les eaux d’infiltration est entièrement décomposé et réduit 
à l’état sableux. Nous avons trouvé comme parties détruites une bande d’environ 1 o 
mètres de largeur, s’étendant sur toute la profondeur de la cour, du Portique au 
mur-pylône, dans le prolongement de la porte médiane du mur-pylône ainsi que deux 


6 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


petites baies mordues par les eaux , partant de la grande bande détruite et s’étendant 
vers le sud : l’une de 4 mètres X 3 mètres, le long du Portique, l’autre de îo mètres 
de longueur nord-sud sur 4 mètres, débutant à environ 7 mètres à l’est de l’entrée 
sud du mur-pylône. 

Dans la baie la plus grande du dallage détruit nous avons fouillé à une profondeur 
de 2 m. î o sous le niveau de la cour, jusqu’au niveau des eaux en février. 



Fig. 3. — Grande Cour, galerie nord vue du nord-ouest. 


Dans la baie la plus petite du dallage détruit, gênés par le voisinage de la partie 
du Portique restée en élévation , nous n’avons fouillé qu’à î m. 20 sous le niveau de 
la cour. Cette fouille nous a donné : d’une part, à 0 m. 5o sous le niveau du dallage, 
un noyau de partie inférieure d’une statue assise, en granité bleu, d’Usirtasen 111 , 
inv. 1929, et d’autre part, à 1 mètre sous le niveau du dallage, la partie inférieure 
d’une statue assise, en granité bleu, d’Usirtasen II, inv. 2021 (fig. 35 et p. 65 ). 

C’est la première statue d’Usirtasen II que nous trouvons sur ce site. On peut sup- 
poser que ces deux statues avaient été placées, à l’époque du dernier temple, de 
chaque côté de la façade de la porte médiane du Portique qui conduit à la porte 
d’Aménophis II. 

Nous avons rebouché le trou (fig. 3 ), par mesure de prudence, vis-à-vis de la partie 
du Portique conservée dans toute sa hauteur, avec le déblai de cette fouille prolongée 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 7 

vers le nord et l’ouest dans la grande bande de la Grande Cour où le dallage est dé- 
truit. Mais, par suite de la nature du terrain, nous n’avons pas fouillé en profondeur 
toute cette grande bande. En elfet cette bande de terrain étant composée d’une terre 
compacte qui indique l’absence de remaniement et des traces, en certains points, de 
grès décomposé à la surface, nous a dispensés de cette fouille coûteuse. 

GALERIE NORD. 

Les deux rangées de colonnes de cette galerie étaient conservées sur 1 m. 5 o ou 1 
m. 75 de hauteur, c’est-à-dire, pour le plus grand nombre, jusqu’au niveau du terrain 
avant des fouilles (fig. 2 et 3). 



Fig. à . — Grande Cour, galerie nord vue du nord-est. 


Par contre le mur nord d’enceinte, auquel les architraves de ces rangées de colon- 
nes se rattachaient par des dalles, a été trouvé rasé au niveau du dallage de la cour. 
Ceci s’explique par le fait que les pierres rectangulaires du mur étaient d’un usage de 
remploi plus pratique que les demi-tambours des fûts de colonnes. 

Les deux rangées de colonnes de cette galerie forment alignement avec les deux 
dernières rangées de colonnes nord du Portique (fig. 4 ). 

Le fut forme un cercle régulier de 1 m. 20 de diamètre sans rétrécissement dans 
le bas. Ce fût repose sur une base ronde de 0 m. 5 5 de hauteur, d’un diamètre de 1 



8 


F. BISSON DE LA ROQUE. 



m. 80 dans la partie inférieure, avec rabattement du bord inferieur sur o m. 17 de 
hauteur, donnant à la partie supérieure de cette base un diamètre de 1 m. 5 o (fig. 5 ). 

Cette base ronde ne repose pas sur une 
base rectangulaire d’un seul bloc, ainsi 
que nous l’avons remarqué sous presque 
toutes les colonnes étudiées l’an dernier. 
Les fondations n’ont pu être étudiées, 
pourtant il est à supposer que ces colon- 
nes reposent sur plusieurs assises de subs- 
truetion avec travées d’étais entre elles. 

La base ronde et le fût sont construits 
avec des demi-tambours réunis par des 
queues d’aronde posées perpendiculairement d’une assise par rapport à l’autre. 

Ces colonnes et leurs bases diffèrent légèrement de celles du renfoncement de la 
colonnade sud au sud du Portique 
(cf. 1925, p. 77). 

La partie inférieure du fût a une 
décoration en relief (fig. 6). 

Ces colonnes devaient avoir, je 
suppose, des chapiteaux composites. 

Mais, fait bizarre, le déblai ne nous 
a donné aucun reste de chapiteaux : 
ni de cette galerie nord, ni de la 
galerie sud. Ce fait ne peut pas nous 
permettre de supposer que cette 
cour n’a pas été terminée car la 
décoration de la partie inférieure 
des colonnes, en partie subsistante, 
nous donne le dernier échelon du 
travail d’édification de la cour. 

Le grès de ces colonnes était 
presque entièrement décomposé par 
suite de l’action des eaux d’infiltra- 
tions, aussi leur décoration en relief 
était à peu près complètement dé- 
truite. Seules deUX d entie elles, p,g < — Le côté nord-ouest de la dernière colonne Est 

celles se trouvant à l’extrémité Est, de la première rangée de colonnes de la galerie nord. 

c’est-à-dire près de la façade du 

Portique, ont pu être sauvées en partie à l’aide de ciment (fig. 3 ). Pour les autres 
nous nous sommes contentés dans le travail de consolidation, fait de suite après la 


Fig. 5. — Partie inférieure du type des colonnes 
de la Grande Cour. 


9 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

trouvaille, de cimenter le pourtour des noyaux restant suffisamment solides, en re- 
plaçant les quelques débris de la décoration sauvée. 

Dans l’état actuel le noyau de la dernière colonne ouest de la rangée intérieure a 
conservé la hauteur de 1 m. 5 o qu’elle avait au moment de la 
trouvaille et la dernière colonne Est de la rangée de bordure a 
conservé la hauteur de 1 m. 75 du moment de la trouvaille. 

Sur cette dernière colonne (fig. 6) se trouvent les cartouches 
d’Antonin-le-Pieux : 

Ces cartouches en relief décorent l’entre-deux des feuilles trian- 
gulaires imbriquées, du type habituel de l’ornement inférieur des 
colonnes, et alternent avec les Rekhilou posés sur le signe 7 ieb ainsi 
qu’avec l’Harpocrate sortant du lotus (voir : Drioton, Inscriptions , 

1926 , p. 45). 

L’écartement entre ces colonnes, entre la rangée intérieure et le mur nord d’en- 
ceinte ainsi qu’entre les deux dernières colonnes Est et le mur du Portique, est de 
1 m. 90, et l’écartement., entre les deux dernières colonnes ouest et le mur-pylône, 
est de 1 m. Ao. 

Une rigole de conduite d’eau de nettoyage est conservée dans le dallage de celte 
galerie nord. Elle est creusée dans les pierres de ce dallage. Elle a une largeur de 
o m. 12 et une profondeur de o m. 08. Elle débute contre la troisième colonne, en 
partant de l’Est, de la rangée intérieure. Elle se dirige sur 0 m. 90 de longueur vers 
le nord, puis tourne en angle droit vers l’ouest et, parallèlement au mur nord d’en- 
ceinte, elle conduisait les eaux au mur-pylône qu’elle devait traverser pour se déver- 
ser hors de la cour. Ce passage sous le mur n’est pas conservé étant donné que la 
dernière assise de fondations du mur-pylône manque en ce point. Une conduite 
adjacente entre les deux dernières colonnes ouest et le mur-pylône vient se ramifier 
à la conduite principale près de l’angle nord-ouest intérieur de la Grande Cour (fig. 3 ). 

GALERIE SUD. 

Cette galerie est du même type que la galerie nord. Ses colonnes, semblables à 
celles de la galerie nord, sont davantage détruites (fig. 2). Celle qui a conservé le plus 
de hauteur mesure 1 m. 4o et se trouve la dernière à l’ouest de la rangée de bordure. 
Sur cette colonne subsistent quelques restes de la partie inférieure des cartouches 
d’Antonin-le-Pieux. 

L’écartement entre les deux rangées, ainsi qu’entre la rangée intérieure et le mur 
d’attache du plafond est de 1 m. 90. L’écartement entre les colonnes de chaque rangée 
est de 1 m. 85 et celui entre les deux dernières colonnes ouest et le mur-pylône est 
de 1 m. 70, ce qui donne un petit écart d’alignement entre les colonnes de la galerie 
nord et celles de la galerie sud. 

Fouilles de l’ Institut, t. IV, 1. 




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2 


10 


F. B1SSON DE LA ROQUE. 


Dans cette galerie sud certaines bases rondes des colonnes reposent sur des bases 
carrées d’un seul bloc, dont le sommet se trouve au niveau du dallage; les autres, 
de même que celles de la galerie nord, reposent sur des fondations composées de 
plusieurs pierres en surface. 

Il est à remarquer que les deux colonnes prolongeant la rangée intérieure de la 
galerie sud dans le passage qui se trouve au sud du Portique ne sont pas du même 
type que les colonnes de l’ensemble des galeries sud et nord [supra, p. 8). En effet, 
les premières, étudiées l’an dernier (cf. 1925, p. 77), ont un rétrécissement dans 
la partie inférieure de leur fût, et ce fût est construit avec des tambours simples, 
c’est-à-dire d’un seul bloc, tandis que les fûts des colonnes de l’ensemble des galeries 
sud et nord n’ont pas ce rétrécissement dans le bas et sont construites avec des demi- 
tambours réunis par des queues d’arondes. Je pense que nous avons là des colonnes 
de deux époques différentes : celles avec la partie inférieure rétrécie, se trouvant dans 
le passage au sud du Portique, d’époque de ce Portique, cest-à-dire des derniers 
Ptolémées, et celles des galeries sans rétrécissement à la base de l’époque romaine. 
Malheureusement ce n’est que par les architraves et le plafond que nous aurions pu 
constater par les raccords la preuve de ce que j’avance ici. Le problème est donc posé 
sans être résolu : nous avons, peut-être, là, dans l’angle sud-est de la Grande Cour 
un raccord de deux époques différentes. 

Les colonnes de la galerie sud ne se raccrochaient pas comme celles de la galerie 
nord au mur d’enceinte mais à un mur intermédiaire dont la face extérieure se place 
à 3 m. ko de la face intérieure du mur sud d’enceinte. Ces deux murs parallèles sont 
rasés à 0 m. 10 au-dessus du niveau du dallage. Ils n’ont donc conservé que leurs 
substructions. L’assise supérieure de fondations dépasse de o m. 10 le niveau du dal- 
lage et donne des emplacements de queues d’aronde. 

L’emplacement des portes de ces quatre chambres est visible dans l’arasement du 
mur intermédiaire. Elles donnaient donc sur la galerie sud. 

Dans le dallage de la galerie sud nous avons une partie creusée qui a dû être faite 
lors de la construction de la Grande Cour. Cette partie creusée se place pei’pendicu- 
lairement au mur intermédiaire, à l’Est et contre la porte de la Chambre XXIII et 
consiste dans une rainure ayant 0 m. 20 de profondeur, 0 m. 85 de longueur avec 
o m. i5 engagé sous le mur et avec, à o m. 60 de son extrémité engagée, une partie 
perpendiculaire creusée dans la dalle, débordant de chaque côté de o m. i 5 et sem- 
blant avoir servi comme emplacement d’attache. Je pense que nous avons ici l’empla- 
cement d’une prise pour le maniement de blocs de pierre. 

Sur la face nord de la base de la quatrième colonne, en partant de l’Est, de la 
rangée de bordure se trouve une inscription démotique (Drioton, Inscriptions, 1926, 
p. ô 6 ). 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 


11 


LES CHAMBRES XXII, XXIII, XXIV ET XXV. 

Ces quatre chambres se trouvent sur la même ligne, sont adossées au mur sud 
d’enceinte et s’ouvrent sur la galerie sud de la Grande Cour. Leur dallage est conservé 
et se trouve au même niveau que le dallage de la cour. Elles sont rasées à 0 m. 1 0 
au-dessus de ce dallage sauf la Chambre XXII qui a conservé une assise de ses murs 
nord et Est (cf. 1925, p. 111). 

Elles ont 2 m. 5 o de largeur. La longueur de la Chambre XXII est de 4 m. 20, 
celle de la Chambre XXIII est de 4 m. 4 o, celle de la Chambre XXIV est de U. m. 
5o et celle de la Chambre XXV, la dernière à l’ouest, est de 7 m. 80. 

Leurs portes sont assez étroites. Elles ont 0 m. 70 d’ouverture avec rentrants à 
l’emplacement du battant qui leur donne 1 mètre de largeur. 

CRYPTE. 

Sous la Chambre XXV se trouve une crypte (fig. 7) à laquelle on ne pouvait attein- 
dre que par cette chambre. 



Fig. 7. — Intérieur de l.a crypte avec l’entrée au fond, vue prise de l’Est. 


Cette crypte a 7 m. 5 o de longueur, 1 m. 75 de largeur et 1 m. 1 5 de hauteur^). 
Son entrée se trouve dans le mur-pylône, à l’extrémité ouest de la Chambre XXV 

(1) L’extrémité ouest a 1 m, 16 de hauteur et l’extrémité Est 1 m. îi 


12 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


(fig. 8). Elle se compose d’une petite plate-forme de fermeture de 1 m. 65 dans le 
sens est-ouest sur î mètre et de o m. 26 de profondeur. A 1 extrémité Est de cette 
plate-forme se trouve une trappe de o m. 58 au carré. 

Sur les côtés sud et nord de la plate-forme se trouvent, encastrés dans le grès, des 
restes de tiges en bronze qui servaient sans doute d’attaches à une plaque en bois de 
fermeture. 



Fig. — Entrée de la crypte au premier plan et partie sud de la Grande Cour, 

VUE DE L OUEST AVEC LA PIERRE D’ANGLE SUD-OUEST DU MUR-PYLONE EN PLACE. 


Par la trappe on descend à une première marche de o m. 75 de hauteur. Une 
seconde marche a o m. 20 de hauteur. Une troisième, faite avec une pierre rem- 
ployée, ayant un morceau d’inscription gravée sur la tranche verticale extérieure, a 
o m. 3 1 de hauteur. Une quatrième marche et dernière mesure o m. 3 o. 

Dans le bas des côtés intérieurs de la crypte se trouve un rebord de o m. 1 2 de 
largeur et de 0 m. 1 3 de hauteur. 

Cette crypte n’a aucune décoration. L’intérieur a été trouvé à peu près entièrement 
rempli de terre. 

Elle est recouverte de dalles de plafond de 2 m. 75 X 1 m. o 5 avec une hauteur 
de o m. ho à laquelle il faut ajouter o m. 1 5 dans la partie sud qui s’appuie sur un 
rebord surbaissé de la crypte. Ces dalles sont enclavées au sud de 0 m. 2 5 dans le mur 
sud d’enceinte. 

Une des dalles du plafond a été trouvée brisée en deux, avec l’un des morceaux 
resté dans sa position première et l’autre incliné pour permettre à un homme de 
pefsser. 


13 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Cette dalle est une pierre remployée, ayant sur un des longs côtés une décoration 
du beau style du début de l’époque ptolémaïque, inv. 2669 (fig. 9). 

Cette pierre nous donne la partie inférieure de trois tableaux et devait former l’axe 
d’un panneau. Elle porte le cartouche de Ptolémée III. Le roi fait offrande à une 
triade qui doit être celle de Montou autant que l’on peut en juger car l’arête de la 
pierre coupe les personnages à hauteur du visage et le bas des colonnes de texte ne 
contient aucun nom de divinités. 



Fig. 9. — Dalle brisée du plafond de la crypte, pierre remployée, inv. 2669. 


Cette pierre nous pose le problème d’un monument élevé sur ce site par Ptolé- 
mée III, donc antérieur à l’ensemble du temple déblayé qui paraît n avoir été com- 
mencé qu’à l’époque de Ptolémée V (cf. 1925, p. 123 ). 

Nous avons trouvé également des pierres de l’époque de Plolémée III dans les fon- 
dations d’un autel de la Grande Cour (p. 26). 

Une autre pierre décorée, qui semble par le style être de Ptolémée III, a été rem- 
ployée sur la face sud des fondations du mur sud d’enceinte, à la dernière assise infé- 
rieure, à 2 mètres de l’angle sud-ouest extérieur de la Grande Cour. 

Sur une petite butte au sud du temple déblayé (cf. 1925, pl. I et p. 6), se trou- 
vent quelques pierres éparses. Sur l’une de ces pierres Wilkinson avait reconnu le 




14 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


cartouche de Ptolémée III (cf. 1925, p. 8). Nous avons retrouvé cette dernière pierre 
mentionnée et avons remarqué que deux autres pierres de cet emplacement s adap- 
taient sous elle pour former le montant d’une porte (fig. 1 0). 

Il est donc évident que se trouvait sur ce site au moins un monument de Ptole- 
mée III et il est possible que ce monument se plaçait au sud du temple déblayé, 
peut-être dans les parages de cette butte signalée. 



Fig. 10. — Montant d’une porte avec cartouche de Ptolémée III, 

VUE EN FAÇADE À GAUCHE ET SUR LA FACE INTÉRIEURE A DROITE. 


Je pense que nous pouvons reconnaître dans la suite des quatre chambres avec 
crypte qui donnent sur la galerie sud de la Grande Cour des (Tl n ! ou ma ~ 

gasins du temple. 

Ces magasins sont de l’époque du mur d enceinte auquel ils s appuient et de la 
Grande Cour dans laquelle ils donnent. 

La Chambre XXII, décrite dans le Rapport de ig^ 5 , p. 111, doit donc être re- 
gardée comme postérieure à l’ensemble du temple proprement dit, et la pierre avec 
cartouche de Ptolémée XIII sur la face extérieure de son mur Est (Drioton, Ins- 
criptions, 1925, n os 53 et 55 , fig. k et p. 3 i) doit etre considérée comme un rem- 
ploi, ce qui s’explique fort bien car le tableau de cette pierre paraît être coupé par 
un angle. 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 


15 


LES MURS NORD ET SUD D’ENCEINTE AVEC LEURS SAILLANTS. 

Les murs nord et sud d’enceinte sont rasés à 0 m. 10 au-dessus du dallage de la 
Grande Cour, nous ne les avons donc qu’en substruction. Ils nous donnent comme lar- 
geur, en deux rangées de pierre, au mur nord 1 111. 90 et au mur sud 1 m. 60 avec 
une saillie de o m. 3 o. 



Fig.. 11# Les trois kiosques et au premier plan l’angle nord-est de la Grande Cour 

AVEC LE SAILLANT NORD DU MUR NORD D ENCEINTE A DROITE. 


Nous avons vu (cf. 1925, fig. 52 et p. 7 3 ) que les fondations de ces murs se 
composent de trois assises d’un ensemble de 1 m. 34 de hauteur et que sur ces fonda- 
tions la partie inférieure de la superstructure avait 1 m. ko de largeur. Il faut donc 
rappeler que la saillie de fondations existait sur les deux faces du mur, d’environ 0 m. 
3o à l’extérieur du mur et de o m. 20 à l’intérieur. 

Les pierres de ces murs possèdent l’emplacement de queues d’arondes dans le sens 

de la longueur du mur; 

Sur la face extérieure de ces murs se trouve, un peu avant la ligne des ang es 
intérieurs de la Grande Cour, un saillant, de chaque côté, assez important. 


16 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Le saillant nord débute à 3 m. 80 à l’Est de l’angle extérieur du mur-pylône. Il a 
2 m. 8o de longueur avec sur ses fondations, une saillie de o m. îo, et une largeur 
de a m. 20 avec une saillie de o m. 35 à l’ouest, et de o m. 1 5 à l’Est, sur son assise 
supérieure de fondations. Ce saillant a conservé une assise dont le sommet se place à 
o m. 2 2 au-dessus du niveau du dallage de la Grande Cour et une seconde assise est 
conservée dans son angle nord-ouest avec un niveau de + o m. hk (fig. 1 1). 

Les fondations de ce saillant sont formées de deux assises d’un ensemble de î 
mètre de hauteur. 



Fig. 12. — La partie sud-ouest de la Grande Cour avec au dernier plan le saillant sud 

DU MUR SUD d’enceinte DANS LA GRANDE ÉCHANCRURE DU TERRAIN, VUS DU NORD. 


Le saillant sud débute à 3 m. 5o à l’Est de l’angle extérieur du mur-pylône. Il a 3 
mètres de longueur et 2 mètres de largeur. Il est rasé au niveau du sommet des fon- 
dations du mur d’enceinte et possède quatre assises de fondations d’un ensemble de 
î m. 70 de hauteur (fig. 12). 

J’ignore complètement ce que pouvaient être ces saillants. Ils n’ont aucun rapport 
avec le mur-pylône. Faut-il voir là une amorce en pierre d’un mur de clôture sup- 
plémentaire en briques? Ceci me paraît peu vraisemblable. Il faudra, pour essayer 
d’élucider le problème de ces saillants, les dégager davantage sur les côtés. 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 


17 


LE MUR-PYLÔNE. 

Ce mur se développe en façade sur Uh m. 5 o de longueur. Son épaisseur à la base 
de sa superstructure est de 2 m. 90 et l’assise supérieure de fondations forme en 
plus une saillie de 0 m. 3 o sur la façade ouest de ce mur. 



Fig. i3. — La pierre d’angle sud-ouest du mur-pylône en place. 


Ce mur a, suivant les endroits, deux, quatre, ou cinq rangées de pierres avec 
emplacements de queues d’arondes dans le sens de la longueur du mur sur les ran- 
gées de bordure. 

Les fondations de ce mur ont quatre assises donnant une hauteur de 2 mètres. 

Fouilles de V Institut, t. IV, 1 . 3 



18 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Dans ce mur se trouvent trois portes qui seront étudiées plus loin en détails : une 
porte sud correspondant à l’entrée centrale du temple, une porte médiane correspon- 
dant à l’entrée du Portique menant à la porte d Aménophis II et une porte nord coi- 
respondant à l’entrée du Portique menant par la Cour Nord a 1 arrière-temple. 

Ce mur-pylône ne forme aucun saillant sur les murs nord et sud d enceinte avec 
lesquels il fait corps dans ses fondations seules subsistantes en ces points. 



Fig. 16. Le mur-pylône vu du nord avec l’angle nord-ouest au premier plan ainsi que les trois kiosques 

dans la Cour ouest. 


La pierre de l’assise inférieure de la superstructure de l’angle sud-ouest de ce mur 
a été trouvée légèrement déplacée, par suite de l’éboulement d’un mur de direction 
est-ouest qui venait buter à o m. 7 5 au nord de cet angle. 

Cette pierre nous donne la base du tore qui garnissait l’angle du mur. La partie 
inférieure de la base de ce tore a 0 m. 3 o au carré. 

Cette pierre d’angle aom .45 de hauteur (fig. 8 et i 3 ). 

Quant à l’angle nord-ouest du mur-pylône il n’a même plus l’assise supérieure de 
ses fondations qui n’ont donc conservé en cette partie que trois assises. Nous n’avons 
donc là de conservé qu’un niveau — 0 m. 55 sous le niveau du dallage de la Grande 
Cour_(fig. i 4 ). 


19 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Dans la plupart des autres parties, ce mur-pylône est rasé à l’assise supérieure de 
ses fondations qui débordent de o m. 10 au-dessus du niveau du dallage de la Grande 
Cour. Des restes de substructure subsistent, outre l’angle sud-ouest, en trois points : 
sur une hauteur de 1 mètre entre la porte médiane et la porte nord, sur une hauteur 
de 0 m. 5 o en une pierre qui forme la partie inférieure du côté ouest du montant 
sud de la porte médiane et sur une hauteur de o m. 45 en trois pierres formant une 
longueur de 3 mètres, débutant à 2 m. 3 o au sud de l’angle du montant sud du côté 
ouest de la porte sud de la Grande Cour. Deux de ces trois pierres nous donnent la 
partie inférieure de la façade de ce mur-pylône, décorée non de plantes mais d’une 
suite de personnages (Drioton, Inscriptions, 1926, fig. 22 et p. 46 ). 

Entre la porte médiane et la porte nord les deux assises inférieures conservées du 
mur-pylône nous donnent sur la façade ouest un texte étudié et donné par Drioton, 
Inscriptions, 1926, fig. 19 et p. 38 et sur la face intérieure de la cour un tableau 
avec texte nous représentant l’empereur Yespasien offrant des vases à fleurs, sur un 
plateau d’où tombent des franges, à un dieu ayant la couronne amonienne mais dont 
la tête et le corps sont détruits (Drioton, Inscriptions, 1926, fig. 21 et p. 42 ). 

C’est tout ce qui reste de la décoration des soubassements de ce mur-pylône, qui, 
faisant corps dans la partie inférieure avec les murs nord et sud d’enceinte, devait, 
d’après ses fondations plus profondes et d’après sa très forte épaisseur, s’élever, avec 
un fruit assez prononcé sur les deux faces, à une hauteur bien supérieure de celle des 
murs nord et sud d’enceinte. 

Ce mur-pylône n’avait aucun saillant, de même qu’à Kôm-Ombo, à ses extrémités 
nord et sud, seul un tore marquait l’angle d’où le profil du mur se prolongeait sans 
aucun retour le long des murs nord et sud d’enceinte. Les saillants signalés sur ces 
murs nord et sud d’enceinte sont entièrement indépendants du mur-pylône. 

il ne nous est pas possible d’indiquer si à l’intérieur de ce mur-pylône se trouvaient 
un escalier et des réduits. C’est surtout dans la partie sud, entre la porte sud et l’en- 
trée de la crypte près de l’angle sud-ouest, que nous aurions une tendance à supposer 
tout au moins un escalier pour gagner le sommet des murs nord et sud d'enceinte et 
pour atteindre, suivant l’usage, au sommet du mur-pylône. Aucun tracé n’est visible 
sur l’assise supérieure conservée de fondation de cette partie, mais le tracé pouvait se 
trouver au-dessus de la première assise détruite de superstructure, en admettant une 
ou deux marches à l’entrée de l’escalier ou aux entrées de l’escalier et des réduits. 
Dans ce cas nous devrions retrouver sur le bord Est qui donne sur la Grande Cour un 
tracé de marches nous indiquant la position d’une ou de plusieurs portes. Aucun signe 
apparent n’en est visible. 

Il n’en est pas de même pour la façade. La façade des murs de clôture de la grande 
cour des temples est habituellement garnie de rainures pour des mâts. Je crois pou- 
voir supposer ici l’existence de trois de ces rainures. 

Ces rainures ne sont pas tracées sur l’assise supérieure de fondations mais elles 

3. 


20 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


pouvaient débuter sur la première assise de superstructure qui est détruite. Leur exis- 
tence ne nous est donc indiquée que par des encoches qui subsistent sur la saillie de 
la partie sud de la façade du mur-pylône, entre le mur sud du kiosque Sud placé de- 
vant la porte sud de ce mur-pylône et l’angle sud-ouest de ce mur. 

Ces encoches se composent d’un trou circulaire de o m. 1 5 de diamètre ressortant 
par un coude sur la face verticale de cette saillie. Nous en avons une première à 2 
mètres au nord de l’angle sud-ouest du mur-pylône , une seconde à 9 mètres et une 
troisième à 1/1 m. 70 du même angle. Elles sont donc toutes les trois dans la partie 
sud du mur-pylône. En symétrie dans la partie nord du mur-pylône nous n’avons, par 
suite de la position des kiosques, qui se trouvent devant ce mur-pylône, que l’empla- 
cement possible d’un seul mât, mais en cet emplacement l’assise supérieure de fon- 
dations est détruite et nous n’avons donc aucune preuve de son existence. 

Aucun saillant ne se trouve dans le plan des trois portes. 

Il faut, je pense, se figurer le mur-pylône d’une hauteur égale sur tout son déve- 
loppement de façade avec les trois coupures formées par les trois portes. 

LA PORTE SUD OU PORTE PRINCIPALE. 

Cette porte, la plus large des trois, formait l’entrée principale de la cour. Par sa 
position elle prolonge la ligne du quai , du dromos supposé et de la porte de Tibère et 
elle conduit à l’entrée principale du Portique qui mène au sanctuaire de l’avant-temple. 

Son axe est sur la même ligne que 
celui de la porte principale du Por- 
tique. 

Le plan de cette porte est très spé- 
cial et ne m’est pas connu. Au lieu 
des saillants intérieurs aux deux ex- 
trémités ou simplement à l’extrémité 
contre la façade extérieure, comme 
Fig. |5. — Seuu de la porte sud du mur-pylône. il est (Je règle courante, nous avons 

ici des saillants qui débutent à o m. 
75 de la façade extérieure. Ces saillants ont 0 m. ho de longueur et s’avancent de 
o m. 10 à l’ouest et de 0 m. 20 à l’Est. 

L’ensemble de la porte a donc trois largeurs : une largeur de 3 m. 20 à l’entrée 
sur la façade, avant les saillants, une largeur de 3 mètres sur la ligne des saillants 
et une largeur de 3 m. ho dans la partie à l’Est des saillants (fig. 1 5 ). 

Les gonds des battants de la porte sont placés à l’Est des saillants. Nous avions donc 
une entrée avec un enfoncement de 1 m. 1 5 avant les vantaux fermés. 

Cette porte était bouchée sur sa face vers la Grande Cour, c’est-à-dire à l’Est, par 
un mur copte en moellons et pierres l'employées. Ce mur avait 2 m. 70 de longueur, 



21 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

une largeur de 0 m. 5o augmentée de 0 m. 20 sur 0 m. 60 à l’extrémité sud. Sa 
hauteur subsistante était de 0 m. 90 (fig. 16 et 17). 



Dans ce mur furent trouvés : à l’angle nord-est et au sommet un petit bloc en gra- 
nité rose, inv. 1869, avec débris d’inscription du Nouvel Empire (p. 69), à l’angle 



Fig. 17. — Mur copto-byzantin bouchant la porte sud du mur-pylône, vu du sud-ouest. 




22 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


sud-est et en bas le haut d’une stèle grecque en grès, inv. 1870 (Drioton, Inscriptions, 
1 926, p. qh) et dans l’ensemble de la construction une autre inscription grecque sur 
grès, inv. 2092 (Drioton, Inscriptions, 19265 p. 7 fi). 

Ce mur devait faire partie d’une maison copto-byzantine (voir : inv. 1 8 3 6 , 1887, 
18^7 et i 85 o)qui sera étudiée p. 52 . 



Fig. l8. — A DROITE ET AU PREMIER PLAN UNE CORNICHE EN GRANITE ROSE RETOURNEE, 
REMPLOYÉE DANS LE SEUIL DE LA PORTE SUD DU MUR-PYLONE, VUE DU SUD. 


Le seuil de la porte sud du mur-pylône est composé (fig. 1 5 ) : dans la partie 
ouest, avant les saillants, d’un bloc de granité rose de 2 ni. 90 de longueur sur 
o m. 90 de largeur, débordant donc l’entrée de o m. i 5 , dans la partie entre les 
saillants d’une corniche en granité rose retournée, c’est-à-dire offrant comme seuil 
la partie plate du dessous avec la gorge recouverte simplement de terre (fig. 18) et 
dans la partie à l’Est des saillants, c’est-à-dire dans la partie où se rabattaient les bat- 
tants de porte, de grandes pierres calcaires, parmi lesquelles nous avons trouvé une 
pierre remployée avec inscription portant le cartouche d’Usirtasen 111 , inv. 2o5i 
(fig. 87 et p. 67). 

Cette dernière pierre brisée, fendue en trois endroits, mesure 2 m. 5 o de lon- 
gueur, o m. 60 de largeur et 0 m. 2 5 de hauteur. 

Quant à la corniche remployée comme seuil elle a 2 m. 90 de longueur, une lar- 
geur de 0 m. 80 dans la partie plate, avec en plus une largeur de gorge de 0 m. 35 . 
Sa hauteur totale est de 0 m. 5 o dont 0 m. 1 2 comme hauteur de bande au sommet 
de la gorge. 


23 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Cette corniche avance de o m. 35 à l’Est des saillants et la courbe de la gorge 
forme la limite de l’emplacement du gond de porte. 

Entre la pierre calcaire, inv. 2 o5i, celle qui la continue et les montants de la 
porte ont été ménagées des rainures de 0 m. 20 de largeur et de 0 m. Uo de profon- 
deur. Ces deux rainures ont servi à glisser les battants de porte pour les placer dans 
les crapaudines d’une ouverture ménagée sur un demi-cercle de 0 m. 35 . 

LA PORTE MÉDIANE. 

Cette porte correspond à l’entrée du Portique qui conduit à la porte d’Aménophis 11 . 

Cette porte est du type simple et habituel, c’est-à-dire avec deux rentrants sur les 
montants de l’entrée pour l’emplacement des gonds et le rabattement des vantaux. 
Nous avons donc une première partie de 2 m. 7 4 de largeur sur 1 m. 10 de profon- 
deur, puis de chaque côté un rentrant de o m. 18 et une largeur de 3 m. 10 dans 
une seconde partie où les battants de porte se rabattent. Cette dernière partie se 
trouve à l’Est, c’est-à-dire vers la Grande Cour où la porte conduisait. 

Le seuil devant les vantaux fermés de la porte est fait d’un bloc de granité rose de 
2 mètres X 1 m. 10. Ce bloc de granité ne garnit pas toute la largeur. Un remplis- 
sage en grès a donc été établi entre les côtés du bloc et les montants de l’entrée. 

Le sol dans la partie où s’ouvrent les battants de porte est fait de deux blocs en 
grès dont la plus grande dimension est placée dans le sens de l’entrée de la porte. 
Entre ces blocs et les montants sur lesquels se rabattent les battants de porte a été 
ménagée de chaque côté une rainure de pose de battant de porte de 0 m. 20 de lar- 
geur et de 0 m. ko de profondeur. Cette rainure aboutit à un emplacement réservé 
pour le gond qui forme un demi-cercle de 0 m. io. 

Dans la terre qui bouchait l’emplacement réservé pour le gond du battant sud de 
la porte a été trouvée, non en place, une crapaudine en bronze, inv. 1927, de 
o m. 075 au carré et de o m. 02 d’épaisseur (fig. 43 ). 

La crapaudine du battant nord a été trouvée en place et est faite dans un petit bloc 
de granité rose, d’un dispositif et de dimensions semblables à la crapaudine en bronze 
ci-mentionnée. 

Nous verrons (p. 2 5 ) qu’une autre crapaudine en bronze a été trouvée dans la 
porte nord du mur-pylône. Quant aux crapaudines en granité, nous en avons trouvé 
un assez grand nombre dans le déblai (p. 7 4 ). 

Je pense que l’installation des portes a été comprise avec crapaudines en granité 
et que les crapaudines en bronze proviennent de réparations faites par la suite. 

Le montant nord de cette porte médiane du mur-pylône est conservé sur une hau- 
teur de 1 mètre (fig. 19). 

Le montant de la partie devant les vantaux fermés de la porte n’est pas décoré ; 
quant au montant de la partie sur laquelle se rabat le battant de porte il présente la 


24 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


décoration habituelle de bandes composées du motif comprenant un signe Ankh entre 
deux signes Oms posés tous les trois sur le signe Neb qui alternent avec un autre type 
de bandes ayant cartouches du roi, non conservé ici mais que la porte nord nous 
donne (Drioton, Inscriptions, 1926, p. ki). 



Fig. jg. Le montant nord de la porte médiane dü mur -pylône 

et LA FACE SUD d’une PARTIE DU MUR NORD DU KlOSQUE NoRD REPARES. 


Là PORTE NORD. 

Cette porte se trouve sur la ligne de la porte du Portique qui conduit, par la Cour 
Nord, à l’arrière temple. Nous avons donc probablement ici l’entrée réservée au tau- 
reau sacré. 

Cette porte est de même type que la porte médiane. Elle a des dimensions à peu 
près semblables; nous avons devant les vantaux fermes un seud de 2 m. 70 de lai- 
geur et de 1 m. 10 de profondeur et un espace réservé pour l’ouverture des battants 
de porte de 3 m. 20 de largeur et de 1 m. 90 de profondeur. 

Le seuil devant les vantaux fermés est fait, d’un bloc en granité rose qui garnit à 
peu près entièrement l’ensemble. 

Le sol dans la partie où s’ouvrent les battants de porte, c’est-à-dire dans la partie 
donnant sur la Grande Cour où la porte conduit, est forme, dans la partie du milieu, 


25 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

de deux blocs en grès. Entre ces blocs et les montants sur lesquels se rabattent les 
battants de porte se trouvent de chaque côté une ligne de petits blocs, puis la rainure 
de pose de battants de porte restée bouchée. 

Ces deux rainures sont bouchées l’une, celle au nord, avec une longue pierre en 
grès, et l’autre avec des petits moellons. 

Les emplacements réservés dans le dallage pour les deux gonds de la porte donnent 
un demi-cercle de 0 m. 2 5 . 

Dans le déblai de terre de l’emplacement du gond du battant nord de la porte a 
été trouvée une crapaudine en bronze enclavée dans du plomb, inv. 2089. La cra- 
paudine a 0 m. 095 au carré dans un glomérule de plomb formant un carré de 
0 m. îk (p. 75). 

Le montant sud de cette porte est conservé sur un mètre de hauteur (Drioton, 
Inscriptions, 1926, fig. 20 et p. ùi). 

AUTEL DE LA GRANDE COUR. 

Nous avons trouvé, conservé au niveau du dallage de la cour un massif de deux 
assises de pierres en grès que j’ai une tendance à considérer comme la partie infé- 
rieure d’un autel d’offrandes (fig. 20). 





X 


d 








G 





i-J 













b 

[. 11 11 1 




c 



a 















o o,5To i m X m 

L 1 1 1 

Fig. ao. — Autel de la Grande Cour (a, b , c, d et e sont des pierres décorées). 


Cet autel se place dans la partie nord-ouest de la cour, entre les entrées nord et 
médiane (fig. 21). 

La façade de cet autel est à 2 m. 90 à l’Est du mur-pylône. Son angle nord-ouest 
de façade déborde de 0 m. 5 o sur la ligne du montant sud de la porte nord. 


Fouilles de V Institut, t. IV, 1. 


4 


26 


F. BISSON*DE LA ROQUE. 

La partie inférieure conservée de cet autel donne 1 aspect d un T placé ouest-est. 
L’ensemble a une longueur de 5 m. 54 dont la partie ouest a 3 m. 1 5 avec une lar- 
geur de î m. 70 et la partie Est une largeur de 2 m. 3 o, débordant la partie ouest 
de 0 m. 32 au nord et de o m. 28 au sud. 



Fig. 21. Tranche de la Grande Cour, au sud de la galerie nord, vue de lEst, 

DONNANT L’EMPLACEMENT DE L’AUTEL DONT LES DEUX ANGLES AU SUD SONT INDIQUÉS PAR DES ENFANTS DEBOUT. 


Sur la plate-forme subsistante nous trouvons des tracés qui suivent le contour du 
massif et qui nous indiquent qu’au moins une autre assise de pierre était placée sur 
celle conservée , peut-être en laissant un saillant sur l’assise subsistante. 

Ce massif est construit avec des pierres en grès remployées. Cinq des pierres de 
l’assise supérieure nous livrent sur leurs faces visibles une décoration d’un très beau 
style et indiquant une même provenance. Trois d’entre elles ( a , b et c) se voient sur 
le côté nord (fig. 22). Une quatrième (d) sur le côté sud (fig. 2 3 et 2 k). Et la cin- 
quième (e) sur la face ouest du saillant sud. Cette dernière décoration porte un car- 


touche Sur la face ouest 016 la P ierre dan S le foi’ mant saillant sur la 

face nord, se lit le début dun cartouche (jflfl |jj* 

Je pense que nous avons là des pierres provenant d’un monument de Ptolémée III. 
Provenant, je suppose, du même monument, se trouvent à l’assise inférieure deux 
pierres d’une corniche avec incurvations alternativement bleues et rouges (fig. 2 3 ). 

La décoration des pierres remployées de l’assise supérieure subsistante consiste en 
un encadrement de texte avec à l’intérieur de cet encadrement des bandes formant 
frise de vases et épis et frise d’offrandes (fig. 2Ô). 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 27 

Certaines de ces pierres ont un fruit très peu accentué indiquant une construction 
légèrement inclinée. 

Aurions-nous là le type d’une décoration d’autel avec des morceaux de sa frise du 
sommet? 



Fig. ‘22. — Trois pierres décorées {a, b et c ) remployées et en place 
DANS LES FONDATIONS I)E L’AUTEL DE LA GRANDE COUR SUR LE COTE NORD. 


Ces pierres, provenant d’un autel élevé par Ptolémée III, auraient, dans ce cas, 
été utilisées dans les fondations d’un nouvel autel. Ces fondations se trouvaient être 
masquées par le dallage de la Grande Cour. 

A quoi servait cet autel? Si nous admettons l’hypothèse du remploi pour une mê- 
me espèce de monument, les frises nous indiquent un autel pour offrandes. Ces of- 
frandes devaient, je pense, être présentées au dieu Montou. Sur la figure 2 h nous lisons 
dans la bande verticale “ ^ ^ ^ ^ « Montou-Ra seigneur de Thèbes tau- 

reau qui est en Médamoudm 

J’ai une tendance à considérer que cet autel, d’après sa position qui indique la 
porte nord comme celle y conduisant, était réservé au taureau sacré. Nous aurions là 
l’autel où les fidèles déposaient les offrandes pour le taureau sacré. 

On peut se demander si ce n’est pas sur cet autel qu’étaient déposée une partie des 
offrandes portées par les Personnages-Nils et figurés sur les soubassements du mur 
d’enceinte. 

4. 


28 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Mais tout ceci n’est qu’hypothétique. Ce qui reste vraisemblable c’est que nous 
devons avoir ici les deux assises inférieures des fondations d’un autel. La position qu’il 
occupe dans la cour est à rapprocher de celle de l’autel de la cour du temple de Kôm- 
Ombo. 



Fig. 2 3 . CÔTÉ SUD DES FONDATIONS DE l’àUTEL DE LA GRANDE CoüR. 


Nous devrons déplacer les pierres de remploi de ce massif pour étudier celles qui 
nous livrent des faces décorées et pour voir s’il ne se trouve pas d’autres parties déco- 
rées, masquées dans la construction. Ce travail pourra nous donner de nouveaux ren- 
seignements sur la destination de ce massif. 

En nettoyant la rainure entre les deux parties de ce massif nous avons trouvé, dans 
le sable qui avait servi à boucher toutes les fentes, deux minuscules godets en bronze, 
inv. 2091, ayant o.m. 02 de hauteur et 0 m. os 5 comme diamètre supérieur. 

ÉPOQUE DE LA GRANDE COUR. 

Le mur d’enceinte avec sa corniche portant le cartouche de Domitien et son sou- 
bassement portant celui de Trajan nous avait indiqué que ce mur avait été exécuté, 
comme décoration tout au moins, à une époque à cheval sur le premier et le second 
siècles. 


29 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Les cartouches trouvés dans la Grande Cour nous étendent la période de construc- 
tion dans les deux sens. En effet le soubassement de la face intérieure du mur-pylône, 
dans la partie entre la porte médiane et la porte nord, nous donne le cartouche de 
Vespasien, et le cartouche d’Antonin-le-Pieux nous est donné sur une colonne de la 
galerie nord et sur une autre de la galerie sud. 



Fig. 2/1. — La pierre décorée d , remployée dans les fondations de l’autel de la Grande Cour, sur le côté sud. 


Il est évident que la construction de la Grande Cour fait partie d’un ensemble qui 
comprend toute la clôture du temple. 

En établissant cette clôture il est logique de commencer par la façade où l’on place 
les entrées, de continuer par le mur de pourtour et de finir par la décoration des ga- 
leries qui ornent la Grande Cour intérieure. 

Nous avons donc là un ensemble de clôture qui se date comme exécution de la 
décoration très logiquement par l’emplacement des cartouches d’empereurs romains 
trouvés : 

Le mur-pylône aurait été décoré sous Vespasien. 

Le mur d’enceinte de pourtour aurait été commencé comme décoration sous Domi- 
tien et fini sous Trajan. 

Et les colonnes de la Grande Cour auraient été terminées comme décoration , car 
nous n’avons plus que leur partie inférieure, sous Antonin-le-Pieux. Cela nous repré- 
sente le travail de presque un siècle; ce qui s’explique lorsque l’on pense à la quantité 



f 


30 F. BISSON DE LA ROQUE. 

de décoration qui dût être faite sur ces parois, et ce qui indique une activité à peu 
près égale pour la décoration des parois du temple à celles des Ptolémées. En effet 
l’ensemble du temple proprement dit, semble avoir été commencé sous Ptolémée V 
et terminé sous Ptolémée XIII, c’est-à-dire en la durée d’un siècle. 


2. — LES TROIS KIOSQUES. 

Devant le mur-pylône nous trouvons trois kiosques à murs mitoyens venant buter 
contre ce mur-pylône (fig. 2 5 ). 



Fig. 26. — Les trois kiosques vus du nord. 


Ces trois kiosques se placent devant les trois portes de la Grande Cour et corres 
pondent aux trois entrées du Portique. 

Le Kiosque Sud se trouve devant la porte principale du mur-pylône et sur la ligne 
de la porte centrale du Portique qui conduit au sanctuaire de l’avant-temple. 

Le Kiosque Médian se trouve devant la porte médiane du mur-pylone et sur la ligne 
de la porte du Portique qui mène à la porte d’Aménophis IL 

Le Kiosque Nord se trouve devant la porte nord du mur-pylône et sur la ligne de 
la porte du Portique qui conduit, par la Cour Nord, à barrière-temple (pi. I). 


31 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Ces kiosques devaient être à ciel ouvert car à cause de la trop grande largeur, 
principalement du Kiosque Sud, il n’est pas admissible de supposer un plafond. 

Appuyés d’un côté au mur-pylône ils étaient formés de trois côtés construits avec des 
murs à colonnes engagées, ayant leur porte faisant vis-à-vis aux portes du mur-pylône. 

Le maximum de la hauteur conservée de leurs murs est de 2 mètres et se trouve 
dans l’angle sud-ouest du Kiosque Sud. 

Nous pouvons nous figurer ces kiosques avec murs entre les colonnes de 2 m. 3 7 
et avec murs de façade de 3 m. 3 o sans les corniches (Drioton, hiscriptions , 1926, 
p. 70), ce qui donnerait, probablement, aux colonnes tout près de 7 mètres de hau- 
teur. Nous pouvons supposer les architraves de ces colonnes surmontées d’une frise 
d’uræus (p. 7 2) , ce qui donnerait comme hauteur totale aux kiosques environ 8 mètres. 

Le kiosque du temple de Ptah Ris-Anboa-f dans l’enceinte d’Amon à Karnak peut 
nous donner, avec des proportions, peut-être, différentes, l’image de ce type de 
kiosque (Capart, Architecture , pl. 1 7 à). 

Ce dernier kiosque, plus petit que ceux de Médamoud, a été construit sous Pto- 
lémée III (Legrain, Annales S. A. E., t. III, 1902, p. 38-66 et 97-111). 

Nous avons d’autres exemples de kiosques devant des entrées de pylônes, malheu- 
reusement en grande partie détruits : 

Au temple de la XVIII e dynastie à Médinet-Habou nous avons devant le II e pylône, 
construit sous la XXV e dynastie, un kiosque ajouté par Nektanébos II (XXX e dynas- 
tie). Ce kiosque a 9 m. 60 de longueur et 8 mètres de largeur. Il avait sur ces deux 
grands côtés quatre colonnes fasciculées à huit lobes avec chapiteaux fermés. Ces huit 
colonnes étaient encastrées dans des murs latéraux de 2 m. 35 de hauteur. Il était 
garni du côté Est d’un portail (Daressy, Notice de Médinet-Habou, p. 5 et 8). 

Au temple d’Amon à Karnak, dans la grande cour, subsistent des restes d’un kios- 
que avec colonnes colossales élevées par Taharqa (XXV e dynastie). Ce kiosque était 
isolé du II e pylône de Ramsès I er , devant lequel il y avait une sorte de vestibule éga- 
lement isolé du kiosque. 

Au temple de Konsou à Karnak, devant le pylône, des traces de colonnes, reliées 
les unes aux autres par un mur qui devait s’élever sur une partie de la hauteur des 
colonnes, nous indiquent qu’il y avait là également un kiosque. 

Devant le temple d’Aménophis III ou temple central de l’enceinte de Moût à Kar- 
nak, il y a un kiosque d’époque ptolémaïque avec colonnes engagées du type de celles 
que nous avons à Médamoud. 

A Deir el-Bahri devant le Saint des saints se trouve également un kiosque avec 
colonnes engagées, probablement d’époque ptolémaïque. 

A Philæ, le kiosque restauré par Nektanébos II, bien qu’ayant servi d’embarcadère, 
est peut-être de la même catégorie de constructions. Il nous donnerait, peut-être, 
alors, le nom de ces constructions. 11 est désigné par le mot ^ ^ hait (Bénédite, 
Comtes rendus de l’Académie des Inscriptions et B elles- Lettres , 1888). 


32 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Les kiosques de Médamoud entrent donc dans une catégorie de constructions rela- 
tivement connues, sinon complètement étudiées, mais ce qui est très spécial ici cest 
d’en trouver trois accolés les uns aux autres. 

Ces trois kiosques ont une longueur intérieure de 9 mètres et extérieures de 1 1 
m. 5 o. 


LE KIOSQUE SUD. 

Ce kiosque à ciel ouvert, avec murs à colonnes engagées, a une largeur intérieure 
de 7 m. 90. 

Son mur sud est conservé dans sa partie Est sur une hauteur de 1 m. 7 5 et dans 
sa partie centrale et ouest sur une hauteur de 2 mètres (fig. 26). 



Fig. 26. Face sud du mur sud du Kiosque Sud et une partie de la Cour Ouest au premier plan, vues du sud. 


Son mur nord , mitoyen avec le Kiosque Médian , n’a conservé que son départ Est 
sur une hauteur de 0 m. 5 o. Le reste est rasé au niveau du dallage. 

Son côté ouest ou façade possède une porte de 3 m. 70 de largeur. Sur ce côté la 
partie au sud de la porte a conservé sur sa face intérieure une hauteur de 1 m. 7 5 
et sur presque toute sa façade une hauteur de 2 mètres qui rejoint le mur sud. 

La partie au nord de la porte est rasée au niveau du dallage. 


FOUILLES DE MEDAMOUD (1926). 33 

La largeur du mur sud est de 1 m. 10, du mur nord de 1 m. 75 et du mur ouest, 
dans la partie subsistante au sud de la porte, de 2 m. 5o. 

Les colonnes dans leur partie inférieure conservée font corps avec le mur, elles sont 
au nombre de trois par côté et se présentent différemment sur les deux faces. 

Sur la face extérieure elles possèdent une base arrondie reposant sur une saillie de 
fondations de o m. 5o de largeur. La base donne une courbe d’un rayon de 0 m. 5 o 
perpendiculairement au mur et de 0 m. 75 le long du mur. L’arête supérieure de cette 
base est rabattue. Sur cette base s’élève le fût formant une légère protubérance par 
rapport à la paroi du mur. Ce fût donne une courbe de 0 m. 1 5 de rayon perpendicu- 
lairement au mur et de 0 m. 35 le long du mur. Ce fût est lisse sans aucune décoration. 

Sur la face intérieure le fût est garni de colonnes d’inscriptions, son renflement se 
trouve sur l’alignement de la paroi du mur et il repose sans base sur une légère saillie 
du mur formant soubassement. Ce fût donne une courbe de 0 m. 1 2 dans le sens 
perpendiculaire au mur et de 0 m. 3 0 dans le sens de la longueur du mur. 

La décoration extérieure sur le mur sud se compose entre les colonnes engagées 
d’un tableau limité sur les côtés par un tore et comprenant dans la partie inférieure 
subsistante un soubassement garni de papyrus, au-dessus duquel subsistent les pieds 
de personnages formant un premier registre (fig. 26 et Drioton, Inscriptions, 1926, 
p. 19). 

Dans la partie au sud de la porte, nous avons entre les deux colonnes de l’édifice 
un soubassement formant saillie au niveau supérieur des bases de colonnes. Ce sou- 
bassement est décoré d’une bande garnie du motif de l’eau dans la 
partie inférieure, avec, au-dessus, des papyrus. Le motif de l’eau 
en cet emplacement ne se trouve sur ce site qu’à cet endroit W. 

Au-dessus de ce soubassement nous avons dans un encadrement 
de tores un premier registre de Personnages-Nils où nous trouvons 
le cartouche de Ptolémée XIII : 

Quelques pieds d’un second registre sont conservés au-dessus 
(fig. 27 et Drioton, Inscriptions, 1926, p. 17). 

La décoration intérieure est composée, dans la partie sud seule 
subsistante, d’un Bes, de musiciennes et de danseuses, avec texte 
complet (Drioton, Inscriptions, 1926, fig. 9 et p. 26), sur le registre inférieur et 
au-dessus, à l’extrémité ouest de la paroi sud, la représentation du roi entrant dans 
le temple. 

Cette décoration est d’un très beau style qui rappelle le début de l’époque ptoié- 
maïque. Elle est faite sur des dalles de o m. 3 o d’épaisseur, fixées à l’ensemble du 
mur à l’aide de gypse. 

(l) M. Capart m’a signalé que ce motif de l'eau se trouve dans un soubassement floral visible en 1927 au 
centre des ruines du temple de Mentou à Karnak. 

Fouilles de V Institut, t. IV, 1 . 5 


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34 


F. BISSON DE LA ROQUE. 

Ce dispositif avec dalles qui n’est pas habituel peut nous faire demander, étant 
donné le travail spécialement soigné de la décoration, si ces scènes n’ont pas été faites 
dans des ateliers et placées ensuite. Ceci serait une exception à l’usage courant de 
sculpter les parois sur place. 



F%* 2 7 * Entre-colonnëment de la partie au sud de la porte sur la façade du Kiosque Sud. 


LA PORTE DU KIOSQUE SUD. 

L’axe de cette porte passe à o m, /19 au nord de l’axe de la porte centrale du Por- 
tique et de la porte principale de la Grande Cour. 

Cette porte a 3 m. 70 de largeur. Elle est donc plus large que la porte principale 
du mur-pylône à laquelle elle conduit. 

Elle est du type habituel avec de chaque côté un saillant de 0 m. 20 sur 0 m. 60 
et une partie pour le rabattement des battants de porte de 1 m. 90, ce qui donne à 
l’ensemble une profondeur de 2 m. 5o (fig. 28). 

Le seuil devant l’emplacement des vantaux fermés de la porte est fait d’un seul 
bloc de granité rose de 3 m. 80 sur 0 m. 65 qui est légèrement emboîté sous le mon- 
tant sud de la porte et qui déborde un peu sur la façade. 

Dans la partie où s’ouvrent les battants de porte, le sol est composé de dalles en 
grès de dimensions moyennes. Ce dallage est détruit dans le voisinage des rainures 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 35 

de pose des battants de porte, ce qui ne nous permet pas de donner des dimensions 
pour ces rainures. 

La crapaudine nord est restée en place. Elle est creusée dans un bloc de granité 
rose de 0 m. 26 au carré et se place à 0 m. 45 sous le niveau du seuil de la porte. 



Fig. 28. — Porte et an,gle sud-ouest du Kiosque Sud, vus de l’Est. 


Cette crapaudine de forme courante mesure o m. 10 dans la ligne nord-sud et 0 m. 
og dans l’autre sens, c’est-à-dire dans celui de l’entrée de la porte. 

Le montant nord de la porte, détruit en superstructure, nous a livré ses fondations 
d’un ensemble de 1 m. 45 de hauteur, en trois assises établies en escalier : l’assise 
supérieure de o m. 45 de hauteur, placée sur le plan vertical du montant de la porte 
en superstructure, l’assise médiane de 0 m. 5 0 de hauteur, formant saillant de o m. 
20 sur l’assise supérieure et l’assise inférieure également de 0 m. 5 o de hauteur, 
formant saillant de 0 m. 10 sur l’assise médiane. Ces fondations sont faites avec de 
gros blocs de grès parfaitement taillés. 

Le montant sud, conservé dans sa partie inférieure, nous donne les titres d’Auto- 
crator et de César. 

Le titre d’Autocrator se trouve aussi dans le texte d’une des colonnes de ce kiosque 
( Drioton, Inscriptions, 1926, p. 21). 


5. 


36 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Le dallage du kiosque est conservé, sauf dans l’angle intérieur sud-est (fig. Bo) où 
nous avons fouillé une profondeur de 2 mètres qui nous a donné quelques pierres 
provenant, sans doute, de la démolition de ce kiosque. Parmi ces pierres nous avons 
une gorge avec uræus, inv. 2058 (p. 72 )'et une série qui nous fournit la décora- 
tion d’une corniche hatorienne, inv. 1933, 1971 à 1973, 1981 à 1986 et 1990. 
Quatre de ces morceaux, inv. 1981 à 198Ù, se raccordent et forment un ensemble 
de la partie supérieure de cette corniche. La pierre inv. ip 33 nous donne le bas de 
cette corniche avec un morceau de bande d’un texte frise. 

Le trou dans lequel ces morceaux ont été trouvés a été rebouché. 

Pour déterminer l’époque de ce kiosque nous avons les cartouches qui y furent 
trouvés et le style de la décoration : 

Nous avons vu d’une part que la façade nous donne le cartouche de Ptolémée XIII 
(p. 33 ) et d’autre part que les titres d’Autocrator et de César se trouvent sur l’un 
des montants de la porte et celui d’Autocrator sur l’une des colonnes. 

Nous avons remarqué la pureté du style de la décoration intérieure subsistante dans 
l’angle sud-ouest. Cette décoration ne peut être regardée comme d’époque romaine. 

Le kiosque est donc d’une époque antérieure à la décoration du mur-pylône et date 
au plus tard de Ptolémée XIII. A l’époque romaine, lorsque l’on décora le mur-pylône, 
ce kiosque a dû être remanié ainsi que nous l’indiquent les titres d’Autocrator et de 
César. 


LE KIOSQUE MÉDIAN. 

Ce kiosque probablement à ciel ouvert a ses murs de côtés mitoyens avec le Kiosque 
Sud et le Kiosque Nord. Sa largeur est de U m. 5 o. 

Son entrée est à l’ouest. Elle conduit par les portes médianes du mur-pylône et du 
Portique à la porte d’Aménophis II. 

Son mur sud, dont il ne subsiste sur o m. 5 o de hauteur que le départ Est, contre 
le mur-pylône, a une épaisseur de 1 m. 75. 

Son mur nord est conservé sur une hauteur de 1 mètre et a une épaisseur de 
0 m. 7 5 (fig. 19). 

Ce mur présente trois colonnes engagées, de même que le kiosque sud, mais ici 
les fûts reposent sur des bases. Les bases forment une courbe d’un rayon de 0 m. 3 o 
perpendiculairement au mur et de 0 m. 5 o dans l’alignement du mur. Les fûts don- 
nent une courbe d’un rayon de o m. i 5 perpendiculairement au mur et de 0 m. 3 o 
dans l’alignement du mur. Ces colonnes sont lisses sans aucune décoration. 

Entre ces colonnes ainsi qu’entre celles des extrémités et les angles du kiosque nous 
avons quatre parties inférieures de tableaux placés sur un soubassement formant une 
très légère saillie au niveau de la partie supérieure des bases de colonnes engagées. 
Ce soubassement n’est pas décoré. Les tableaux sont encadrés de tores. Le premier à 


37 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

l’ouest, près de la porte, donne le roi entrant au temple et les autres le roi faisant 
des offrandes à différents dieux (Drioton, Inscriptions, 1926, pl. II et p. 2 û). 

LA PORTE DU KIOSQUE MÉDIAN. 

La porte a une largeur de 3 m. 5o avec un saillant de 0 m. 20 ayant 0 m. 5o de 
profondeur et la partie où les battants de porte se rabattent donne 1 m. ko de pro- 
fondeur. 

Le montant sud est rasé mais sa position est indiquée par l’emplacement conservé 
de la crapaudine qui forme un demi-cercle de 0 m. 35 . 

Du montant nord il ne subsiste qu’une hauteur de 1 mètre très fortement endom- 
magée mais avec des restes suffisants pour établir le tracé de la porte. 

Le seuil de la porte, devant les vantaux fermés, a conservé deux blocs de granité 
rose dans la partie sud, formant un ensemble de 2 m. 3 o sur 1 mètre dans le sens 
de la profondeur. Ce seuil déborde donc de 0 m. 5o hors de la ligne de façade de la 
porte. Le reste de la porte n’a pas conservé son dallage et les emplacements des rai- 
nures de pose de battants de porte sont détruits. 

L’absence de dallage conservé se poursuit sur 1 m. 60 à l’est de la porte. Dans les 
parties centrales et Est le kiosque a conservé son dallage. 

La porte de ce kiosque est beaucoup plus large que la porte médiane du mur- 
pylône à laquelle elle fait vis-à-vis. Nous avons remarqué la même chose dans le Kios- 
que Sud (p. 3 û). 

Ce Kiosque Médian diffère par plusieurs points du Kiosque Sud. 

Les colonnes engagées du Kiosque Médian reposent sur des bases, tandis que celles 
de l’intérieur du Kiosque Sud n’en possèdent pas. 

L’ensemble de la porte a moins de profondeur. 

Son axe est le même que l’axe de la porte médiane de la Grande Cour, tandis que 
l’axe de la porte du Kiosque Sud diffère de o m. Ô9 de l’axe de la porte principale 
de la Grande Cour. 

Ces différences pourraient nous faire supposer que ces deux kiosques n’ont pas été 
construits en même temps, mais nous verrons que le Kiosque Nord est d’un type sem- 
blable au Kiosque Médian et qu’il porte les cartouches de Ptolémée XIII de même 
que le Kiosque Sud. Il faut donc considérer le Kiosque Médian comme de même 
époque que le Kiosque Sud. 


LE KIOSQUE NORD. 

Ce kiosque qui devait être, comme les deux autres, à ciel ouvert, mesure 5 m. 20 
de largeur. Son mur sud, la partie ouest de son mur nord et les côtés de ses portes 
à l’ouest sont conservés sur 1 mètre de hauteur. La partie centrale de son mur nord 


38 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


est conservée sur o m. 55 de hauteur et la partie Est de ce mur est rasée au niveau 
du dallage (fig. 39). Ses murs nord et sud ont la même épaisseur de 0 m. 7 5 . Son 
mur sud est mitoyen avec le Kiosque Médian. 

Ces deux murs de côté sont munis chacun de trois colonnes engagées qui offrent , 
à l’intérieur du kiosque des renflements de fûts très prononcés reposant sur des bases, 
et à l’extérieur sur la face nord, des fûts reposant sur des bases de même aspect et de 
mêmes dimensions que ceux obervés sur le mur nord du Kiosque Médian. Ceci nous 
donne un ensemble homogène pour ce Kiosque Nord. 



Fig. 29. — Kiosque Nord, vu du nord-ouest. 


Les colonnes donnent à l’intérieur du kiosque une base formant un cercle d’un 
rayon de 0 m. ko perpendiculairement au mur et de o m. 55 sur la ligne du mur et 
un fût formant un cercle d’un rayon de o m. 3o perpendiculairement au mur et de 
o m. 45 sur la ligne du mur. 

Ces colonnes sont lisses sans aucune décoration sur les deux côtés des murs 

(% 99 )- 

La décoration intérieure nous donne dans les premiers tableaux après la porte : au 
sud le roi entrant et au nord la reine entrant (Drioton, Inscriptions, 1926, fig. 1 k 
et 1 5 ). Les autres tableaux représentent le roi faisant des offrandes à des dieux (Drio- 
ton, Inscriptions, 1926, fig. 16 et suivantes) de même que dans le Kiosque Médian. 
Sous la partie inférieure de ces tableaux nous avons un soubassement décoré de papy- 
rus. Ce soubassement a dû être réparé à une époque ancienne entre la colonne ouest 
et la colonne médiane , car nous trouvons en cet endroit des blocs de pierre non sculptés 
débordant légèrement la paroi (Drioton, Inscriptions, 1926, fig. 16). 


39 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

La décoration extérieure devait, d’après le seul tableau conservé en partie à l’ex- 
trémité ouest du mur nord, figurer le roi présentant des offrandes à des divinités, 
de même que sur le mur sud du Kiosque Sud. Le soubassement de ce mur nord n’est 
pas décoré. Quant au soubassement de la façade, de chaque côté de la porte, il est 
décoré de papyrus. 

Les cartouches de Ptolémée XIII sont donnés sur la lace intérieure de la partie du 
mur ouest au nord de la porte (Drioton, Inscriptions, 1926, fig. ik etp. 33 ). 

La fin des cartouches de ce même Ptolémée est donnée sur la face intérieure de la 
partie du mur ouest au sud de la porte (Drioton, Inscriptions, 1926, fig. i 5 ) et sur 
la face extérieure du mur nord (Drioton, Inscriptions, 1 926, fig. 6 et p. 22). 

Ce Kiosque Nord a été converti à l’époque copte en habitation (p. 53 ). Des parties 
inférieures de murs coptes faits avec des pierres du temple remployées, ont été trou- 
vées principalement dans la partie ouest du kiosque. L’un de ces murs coptes bou- 
chait la porte (fig. 3 i). 


LA PORTE DU KIOSQUE NORD. 

Cette porte, de même que celles des deux autres kiosques, est beaucoup plus large 
que la porte nord de la Grande Cour à laquelle elle conduit. Sa largeur est de 3 m. 60. 
Son axe passe à o m. 20 au nord de l’axe de la porte nord de la Grande Cour. 

Cette porte offre la même disposition que celle du Kiosque Médian, avec un sail- 
lant de o m. 20 d’une profondeur de 0 m. 5o et une partie réservée à l’ouverture 
des battants de porte de 1 m. ko en profondeur. 

Le seuil devant les vantaux de la porte est formé par trois blocs de granité dont 
deux roses et un bleu resté poli. Ces blocs ont 0 m. 55 de largeur. Le bloc du milieu 
a 1 m. 80 de longueur. Le bloc bleu qui est au nord a 0 m. 80 et l’autre 0 m. 5o 
de longueur. 

Dans la partie où s’ouvrent les battants de porte le sol est fait de dalles moyennes. 
Dans ce dallage ont été aménagées des rainures de pose de battanls de porte de o m. 1 3 
de largeur sur une longueur de 1 m. 10. Ces rainures aboutissent à un emplacement 
de gond de porte formant une ouverture en demi-cercle de 0 m. 35 . 

Les fondations du mur nord de ce Kiosque Nord ont été dégagées contre l’angle 
formé par ce mur et le mur-pylône. Nous avons là trois assises en dents de scie, et 
un ensemble de 1 m. 5o de hauteur; chacune de ces assises ayant o m. 5 o. 

Ces fondations reposent sur les saillants, fortement prononcés en ce point, des 
deux assises inférieures du mur-pylône. 

Le Kiosque Nord est, d’après les cartouches trouvés en trois points différents, de 
Ptolémée XIII, c’est-à-dire du Ptolémée qui semble avoir terminé l’ensemble du temple 
proprement dit ( Médamoud , 1925, p. 123 ). 


40 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Nous venons de voir que ses fondations, dans la partie dégagée, reposent sur les 
fondations du mur-pylône. Les fondations du mur-pylône sont donc antérieures à ce 
kiosque. Or les parties en superstructure du mur-pylône sont tout au moins pour la 
décoration d’époque romaine. Il faut donc supposer que le mur-pylône et, par là, tout 
le mur d’enceinte du temple étaient sinon entièrement construits, tout au moins éta- 
blis comme fondations dès l’époque de Ptolémée XIII. Mais il est vraisemblable d’ad- 
mettre que ces murs, une fois leurs fondations faites, ne sont pas restés longtemps 
sans une partie, tout au moins, de leur superstructure. Il paraît donc probable, que 
construits dès l’époque ptolémaïque, leur décoration ne fut entreprise qu’un siècle plus 
tard, à l’époque romaine. 

Le cartouche de Ptolémée XIII ayant été trouvé dans le Kiosque Nord et dans le 
Kiosque Sud (p. 33 ), le Kiosque Médian ayant ses murs sud et nord mitoyens avec 
les deux autres kiosques, nous pouvons affirmer que ces trois kiosques sont non 
seulement de la même époque et au plus tard de Ptolémée XIII, mais encore qu’ils font 
partie d’un plan unique en accord avec l’ensemble du temple. En effet ces trois kios- 
ques correspondent aux trois entrées du temple proprement dit. Or le temple propre- 
ment dit semble avoir été terminé par Ptolémée XIII. Cet ensemble s’explique fort 
bien. 

Il n’ en est pas de même quant à l’espace compris entre ces trois kiosques et le 
temple proprement dit. Nous avons là une cour nettement romaine comme décora- 
tion. Cette cour par ses murs d’enceinte se lie comme construction aux murs d’en- 
ceinte du temple proprement dit, également d’époque romaine par la décoration. 

Nous avons remarqué à l’angle formé par le mur nord du Kiosque Nord et les fon- 
dations du mur-pylône que les fondations du kiosque reposaient sur celles de ce mur- 
pylône. Ceci nous suffit pour établir que tout au moins une partie de l’enceinte du 
temple proprement dit et la Grande Cour avec son mur-pylône étaient comprises dans 
le plan ptolémaïque et commencées, sinon finies dès Ptolémée XIII. Leur décoration 
seulement ou, peut-être aussi, leur achèvement de construction en superstructure 
seraient d’époque romaine. 

Le problème est posé sans être suffisamm.ent discuté, il sera repris une autre année. 

De même que nous considérons la construction du mur-pylône et des murs d’en- 
ceinte comme s’étageant sur plus de i5o années, de même j’aurais une tendance à 
considérer les kiosques comme commencés bien avant Ptolémée XIII, à en juger par 
le style de la décoration intérieure du Kiosque Sud. 

Ces trois kiosques en raccord avec l’ensemble du temple dégagé jusqu’à mainte- 
nant, sont englobés dans une nouvelle cour avec colonnes, extrêmement détruite et 
non entièrement dégagée. 

Cette nouvelle cour paraît être ajoutée à la Grande Cour terminée à l’époque 


41 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

romaine et serait alors de basse-époque romaine. J’ai une tendance à la considérer 
comme non terminée. Les parties de cette cour dégagées cette année vont être étu- 
diées ci-après. 


3. — COUR OUEST. 

La distance entre la façade des kiosques et la face intérieure de la porte de Tibère, 
qui nous donne la ligne de l’enceinte sacrée, est d’environ 27 m. 5o. 

Cette partie est remblayée sur une hauteur d’au moins 1 m. 5 o. Son déblaiement, 
par suite de la nécessité d’un nouveau cavalier d’évacuation des déblais et d’une expro- 
priation de maisons pour faire passer ce cavalier, n’a pas été entrepris cette année. 
Ce déblaiement sera rattaché au dégagement et à la fouille de la porte de Tibère; 
nous n’avons pu celte année que préparer la possibilité de ces travaux par un net- 
toyage de l’éboulis de cette porte. Toutes les pierres en surface de l’éboulis de cette 
porte ont été sorties, rangées, inventoriées; M. Drioton en a pris copie et de nom- 
breux clichés ont été faits. 

11 est difficile de supposer ce qui garnissait l’espace entre les kiosques et la porte 
de l’enceinte sacrée avant que le terrain ne soit fouillé. 

Cette année, pour dégager les kiosques et utiliser notre cavalier de déblaiement 
nous avons fouillé non seulement un peu au delà de la façade ouest de ces kiosques 
mais aussi au sud et au nord en établissant un rectangle à peu près régulier de fouil- 
les (pl. I). 

Ce déblaiement au sud et au nord des kiosques nous donne un ensemble que je 
désigne provisoirement comme Cour Ouest. Sur la façade des kiosques, c’est-à-dire à 
l’ouest, nous avons dégagé un espace de 6 m. 5 o devant l’entrée du Kiosque Sud et 
de U m. 5 0 devant la partie nord de la façade du Kiosque Nord ainsi qu’un espace de 
2 m. 5 o devant la façade du Kiosque Médian. 

Nous avons devant ces kiosques un dallage en grande partie conservé (fig. 2 5 ). Ce 
dallage se trouve au même niveau que les dallages des kiosques et de la Grande Cour 
ainsi que le seuil du temple proprement dit. Dans ce dallage devant les kiosques nous 
n’avons trouvé aucune trace de colonnade. 

Sur le côté au sud des kiosques nous avons déblayé un espace prolongeant la ligne 
du mur sud d’enceinte et dépassant à l’ouest la ligne de façade de ces kiosques (fig. 3 0). 

Sur le côté au nord des kiosques le déblaiement a été moins étendu mais nous avons 
dégagé l’extérieur de l’angle nord-ouest du mur-pylône et un espace prolongeant la 
ligne du mur nord d’enceinte presque jusqu’à la ligne de façade des kiosques (fig. 1 k). 

Ces côtés nous ont donné au sud un mur limite avec colonnes enclavées et deux 
rangées de colonnes et au nord une rangée de colonnes. 

De ces colonnes il ne reste que les fondations au niveau du sol. Sur ce sol il n’y a 
aucune trace de dallage, si ce n’est dans une petite partie devant le mur-pylône à peu 

Fouilles de V Institut, t. IV, 1 . 6 


42 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


près à égale distance entre le mur sud du Kiosque Sud et l’angle sud-ouest du mur- 
pylône (fig. 3 o). 

Les colonnes étaient alignées entre elles mais ne correspondaient pas aux colonnes 
engagées des kiosques. Les écartements entre ces colonnes étaient très variables et 
trop importants pour nous permettre de supposer des architraves. 



Ces colonnes n’auraient donc été qu’un ornement si toutefois il y eut autre chose 
que leurs fondations, car le déblaiement de ce que nous appelons la Cour Ouest nous 
donne l’impression d’une cour abandonnée avant d’être achevée. 

* 

PARTIE SUD DE LA COUR OUEST. 

Nous avons ici une partie de cour de 1 h m. 70 de largeur et d’une longueur non 
déterminée mais conservée dans la partie déblayée sur 10 mètres (fig. 3o). 

Cette partie de cour est limitée à l’Est par le mur-pylône, au nord par le mur sud 
du Kiosque Sud et au sud par un mur d’enceinte. Son côté ouest n’est pas terminé 
comme fouilles mais nous avons là un arrêt et du mur d’enceinte et des rangées de 
colonnes. 


43 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Dans cette partie de cour furent trouvées des installations en pierres et en briques 
d’époque copto-byzantine qui seront étudiées plus loin (p. 57). 

Le mur d’enceinte de cette partie de cour, au sud, est en retrait de 0 m. 80 sur 
la ligne du mur sud d’enceinte du temple. Son épaisseur est de 0 m. 5 o. 11 s’appuie 
sur le mur-pylône (fig. 3 o), mais est entièrement distinct de celui-ci. 

Ce mur est conservé sur 1 0 mètres de longueur avec à 8 m. 10 une pierre déta- 
chée, mise à plat et formant seuil d’une maison postérieure (fig. 3 à). Ce seuil est en 
partie au-dessus d’une base de colonne. 

Ce mur avait des colonnes à fûts indépendants, enclavées en partie dans le mur. 
11 fut trouvé avec une hauteur maxima conservée de 1 m. 5 o. Des pierres provenant 
de ce mur, principalement celles de l’assise supérieure avec corniche, ont été trouvées 
dans leur position verticale, posées sur le remblai à une faible distance au sud du 
mur (fig. 12 et 3 o). 

Certaines de ces pierres nous ont permis de reconstituer la hauteur du mur entre 
les colonnes (fig. i 3 , îû et 2 5 ). 

Ce mur avait 2 m. 60 de hauteur. Cette hauteur reconstituée se trouve contre et 
à l’ouest de la colonne enclavée restée en partie debout. Cette reconstitution est faite 
avec une pierre intermédiaire qui semble avoir retrouvé sa place primitive et une 
pierre d’assise supérieure, possédant une corniche, dont la place primitive devait être 
à l’Est de la colonne. 

Ce mur ne possède aucune décoration mais des tores, près de la colonne enclavée 
conservée, qui se continuent dans le haut par une moulure horizontale sous une cor- 
niche, formant des encadrements de tableaux non garnis. 

La colonne enclavée, en partie subsistante, a un fût lisse, non décoré, d’un diamè- 
tre unique sur la hauteur conservée. Ce diamètre est de 0 m. 5 o. H est inférieur à 
celui des tracés des fûts et de l’autre colonne de ce mur, à l’extrémité ouest subsistante 
et des autres colonnes de cette partie de cour ( Û. 

Le diamètre de ces autres colonnes est de 0 m. 90. 

Les colonnes de cette partie de cour, hors le mur sud d’enceinte, forment deux 
rangées de trois, partageant cette partie de cour en trois travées d’inégale largeur. 

Les colonnes Est de ces deux rangées n’ont conservé qu’une base ronde de fût et ne 
correspondent à aucune colonne enclavée dans le mur sud d’enceinte de cette partie 
de cour. 

Les quatre autres ont conservé une base rectangulaire en deux blocs sur le sommet 
desquelles le départ du fût a été aménagé par un rebord variant entre cinq et dix 
centimètres. Ces deux blocs de fondations du fût étaient réunis par des queues d’a- 
ronde (fig. 26). 


(1) Par suite d’une erreur le diamètre de la colonne enclavée dans le mur sud de la partie sud de la Cour 
Ouest a été forcé sur les plans. 


6 . 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


44 

Les bases rectangulaires de ces colonnes ont des dimensions horizontales variables 
de 1 mètreX 1 m. 20 à 1 m. 20 X 1 m. 60. 

Ces colonnes correspondent deux par deux aux deux colonnes reconnues dans le 
mur sud mais au nord elles ne sont pas placées sur les alignements des colonnes en- 
gagées du Kiosque Sud. 

L’écartement entre la rangée nord de ces colonnes et le mur sud du Kiosque Sud 
est de k m. 3 o. L’entre-colonnement de la travée centrale est de h m. 60 et celui de 
la travée sud est de k m. 10. 

L’écartement entre les colonnes Est et le mur-pylône est de 1 m. 5 o. L’entre- 
colonnement entre les colonnes Est et les colonnes médianes est de 2 m. ko et entre 
les colonnes médianes et les colonnes ouest de 3 m. 70. 

A l’ouest de ces dernières, le terrain est dégagé sur 5 mètres et ne donne aucune 
trace d’autres colonnes. 

Cette partie de cour par la position de son mur sud et des colonnes est nettement 
indépendante comme construction et des kiosques et du mur-pylône. 

Les colonnes ne pouvaient se rattacher par les architraves ni au mur-pylône ni au 
Kiosque Sud. 

Le mur-pylône ne possède sur les alignements des deux rangées aucune base de 
saillant d’appui. 

Les colonnes engagées du Kiosque Sud ne correspondent pas à l’alignement des 
colonnes de cette partie de cour. 

Il ne me paraît pas vraisemblable que ces colonnes aient pu être rattachées entre 
elles par des architraves, d’une part à cause des différents entre-colonnements et d’au- 
tre part à cause de la trop grande longueur de ceux-ci. 

Je pense que nous avons donc là non pas une salle mais une cour et dans cette 
cour les colonnes isolées ne peuvent avoir qu’un but d’ornementation. 

Cette partie de cour, avec son départ du mur sud s’appuyant sur les fondations du 
mur-pylône, est évidemment postérieure à ce mur-pylône et ajoutée à l’ensemble 
complet du temple avec un plan nettement différent où les colonnes ne sont pas mê- 
me placées sur les alignements des colonnes de constructions antérieures. 

Postérieure et ajoutée à l’ensemble du temple qui semble avoir été terminé sous 
Antonin le Pieux, cette partie sud de la Cour Ouest serait de la basse époque romaine. 

Je me demande si cette partie de cour a été terminée. Nous aurions peut-être là 
une construction abandonnée avant d’être achevée. 

PARTIE NORD DE LA COUR OUEST. 

Cette partie nord de la Cour Ouest n’est pas suffisamment dégagée pour que nous 
puissions nous rendre compte si elle était par ses proportions en symétrie avec la par- 
tie sud. 


45 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Par suite de la position des kiosques, fortement placés sur la tranche nord du 
temple, nous n’avons dans cette partie nord qu’une étendue de 6 mètres de mur- 
pylône hors des kiosques, tandis que dans la partie sud le mur-pylône se développe 
sur 1 6 mètres hors des kiosques. 

Le problème de ce que nous appelons la Cour Ouest ne pouvant être résolu que * 
par le dégagement de tout l’espace entre les kiosques et la porte de Tibère, dégage- 
ment que nous réservons pour une autre année, nous n’avons fait le dégagement 
dans cette partie nord de cette Cour Ouest que dans un but limité. Nous avons voulu 
simplement dégager largement l’extérieur de l’angle nord-ouest du mur-pylône et un 
espace suffisant au nord du Kiosque Nord pour vérifier si de ce côté nous trouverions 
comme sur le côté sud des traces de colonnes et dans ce cas si les colonnes se trouve- 
raient sur les alignements des colonnes engagées du Kiosque Nord. 

Nous avons ainsi déblayé au niveau du sol de la cour et en certains points à un 
niveau inférieur pour étudier les fondations rencontrées : un espace de 2 m. 5 o au 
nord de l’angle nord-ouest du mur-pylône et de 3 m. 5 o à l’ouest de cet angle ainsi 
qu’un espace de 6 m. 5 o au nord du mur nord du Kiosque Nord et de 10 m. 5 o à 
l’ouest du mur-pylône (fig. ik). 

Dans l’espace dégagé à l’extérieur de l’angle nord-ouest du mur-pylône nous n’a- 
vons trouvé ni en surface ni en fondations de traces d’un mur nord d’enceinte pour 
cette partie de la Cour Ouest. 

Par contre dans l’espace dégagé au nord du Kiosque Nord nous avons trouvé deux 
bases de colonnes du même type que celles de la partie sud de cette cour. 

Ces deux résultats nous indiquent que, d’une part si nous devons avoir dans cette 
partie nord un dispositif de colonnes semblables à la partie sud, d’autre part nous 
n’avons aucun raccord de mur nord de cette partie nord de la Cour Ouest avec l’angle 
de l’enceinte du temple. 

Ce dernier résultat nous donne une invraisemblance que seul un dégagement com- 
plet dans cette partie pourra expliquer; malheureusement nous nous trouvons là dans 
une palmeraie qui compliquera l’entreprise de la fouille de ce côté. 

L’écartement est de 5 mètres entre les deux colonnes dont nous avons retrouvé 
les bases et le mur nord du Kiosque Nord. 

L’écarlement entre la colonne Est et le mur-pylône est de 3 m. 60. 

L’écartement entre les deux colonnes trouvées est de 5 m . 2 5 . 

Nous avons là des alignements, d’une part différents de ceux des colonnes enga- 
gées du Kiosque Nord, ce que nous avons constaté également pour la partie sud de 
cette cour, et d’autre part différents de ceux des colonnes de la partie sud de cette 
cour. 

Les bases de ces colonnes sont du même type que celles de la partie sud et le tracé 
des départs de fûts nous donne un diamètre de o m. 90 semblable à celui des fûts de 
la partie sud. 


46 


F. B1SS0N DE LA ROQUE. 


Aucune trace de dallage n’a été trouvée dans la partie dégagée, mais nous avons 
ici des restes d’installations copto-byzantines comme dans l’ensemble des fouilles de 
cette année. 

Cette partie nord de la Cour Ouest n’est pas suffisamment dégagée pour que nous 
puissions supposer ses dimensions, mais ce que nous en avons nous laisse voir, tout 
au moins, un aspect de partie de cour avec colonnes qui devaient être isolées, non 
seulement entre elles mais aussi des murs des constructions antérieures qui la bornent 
à l’Est et au sud. 

Cette Cour Ouest nous donne un ensemble assez bizarre, avec des rangées de co- 
lonnes isolées qui semblent s’interrompre à la ligne de façade des kiosques, avec un 
dallage n’existant que sur la façade des kiosques, avec au sud un mur d’enceinte en 
retrait sur l’angle sud-ouest du mur-pylône et postérieur à celui-ci et au nord aucun 
raccord de mur d’enceinte avec l’angle nord-ouest du mur-pylône. 

Il est logique de trouver une seconde cour ajoutée devant le mur-pylône, c’est-à- 
dire à l’ouest, mais le dispositif des côtés avec colonnes isolées ne s’explique pas par 
d’autres exemples connus. 

Nous avons là un encadrement des kiosques d’un aspect peu compréhensible. 

Cette cour ne nous a donné aucune inscription. Je la suppose de basse époque 
romaine parce que nettement ajoutée au mur-pylône. L’absence de décoration de son 
mur sud d’enceinte et l’absence de dallage dans ces parties sud et nord ainsi que les 
bases de colonnes dépourvues entièrement de fûts nous laissent l’impression d’un en- 
semble non achevé, d’une construction abandonnée avant d’être terminée. 

Les installations copto-byzantines que nous y avons trouvées et qui seront étudiées 
plus loin nous ont donné un mur fait avec des demi-tambours de colonnes qui ont les 
dimensions des colonnes de cette Cour Ouest (p. 5 g). Mais ces demi-tambours ne nous 
prouvent pas forcément la démolition des colonnes; ils peuvent avoir été laissés sur 
le chantier en construction. 11 est à remarquer que dans le cas où des maisons s’instal- 
lent dans des parties de temples, les colonnes existantes sont, de préférence, en partie 
conservées, car dans une pièce un peu grande ces colonnes simplifient l’établissement 
du plafond. Or ici aucun fût de colonne ne subsiste. 

Si cette remarque n’est pas suffisante pour prouver que cette Cour Ouest est ina- 
chevée, elle fortifie légèrement l’impression que je me permets de donner ici : la Cour 
Ouest serait un projet non réalisé de constructions ajoutées à l’ensemble du temple 
terminé sous Antonin le Pieux. Cette Cour Ouest aurait été commencée à la basse- 
époque romaine et interrompue par suite de l’abandon du temple à une date peut-être 
très rapprochée des premiers travaux de cette cour. 

Je me permets de poser ici une hypothèse très hardie qui pourra , peut-être , orien- 
ter les recherches. Nous avons trouvé un socle de statue de l’époque de Dioclétien, 
inv. 209Û (p. 77), qui devait orner cette cour. Ne serait-ce pas sous ce règne que le 


47 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

projet de construction de cette Cour Ouest aurait été commencé et abandonné? Les 
premières installations coptes dans le temple ne suiveraient-elles pas de peu d’années 
cette époque? Nous avons trouvé l’an dernier (cf. 1925, p. 61) une monnaie de Cons- 
tance II dans un dallage de maison copte installée dans le temple au-dessus d’un 
remblai de o m. 80. Cette monnaie antérieure à Théodose le Grand semble nous in- 
diquer que le temple de Montou à Médamoud fût un des premiers d’Egypte abandonné 
et détruit. 


4. — INSTALLATIONS COPTO-BYZANTINES. 

Les installations faites dans le temple proprement dit après son abandon , trouvées 
l’an dernier au niveau du dallage du temple, consistaient en une Eglise et en des restes 
d’habitations faites presque entièrement, dans les parties subsistantes, avec des maté- 
riaux provenant du temple, remployés sans retaille de pierre. 

Parfois ces matériaux remployés avaient été brisés grossièrement. Dans les parties 
où des matériaux neufs étaient absolument nécessaires ce fut la brique cuite qui fut 
employée (cf. 1925, p. 18). 

Nous avons donc là des installations grossières. 

Le mobilier trouvé, peu abondant, dépourvu d’inscriptions, n’aurait pas suffit sans 
l’aide des monnaies à nous indiquer une période chrétienne très ancienne datant tout 
au moins du milieu du iv e siècle. 

Nous avons considéré ces installations comme coptes, c’est-à-dire faites par des 
indigènes chrétiens, installés pauvrement dans un endroit écarté après qu’auraient été 
chassés de ce site les prêtres du culte de Montou. 

Cette année le déblaiement d’une partie des cours qui se trouvent devant le temple 
proprement dit, nous a donné également des restes d’installations postérieures à l’a- 
bandon du temple, dont le plus grand nombre sont vraisemblablement de même 
époque que celles trouvées l’an dernier (pl. II). 

Au point de vue matériaux les installations trouvées cette année nous offrent en 
plus du type grossier trouvé l’an dernier, un type de construction d’un travail soi- 
gné. 

Ce dernier type se caractérise par l’emploi de petites pierres de grès de 0 111. 52 X 
0 m. 25 xo m. 20 dont la plupart ont été retaillées dans des pierres plus grandes 
provenant du temple de Médamoud et dont quelques-unes trouvées proviennent d’un 
temple d’Aménophis IV (p. 69). 

Nous avons là des murs fort bien construits avec des pierres de taille de mêmes 
dimensions. 

Ces constructions plus soignées n’ont été trouvées, avec des murs conservés, qu’en 
un seul point, dans l’angle nord-est de la partie sud de la Cour Ouest. 

Si nous admettons que cette cour a été abandonnée avant que ses constructions en 


48 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


superstructure aient été faites, nous pouvons considérer que le terrain libre appelait 
là des habitations plus indépendantes au point de vue construction. 

En tout cas nous avons là un type d’habitations faites par des gens d’une situation 
relativement plus relevée que ceux qui se sont servis et des chambres subsistantes du 
temple et des matériaux de ce temple sans les retailler. 

Au point de vue mobilier les installations trouvées cette année nous ont donné des 
lampes avec inscriptions grecques (p. 79) se trouvant avec des lampes ayant des ins- 
criptions coptes (p. 80) et des morceaux de petits chapiteaux ioniens (p. 85 ). 

Ces morceaux de chapiteaux ioniens et les lampes avec inscriptions grecques nous 
indiquent que ce site, après l’abandon du temple, a dû être habité non seulement 
par des coptes mais aussi par des grecs. 

Des inscriptions grecques trouvées cette année parmi les matériaux remployés dans 
des murs grossièrement construits nous montrent que des Grecs ont, sinon habité, 
tout au moins visité le temple de Montou avant son abandon. 

La principale de ces inscriptions se trouve sur le socle d’une statue d’un fonction- 
naire romain, nommé MèXas de l’époque de l’interrègne de Dioclétien et Maximin 
(inv. 209^, p. 77). 

Ce fait de Grecs s’insinuant dans ce site à la veille de l’abandon du temple appuie 
la trouvaille de lampes à inscriptions grecques et surtout de chapiteaux ioniens pour 
me faire supposer qu’après l’abandon du temple l’enceinte sacrée du temple de Méda- 
moud fut habitée non seulement par des indigènes miséreux mais aussi par des étran- 
gers plus aisés. 

Aux installations grossières coptes trouvées l’an dernier s’ajoutent cette année des 
installations plus soignées qui paraissent être grecques et ainsi je me suis permis de 
désigner celles trouvées cette année comme installations copto-byzantines. 

Les installations trouvées cette année peuvent se répartir en trois catégories au 
point de vue niveau. 

Celles de la première catégorie étaient au niveau du sol du temple. Dans cette caté- 
gorie nous avons trouvé le type de constructions grossières faites avec des matériaux 
du temple non retaillés et le type de constructions d’un travail soigné faites avec des 
pierres de grès de petites dimensions en grande partie retaillées dans des pierres pro- 
venant du temple de Médamoud ou d’ailleurs. 

Les installations de cette première catégorie se trouvaient dans la Grande Cour du 
temple et dans les parties sud et nord de la Cour Ouest. 

Celles de la seconde catégorie comprenaient des murs du type de constructions 
grossières qui se trouvaient dans la partie ouest du Kiosque Nord. Ces murs débutaient 
à +0 m. 2 5 au-dessus du dallage de ce kiosque. 

Cette seconde catégorie, d’après les objets trouvés, paraît être de la même époque 
que la première. Nous aurions là un remblaiement partiel de ce kiosque car dans la 


49 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

partie Est de ce même kiosque nous avons trouvé un petit mur du même type gros- 
sier établi directement sur le dallage de ce kiosque. 

Celles de la troisième catégorie se trouvaient dans les groupes nord-ouest, centre- 
ouest et sud-ouest de la partie sud de la Cour Ouest. 

Dans le groupe nord-ouest nous avions un seuil en briques à+o m. ko, s’appuyant 
à l’ouest sur un mur fait avec des demi-tambours de colonnes. Ce seuil menait à un 
escalier placé à l’ouest qui atteignait le niveau du sol du terrain avant les fouilles. 

Dans le groupe centre-ouest nous avions trois niveaux différents : Le premier ni- 
veau fut donné par une dalle à + o m. 3 o , s’appuyant à l’Est de l’extrémité subsistante 
du mur fait avec des demi-tambours de colonnes. Cette dalle semblait devoir conduire 
par un escalier à une maison placée à l’ouest du mur fait avec des demi-tambours 
de colonnes. 

Le second niveau fut donné par des murs de constructions grossières, faits avec des 
pierres du temple non retaillées, qui se trouvaient à l’ouest du mur fait avec des demi- 
tambours de colonnes. Ces murs débutaient à + 0 m. 60 au-dessus du sol du temple. 

Le troisième niveau fut donné par un morceau de dallage en pierres qui se trou- 
vait à+o m. 80 au-dessus du sol du temple. Ce dallage se plaçait au nord et contre 
un saillant d’un des murs du niveau +0 m. 60. 

Dans le groupe sud-ouest nous avions un seuil de porte établi à l’extrémité ouest 
subsistante du mur sud d’enceinte de la Cour Ouest. Ce seuil de porte conduisait à 
une salle dallée en briques, placée au sud et contre le mur sud d’enceinte de la Cour 
Ouest. Ce seuil et ce dallage se trouvaient à +0 m. 75 au-dessus du sol de la Cour 
Ouest. 

A ce même groupe se rattachait un mur qui débutait à +0 m. 3 o au-dessus du 
sol de la Cour Ouest, non dégagé cette année. L’extrémité Est de ce mur se plaçait 
à l’angle sud-ouest du dallage en briques de la salle qui se trouvait à+o m. 75. 

Les installations de cette troisième catégorie sont-elles d’époque postérieure à celles 
des deux premières? Aucun objet caractéristique n’y fut trouvé. Ces installations se 
trouvaient à la limite du terrain fouillé cette année. Il faut attendre que leurs abords 
soient dégagés pour pouvoir espérer en déterminer l’époque. 

Nous éviterons donc de nous baser sur ces trois catégories de niveaux pour la des- 
cription détaillée de ces installations copto-byzantines. Cette description sera faite 
maintenant en divisant ces installations suivant les emplacements. 

Nous aurons d’abord les installations de la Grande Cour dans laquelle se trouvaient 
six portions : 

Une première portion comprenant un dallage en briques dans la partie Est du 
centre-nord. 

Une seconde portion comprenant un dallage en briques au nord et contre la der- 
nière colonne Est de la rangée extérieure de la colonnade sud. 

Fouilles de Y Institut, t. IV, 1. 7 


50 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Une troisième portion comprenant un dallage en briques à l’extrémité ouest du 
centre-sud. 

Une quatrième portion comprenant divers restes de murs en briques et en pierres 
dans le voisinage du trou qui se trouve vers le centre de la cour. 

Une cinquième portion comprenant des traces d’une maison à lEst de la porte 

principale ou porte sud de la cour. 

Une sixième portion comprenant une construction en brique*s en forme de cercle 
au niveau -o m. 45 sous le niveau du dallage de la cour, détruit en ce point. 

Nous aurons ensuite les installations du Kiosque Nord , puis les installations des parties 
nord et sud de la Cour Ouest. 

La partie sud de la Cour Ouest sera divisée en six groupes : 

io Le groupe angle nord-est; 2° le groupe médian; 3 ° le groupe angle sud-est; 

4° le groupe nord-ouest; 5° le groupe centre-ouest et 6° le groupe sud-ouest. 

Quant aux objets trouvés dans ces diverses installations je ne mentionnerai ici que 
ceux qui peuvent aider à en déterminer l’époque et je renverrai pour la description 
de chacun d’eux au chapitre 5 relatif aux principaux objets trouvés. 

LES INSTALLATIONS DE LA GRANDE COUR. 

Dans trois de ces installations de la Grande Cour nous n’avons pas retrouvé de 
murs mais simplement des morceaux de dallages en briques au niveau du dallage en 
grès de la cour enlevé en ces emplacements. Par suite des objets trouvés en ces points 
j’y vois plutôt des restes de maisons coplo-byzantines que des réparations du dallage 

de la cour. , . .. -, 

Les trois autres installations avaient des restes de murs soit en briques cuites soit 

en pierres remployées sans retaille ou simplement brisées. L’une d’elles ayant donne 

un lot important d’objets me la fait désigner d’après l’un de ces objets comme maison 

au chandelier . 

! U première portion noue donnait un morceau de dallage en briques conservé 
sur environ a mètres au carré, contre un bord détruit du dallage en grès de la cour 
L’angle sud-est de ce morceau de dallage en briques se plaçait à i m. 80 au nord 

de Taxe et à 2 m. 75 à l’ouest du Portique. 

Le remblai voisin de ce dallage nous a donné deux lampes en terre cuite, de 
forme ronde, avec inscriptions, l’une, inv. 20 2 4 , mentionnant un Saint Phibamos 
et l’autre, inv. 2 02 5 , portant la devise «Grand [est] le nom de Dieu^ (p. 0). 

Outre ces deux lampes, parmi les autres objets trouvés dans ces parages, je men- 
tionne un morceau d’un four en terre cuite avec décoration en relief, inv. 2002 , un 


51 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

vase peint avec une décoration du type vannerie, noire sur fond rouge, inv. 2027 et 
un morceau d’une pierre calcaire donnant des pieds vus de profil d’une scène égyp- 
tienne avec dans la bande au-dessous, primitivement non décorée, l’empreinte du 
plat d’un pied, ajoutée parles coptes, inv. 2022. 

2 . La seconde portion nous donnait également un dallage en briques de mêmes 
dimensions que le précédent, dont l’angle nord-est se plaçait à 1 mètre à l’ouest du 
Portique et à 7 mètres au sud de l’axe. 

Le remblai de ce parage adonné entre autres une lampe grenouille en terre cuite, 
brisée, inv. 1706, deux morceaux d’un vase en grès de 0 m. i 5 de hauteur avec 
une bande dans le haut, décorée d’un motif de palmettes d’un style byzantin, inv. 

1 708 et 1 709 et un vase en terre cuite, à deux anses, décoré de dessins rouges et 
noirs sur fond jaune, inv. 1710. 

3 . La troisième portion nous donnait aussi des restes d’un dallage en briques, dont 
l’angle nord-ouest se plaçait à 1 mètre du mur-pylône et à 6 mètres de l’axe. 

Parmi les objets trouvés dans le voisinage immédiat de ces restes de dallage en 
briques je signale une lampe grenouille, inv. 1807 (p. 82), des morceaux de petits 
chapiteaux ioniens, inv. 1808 et 1809 et de décoration de palmettes en grès nous 
donnant des traces de décoration byzantine, inv. 1810 à 1812. 

4. Dans la quatrième portion je réunis quatre restes de murs trouvés autour et 
au-dessus du trou de sondage — 2 m. 10 qui se place sur le plan vers le milieu de la 
cour. , 

Un morceau de murs en briques de 0 m. 35 d’épaisseur, conservé sur une longueur 
de 0 m. 5 0, de direction perpendiculaire à l’axe de la cour, se plaçant à 0 m. 60 au 
nord de l’axe et à 9 m. 5 o à l’ouest du Portique. 

Un morceau de murs en briques de o m. 20 d’épaisseur conservé sur une longueur 
de o m. 60, de direction perpendiculaire à l’axe de la cour, dont l’extrémité nord se 
plaçait à 1 m. 80 au sud de l’axe de la cour et à 6 m. 5o du mur-pylône. 

Un morceau d’un troisième mur en briques de o m. 35 d’épaisseur, conservé sur 
une longueur de 1 mètre, d’une direction parallèle à l’axe de la cour, au niveau du 
dallage de la cour détruit en ce point, dont l’extrémité ouest se plaçait à 5 mètres au 
sud de l’axe de la cour et à 9 mètres à l’Est du mur-pylône. 

Le quatrième reste de murs de cette quatrième portion consistait en un mur de 
pierres de construction grossière, de 0 m. 60 d’épaisseur, conservé sur une longueur 
de 2 m. 5 o, de direction parallèle à l’axe de la cour et d’une hauteur subsistante de 
0 m. 4 o. L’extrémité ouest de ce reste de mur se plaçait à 6 m. 80 au sud de l’axe 
de la cour et à 7 m. 20 à l’Est du mur-pylône. 

La présence de deux blocs de granité trouvés sur le dallage de la cour, à 3 m. 20 
au nord de l’axe de la cour et à 6 mètres à l’Est du mur-pylône , nous laisse supposer 


7 - 


52 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


qu’il devait y avoir là un autre mur en pierre assez important qui, peut-être, se 
raccordait avec le quatrième mur ci-devant mentionné. L’un de ces blocs en granité 
bleu nous donne un buste d’Usirtasen III, inv. i 836 et l’autre en granité rose nous 
donne sur un côté resté poli un morceau de texte portant le cartouche d’Améno- 
phis II, inv. 1887 (p. 69). Un couteau en fer, inv. 1 834 , a été trouvé auprès (p. 87). 

5 . Cette cinquième portion est désignée comme maison au chandelier. Elle com- 
prend, d’une part, un mur qui bouchait la porte principale ou porte sud de la Grande 
Cour et d’autre part un reste de dallage en briques d’où partait un escalier de dalles 
en grès dont l’angle subsistant sud-ouest se plaçait à 1 m. 90 au nord de l’axe de la 
cour et à 3 m. 3 0 du mur-pylône. 

Le mur qui bouchait la porte principale de la Grande Cour était fait en moellons 
et pierres remployées. 11 se plaçait à l’extrémité Est de la porte et reposait sur le sol 
de cette porte composée de blocs en granité rose et en calcaire , eux-mêmes de rem- 
ploi à l’époque ptolémaïque. 

Ce mur avait 2 m. 68 de longueur, sa largeur au sud était de 0 m. 70 sur 0 m. 
60 de longueur et sa largeur dans l’autre partie était de 0 m. 5 o. Ce mur fut trouvé 
subsistant sur une hauteur de 0 m. 90 (fig. 16 et 17). La démolition de ce mur a 
donné un bloc en granité avec morceau d’inscription du Nouvel Empire, inv. 1869 
(p. 69) qui se trouvait au sommet subsistant de l’angle nord-est, le haut d’une stèle 
grecque rectangulaire en calcaire, inv. 1870 qui se trouvait dans la partie inférieure 
de l’angle sud-est et une autre inscription grecque sur grès, inv. 2092 (p. 76). 

Au nord-est et à une faible distance de ce mur nous avions un dallage en briques 
cuites formant un rectangle de o m. 90 de longueur sud-nord et de o m. 70 de lar- 
geur, duquel partait au nord un escalier de dalles en grès. Ces dalles, formant des 
marches de 0 m. i 5 de largeur, avaient 0 m. 70 de longueur. Elles reposaient sur 
de la terre sans traces subsistantes d’aucun appui. 

A o m. 3 o à l’Est du dallage en briques subsistait un petit morceau de mur en 
briques de o m. i 4 de largeur, conservé sur 0 m. 5o. 

Dans le remblai entre ce dallage avec escalier et le mur-pylône nous avons trouvé 
un lot d’objets de maison, inv. i 84 i à 1 8 6 3 . Parmi ces objets nous avons un chan- 
delier, inv. 18A7 et un petit vase, inv. i 848 , en bronze (fig. 56 ), une lampe gre- 
nouille, inv. 18A9, une lampe avec un nom copte, inv. i 85 o, d’autres lampes de 
formes diverses, inv. 1801 à 1 8 6 3 , en terre cuite (fig. 48 et A9), et des poids en 
granité de forme cubique ou conique, inv. 1 8 4 3 à i 845 , des monnaies usées, inv. 
1 8 5 4 , un broyeur en granité rose, inv. x 84 6 et de la poterie, inv. 1 8 5 5 à 1 863 . 
Les objets les plus caractéristiques de ce lot seront décrits à la page 80 et suivantes. 

Ces objets sont tous de type copte et le chandelier ainsi que le petit vase en bronze 
me paraissent faire partie d’un mobilier d’église. Nous aurions, peut-être, là les traces 
de l’installation d’un religieux. 


53 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

6. Dans cette dernière portion d’installation copto-byzantine de la Grande Cour je 
classe une construction en cercle faite avec des briques cuites, dont nous n’avons 
trouvé qu’une partie du cercle sur une ou deux assises qui débutaient à — 0 m. 45 
sous le niveau du dallage de la cour détruit en ce point. 

Le centre de ce cercle en briques se plaçait à 6 m. 60 au nord de l’axe de la cour 
et à 3 m. 80 de la porte médiane du mur-pylône. 

Cette construction en cercle avait un diamètre de 0 m. 80 et les briques cuites, 
posées de champ, formaient un mur de o m. 1 4 d’épaisseur. 

Nous avons, peut-être, là un puits. 

Parmi la poterie trouvée dans les parages de ce puits nous avons un petit moule, 
inv. 2082 (fig. 4 g et p. 88) et une coupe d’un vernis rouge foncé avec bord décoré 
en deux points de trois petites lignes dont une blanche entre deux noires, inv. 2090 

(p. 88). 

Les installations de la Grande Cour que nous avons réparties en six portions nous 
ont donné des objets coptes dans les portions un, cinq et six et des objets de style 
byzantin dans les portions deux et trois. 

Nous ne pouvons pas affirmer que ces six portions soient toutes de même époque 
mais ceci paraît vraisemblable étant donné leurs niveaux identiques, tous semblables 
à celui du dallage de la Grande Cour. 

Le chandelier trouvé parmi un lot d’objets, provenant de la maison de la cinquième 
portion , ainsi que le niveau de cette maison peuvent faire supposer que nous avons 
là des installations contemporaines de l’église copte trouvée l’an dernier (cf. 1925, 
p. 17). 

LES INSTALLATIONS DU KIOSQUE NORD. 

Ces installations comprenaient quatre murs grossièrement faits avec des pierres 
remployées du temple. 

Un de ces murs reposait sur le dallage du kiosque et se trouvait en position est- 
ouest dans l’angle sud-est du kiosque; les trois autres murs reposaient sur un remblai 
en terre à + o m. 2 5 au-dessus du dallage du kiosque et étaient placés en position 
sud-nord dans la partie ouest du kiosque. 

Le mur établi dans l’angle sud-est du kiosque avait 0 m. 3 o de largeur avec des 
pierres posées de champ. Sa hauteur subsistante était de o m. 5 o. H était conservé 
sur une longueur de 1 m. 70 et débutait contre le montant sud de la porte nord du 
mur-pylône. 

Il établissait ainsi un réduit étroit, de o m. 85 de largeur dans l’angle sud-est du 
kiosque. Dans ce réduit formé par deux côtés du kiosque et ce mur ajouté, la paroi 
extérieure du mur-pylône, conservée sur une hauteur de 1 mètre, nous offre un texte 
en hiéroglyphes gravés qui n’ont pas été recouverts de plâtre (Drioton, Inscriptions, 
1926, fig. 19). 




F. BISSON DE LA ROQUE. 


Parmi les trois murs de la partie ouest du kiosque, deux d’entre eux bouchaient 
entièrement le kiosque sur toute la largeur : l’un garnissait la porte (fig. 3 i), l’autre 
traversait le kiosque à 3 m. ho à l’Est du seuil de cette porte (fig. 3 2). 


Fig. 3i. — Murs coptes de la partie ouest du Kiosque Nord, vus de l’ouest. 

Le troisième mur à l’intérieur de cet enclos, était établi dans le même sens et 
partait du mur sud du kiosque en s’appuyant sur le retour de la porte pour se 


Fig. 3a. — Muas coptes de la partie ouest du Kiosque Nord, vus de l’Est, 


55 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

terminer à 1 m. 5 o. Sa largeur était de 0 m. ho dans sa partie sud et de 0 m. 2 5 
à son extrémité nord subsistante. Sa hauteur conservée était de o m. 5o avec une 
seule assise de pierre. II établissait un réduit de 0 m. 7.5 de largeur entre lui et le 
mur traversant entièrement le kiosque. 



Fig. 33. — Blocs trouvés dans les murs coptes de la partie ouest du Kiosque Nord, 

INSTALLÉS SUR LE DALLAGE DE CE KIOSQUE APRES LA DEMOLITION DE CES MURS : 

de gauche à droite, inv. 2Ü5o. b. 

2653 — 245a — a45i — a45o. a. 
au troisième plan, inv. 2 44 6. 


Le mur qui garnissait la porte était fait avec de gros blocs placés irrégulièrement. 
Il avait en moyenne une largeur de o m. 60. Le plus gros bloc, qui se trouvait dans 
la partie sud, reposait sur le seuil de la porte. Ce bloc retourné nous a donné un socle 
de statue avec inscription grecque de l’époque de Dioclétien, inv. 209^ (p. 77 ). 

Les autres blocs de ce mur reposaient sur un remblai de terre de 0 m. 2 5 de hau- 
teur au-dessus du seuil de la porte du kiosque. 

La hauteur conservée de ce mur était la même que celle des montants de la porte 
du kiosque. 

Le mur qui traversait entièrement le kiosque était fait de blocs remployés, prove- 
nant du temple, avec la face décorée de ces blocs posée sur un remblai de terre de 



56 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


„ m . q 5 au-dessus du dallage du kiosque. Ces blocs étaient de divers tailles, la 

liguce 33 nous en donne un “^n ïari able dontle 

Ce mur n avait conserve qu une seule assise ae pm* 

avait deux ,-angées de piecves qui lu, donnaient , «JO 
JZ LgiiL de . -très en partant du mur sud du kiosque et une seule ,a„gee 

^ ;:avL d s“ S une^rsT^uc 5 ,, 20 qui par son absence de porte ne 

P °u1e ê Ila!7u n Kios; e ue Nord nous a donné ent, autres : un 

petit vase à trois pieds en terre cuite vernie rouge mv 87 ^ ^ 

ceaux de petits f^x ,« » r s, R. qo 9 ^ ^ 

r:e73”: 7. :;o.T', 9 oe (la ligure 4S nous donne inv. v„,r 

P ' Les mure des installations de ce Kiosque Nord nous ont donné un certain nombre de 
^“venant du temple, dont la ligure 33 nous donne les pierres ,nv. ebbou 

et b, 2 fl 5 i, u 452 et 2453 avec au troisième plan inv. 244b. 


LES INSTALLATIONS DE LA PARTIE «ORD DE LA CODE OUEST. 

Deux départs de murs en pierres remployées, non suffisamment dégagées, trouvées 

“fesskt SSX.-JK 

z:rz ^ *- T r ^ ; 

cour (f,g. . 4). Ces “1Z loueur de 3 mètres. 

f X S or:“ peut rtre cet ensemble. 11 semble être en place et d’époque posté- 

Euti’e.tv, ''" S . ZJ&oTZZViTÏÏ. on. une pointe au lieu 
d’anse, inv. 191 h. 


57 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Dans la région nord, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Kiosque Nord, les objets 
trouvés nous indiquent que, parmi les installations de ce côté, il devait s’en trouver 
faites par des Grecs. Mais c’est surtout dans la partie sud de cette Cour Ouest que la 
présence d’habitations grecques se confirme. 

LES INSTALLATIONS DE LA PARTIE SUD DE LA COUR OUEST. 

Cette partie de la Cour Ouest nous fournit au point de vue installations postérieures 
à l’abandon du temple : d’une part un élément nouveau par des murs d’une construc- 
tion soignée faite avec des pierres de petites dimensions et d’autre part des niveaux 
divers dans des constructions du type grossier reconnu jusqu’à présent (fig. 3o). 

J’ai réparti ces diverses installations en six groupes suivant leurs positions dans la 
cour : 

1. Le groupe angle nord-est nous a donné un grand rectangle de 4 m. 70 est-ouest 
sur 3 m. 20 , limité au nord par le mur sud du Kiosque Sud, à l’Est par le mur- 
pylône, au sud et à l’ouest par des murs construits en petits appareils de grès, de 
pierres de 0 m. 52 X 0 m. 25 X 0 m. 20 . Ces murs reposaient sur le niveau du sol de 
la cour (fig. 3 0 et 26 ). 

Le mur ouest s’appuyait dans la partie inférieure sur la base d’une colonne engagée 
du mur sud du Kiosque Sud et fut trouvé interrompu à 3 m. 1 0 au sud de ce kiosque. 
Sa largeur était de 1 mètre. Sa hauteur subsistante était de 1 m. 4o. 

Le mur sud fut trouvé isolé du mur-pylône par un espace de 0 m. 5o. Sa hauteur 
subsistante était de 0 m. 75 . 

Il est vraisemblable de supposer que ces deux murs se rejoignaient. L’angle sud- 
ouest du rectangle se trouvait donc détruit. L’emplacement le plus probable pour l’en- 
trée de ce rectangle doit être situé vers l’extrémité ouest de la face sud, dans la partie 
détruite. 

Cette porte supposée expliquerait du reste fort bien, par la chute de son linteau, 
la destruction de cet emplacement. 

2. Le groupe médian nous a donné des éléments d’un petit rectangle fait de murs du 
même type que ceux du grand rectangle précédent et reposant également sur le sol 
de la Cour Ouest. 

Les murs de ce petit rectangle étaient détruits dans la partie Est et, sur la face 
ouest, nous avons un arrêt du mur qui semble nous indiquer une porte dont le rac- 
cord avec l’angle nord-ouest serait détruit. 

Il est vraisemblable d’admettre que ce petit rectangle rejoignait le mur-pylône et 
nous aurions ainsi une salle d’une longueur est-ouest de 3 m. 70 et d’une largeur de 
1 m. 90 . Les murs nord et ouest avaient 0 m. 5o de largeur et le mur sud o m. 2 5. 
Leur hauteur était de o m. 60 . 

Fouilles de V Institut, t. IV, 1. 


8 


58 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Devant le montant sud de la porte probable à l’ouest se trouvait une base ronde 
en pierre de o m. 3 o de diamètre pouvant nous laisser supposer une colonne. C’est 
l’unique trace trouvée des colonnes qui devaient exister dans ces installations d’après 
les nombreux fragments de chapiteaux ioniens que nous a donnés le remblai des dif- 
férentes installations postérieures à l’abandon du temple. Un de ces morceaux de cha- 
piteaux ioniens nous a été fourni par le remblai à l’ouest de ces deux rectangles, inv. 
2898. 

Entre ces deux rectangles des groupes 1 et 2 nous avions l’aspect d’un couloir ou 
ruelle de 1 m. 3 o de largeur. 

Le remblai de ce couloir nous a donné une pierre en grès avec figures du style 
d’Aménophis IV, inv. 1776 (fig. 3 g et p. 69) qui peut provenir d’un des murs de ces 
rectangles. 

Le remblai des deux rectangles nous a donné une série de lampes en terre cuite. 

Dans le petit rectangle nous avons trouvé une lampe de forme allongée avec inscrip- 
tion grecque portant le nom de Saint Léonce, inv. 1789, une grosse lampe décorée 
de croix, de lions, de points et lignes en relief, inv. 17A0 et deux lampes grenouilles, 
inv. 17/11 et 17A2 (fig. 48 et 4 g et p. 79 et suivantes). 

Dans 1 e grand rectangle nous avons trouvé une série de lampes, inv. 1743 à 1748, 
dont une grenouille assez spéciale, inv. 1743 et deux autres, inv. 1744 et 1747, 
seront décrites (p. 82 et 83 ) et sont données sur les figures 48 et 4 g, ainsi qu’un 
morceau d’assiette en terre cuite vernissée rouge décorée d’un animal, inv. 1749. 

3 . Le groupe angle sud-est nous a donné des restes de dallages en briques au niveau 
du sol de la Cour Ouest avec, s’y rattachant, un cercle d’une assise de briques cuites 
posées de champ et un zir enfoncé dans la terre avec son bord supérieur au niveau 
du dallage en briques. 

Le cercle en briques cuites avait 1 m. 3o de diamètre. Le zir enterré avait o m. 
78 de profondeur et une ouverture de o m. 4o de diamètre. 

Nous avons là, avec le zir et les traces d’une construction en cercle, l’emplacement 
des dépendances d’une maison, peut-être bien des installations des groupes 1 et 2. 

4 . Le groupe nord-ouest comprenait une conduite d’eau à — 0 m. 35 sous le niveau 
du sol de la Cour Ouest, un support de zirs et un mur fait avec des demi-tambours de 
colonnes qui se prolongeait dans le groupe suivant, au niveau du sol de la cour, ainsi 
qu’un dallage en briques placé à +0 m. 4o au-dessus de ce même sol, donnant sur un 
escalier : 

La conduite d’eau était en briques cuites. Elle avait o m. 2 o de largeur. Sa profon- 
deur était de 0 m. i 5 . Sa direction et sa pente fort légère allaient d’ouest à l’Esl. 
Elle se plaçait à 1 mètre au sud du mur sud du Kiosque Sud. Sa partie conservée 
débutait sur la ligne de la façade des kiosques pour s’interrompre à 5 m. 5 o vers 
l’Est. 


59 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Le support de zirs consistait en une pierre en grès de 1 mètre sur 0 m. 35 en sur- 
face dans laquelle se trouvaient trois creux arrondis. L’angle nord-est de ce support 
se plaçait à 1 mètre à l’ouest du mur ouest du grand rectangle et à 1 m. 80 au sud 
du mur sud du Kiosque Sud. 

11 est possible de supposer que la conduite d’eau se déversait dans une cuve à l’Est 
qui pouvait alimenter les zirs et on pourrait se demander si nous n’avons pas là une 
installation d’eau pour une maison comprenant les deux rectangles des groupes 1 et 2. 

Le mur fait avec des demi-tambours de colonnes débutait contre la saillie de base du 
mur sud du Kiosque Sud à 1 m. 4 o de son angle sud-ouest et se dirigeait vers le sud, 
en obliquant légèrement à l’Est, par rapport au mur sud du Kiosque Sud, pour s’in- 
terrompre à 1 0 mètres au sud. 

Ces demi-tambours ont o m. 4 o de hauteur et un demi-diamètre de 0 m. 45 ce 
qui nous les fait regarder comme provenant des colonnes inachevées ou détruites de 
cette partie sud de la Cour Ouest dont le tracé sur les hases a un diamètre de o m. 90. 

I rois de ces demi-tambours remployés dans ce mur et se trouvant à son extrémité 
nord portaient des inscriptions grecques. L’une sur la tranche intérieure, inv. a462 
( Drioton , Inscriptions , 1926, fig. 7 7 ) , les deux autres sur la périphérie donnant Mswt ai 
sur le demi-tambour inv. 2463 et onou sur le demi-tambour, inv. 2/16/1. 

Le dallage en briques placé à + 0 m. 4 o au-dessus du sol de la Cour Ouest s’appuyait 
à l’ouest de ce mur fait avec des demi-tambours de colonnes. Son angle nord-est se 
trouvait à 2 mètres au sud du mur sud du Kiosque Sud. 

Ce dallage forme un carré de 1 mètre, limité au nord et au sud par des petits murs 
en Iniques de o m. 20 de largeur qui n avaient conservé que leurs assises inférieures. 

Sur le coté ouest de ce dallage se plaçait un escalier en grès, de marches ayant 
0 ni. e 5 de hauteur, atteignant, au sommet subsistant, le niveau du sol avant les 
fouilles qui se trouvait en ce point à +1 m. 4 o au-dessus du sol de la Cour Ouest. 

Les dalles de cet escalier, de 1 métré de longueur et de o m. 4 o de largeur, repo- 
saient sui de la terre, en débordant legerement les unes sur les autres pour laisser une 
largeur de marche de 0 m. 2 5. 

5 . Le groupe centre-ouest comprenait a 1 Est du mur fait avec des demi-tambours de 
colonnes un support de zirs au niveau du sol de la cour et une dalle en pierre à +0 m. 
00 au-dessus de ce sol, a 1 ouest un mur perpendiculaire à celui fait avec des demi-tam- 
bouis de colonnes, débutant au niveau +0 m. 60 au-dessus du sol de la cour. A ce 
derniei mui se rattachait au nord un dallage placé s -|-o m. 80 au-dessus du sol de la 
cour et au sud un autre mur nord-sud débutant également au niveau +0 m. 60 au- 
dessus du sol de la cour. Un demi-rectangle avec murs en briques cuites fut trouvé à 

o m. 2 0 sous le sol de la cour, sous 1 extrémité sud du second mur dégagé dans ce 
groupe. 

Le support de zirs se plaçait contre le mur fait avec des demi-tambours de colonnes 

8 . 


60 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


à 7 m. 20 au sud du mur sud du Kiosque Sud. Il consistait en une pierre en grès de 
o m. 90X0 m. 2 5 en surface avec trois creux ronds. 

La dalle en 'pierre à +0 m. 3 o au-dessus du sol de la cour fut trouvée au sud et à 
côté du support de zirs, s’appuyant contre le mur fait avec des demi-tambours de co- 
lonnes. Cette dalle avait o m. 80 X 0 m. 3 o. Elle devait servir de première marche à 
une entrée de maison placée à l’ouest du mur fait de demi-tambours de colonnes, 
limitée au nord par le mur perpendiculaire à ce dernier. 

Le mur perpendiculaire à celui fait avec des demi-tambours de colonnes débutait à 
o m. 20 au-dessus de ce dernier, à 7 m. 5 o au sud du mur sud du Kiosque Sud. Ce 
mur était fait en pierres remployées et non retaillées. 11 se dirigeait vers l’ouest et se 
perdait dans la partie du terrain non déblayé cette année. Il fut trouvé incliné vers le 
sud et en partie éboulé. L’une de ses pierres nous a donné le bas-relief romain, inv. 
225 7 (fig. 67 et p. 79). 

Ce mur avait o m. 60 de largeur sur 2 m. 70 de longueur. En ce point il formait 
un saillant de o m. 2 5 sur sa face nord et atteignait ainsi une largeur de 0 m. 85 
jusqu’en un point à k m. 80 où se trouvait un nouveau saillant de 0 m. 3 o sur sa 
face nord d’où il se continuait vers l’ouest dans la partie non fouillée cette année en 
une direction légèrement obliquée vers le nord. Ce mur était conservé en partie sur 
une hauteur de 0 m. 80, c’est-à-dire jusqu’au niveau du sol avant les fouilles. 

Le dallage placé à + 0 m. 80 au-dessus du sol de la cour était en pierre et s’ap- 
puyait à la face nord de l’extrémité oblique dégagée du mur perpendiculaire. 11 se 
perdait à l’ouest dans le sol non fouillé et s’interrompait au nord à o m. 70 du mur. 

Le mur nord-sud partait en angle droit de la face sud du mur perpendiculaire à 
k m. 5o de l’extrémité Est de ce dernier. 

Il débutait de même à + o m. 60 au-dessus du niveau de la cour et était également 
fait de pierres remployées non retaillées. Ni la longueur ni l’épaisseur de ce mur ne 
furent dégagées. 11 nous limite un espace de k m. 5 o que nous rattachons à la dalle 
en pierre placée à +0 m. 3 o au-dessus du sol de la cour sur la face Est du mur fait 
avec des demi-tambours de colonnes. 

Il nous semble donc avoir dans ce cinquième groupe deux maisons ayant comme 
mur mitoyen le mur perpendiculaire à celui fait avec des demi-tambours de colonnes. 
Le niveau du sol de ces maisons nous serait donné par le dallage placé à + 0 m. 80 
au-dessus du sol de la cour. 

Dans ce cinquième groupe nous avions la trace d’un niveau de —0 m. 20 sous le 
sol de la Cour Ouest avec un demi-rectangle dégagé de murs en briques cuites. L’angle 
sud-est de ce demi-rectangle se plaçait à i 4 m. 1 o à l’ouest du mur-pylône et à 3 
m. 20 au nord d’une ligne prolongeant le mur sud d’enceinte de la Cour Ouest. Ce 
demi-rectangle se développait sur 1 m. 5o du sud au nord et se perdait à l’ouest 
dans la partie non déblayée, à 0 m. 60 de distance. Ses murs avaient conservé deux 
assises de briques cuites posées de champ qui leur donnaient une épaisseur de o m. 1 5 . 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 61 

Cette forme rectangulaire de construction ne nous donne pas l’apparence d’un silo 
ou magasin. 

Ce rectangle se continuant sous le mur nord-sud nous ne pouvons le considérer 
comme une construction en sous-sol du bâtiment comprenant le mur nord-sud. 

Son niveau de — o m. 20, sous celui du sol de la Cour Ouest et de — o m. 80 sous 
la partie inférieure du mur nord-sud, nous posent à la fois le problème de deux cou- 
ches de constructions dans cet emplacement et le problème, si nous ne le considérons 
pas comme une construction de sous-sol, de la non existence d’un prolongement de 
la Cour Ouest jusqu’à cet emplacement. 

Ce groupe centre-ouest bien qu’avec des restes de constructions non entièrement 
dégagées est, peut-être, parmi toutes les installations postérieures à l’abandon du 
temple, le plus important car il nous pose par ses différents niveaux des problèmes 
d’ensemble : d’une part relativement aux installations copto-byzantines et d’autre part 
à la Cour Ouest du temple. 

Il ne nous a donné aucun objet pouvant le dater si ce n’est le bas-relief de style 
romain, inv. 2257 (fig. A7 et p. 79) qui, employé dans la construction du mur per- 
pendiculaire au mur fait avec des demi-tambours de colonnes, est évidemment anté- 
rieur à ces constructions. 

6. Le groupe sud-ouest nous a donné un seuil de maison établi dans le mur sud de 
la Cour Ouest, au-dessus de l’emplacement d’une base de colonne qui devait être 
enclavée dans ce mur, au niveau +0 m. 75 au-dessus du sol de la cour, fait avec une 
pierre remployée du mur, placée à plat et retaillée. Ce seuil de 1 mètre Xo m. 5 o 
donnait entrée à une petite salle dallée en briques, également au niveau + 0 m. 7b , de 
1 m. io X 1 m. 70, placée contre et au sud du mur sud de la Cour Ouest, avec des 
restes de murs en moellons et briques conservés à l’Est et au sud de cette salle, sur 
une hauteur de 0 m. 3 o (fig. 3 k). 

A l’ouest de cette petite salle se trouve un mur que nous n’avons pas dégagé, qui 
se place à + 0 m. 3 o au-dessus du niveau du sol de la Cour Ouest. Ce mur débute 
sur la ligne d’arrêt ouest du dallage de la petite salle et se dirige vers l’ouest. 

Ce sixième groupe également d’un dégagement insu disant au point de vue des 
constructions qui s’y trouvent, nous donne pourtant des éléments qui permettent de 
nous poser à nouveau le problème de deux époques de constructions : l’une avec la 
petite salle à +0 m. 75 , l’autre antérieure avec le départ de mur trouvé à + 0 m. 3o. 

Les installations de la partie sud de la Cour Ouest sont celles qui nous posent le 
plus de problèmes : d’une part elles nous donnent un nouveau type de constructions 
en petites pierres retaillées et d’autre part elles nous donnent des constructions à des 
niveaux différents. 


62 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


L’interprétation de ces constructions ne peut être que fort douteuse, pourtant je 
me permets de supposer que d’une part, dans les trois premiers groupes et au début 
du quatrième, il nous semble avoir au niveau du sol de la Cour Ouest un ensemble 



Fig. 3 Zi. — Restes d’un dallage en briques cuites et du seuil d’une petite salle copte 

INSTALLÉE À l’ EXTREMITE SUBSISTANTE DU MUR SUD d’eNCEINTE DE LA COUR OüEST. 

d’une maison avec deux salles construites en bel appareil, des dépendances avec une 
installation pour l’eau s’y rattachant, et que d’autre part, dans chacun des trois der- 
niers groupes il nous semble avoir l’indice de trois maisons a des niveaux supérieurs 
au sol de la Cour Ouest avec sous deux d’entre elles des traces de deux constructions 
antérieures. 

CONCLUSION SUR LES INSTALLATIONS COPTO-BYZANTINES. 

Les installations postérieures à l’abandon du temple ne nous donnent cette année 
que des maisons. La majorité de ces maisons semblent contemporaines de l’église copte 


63 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

trouvée l’an dernier, sauf quelques-unes d’entre elles, trouvées à la limite du terrain 
fouillé dans la partie sud-ouest qui peuvent nous laisser supposer une seconde couche 
d’installations. L’emplacement fournissant des traces de cette seconde couche d’instal- 
lations n’étant pas suffisamment fouillé je me réserve jusqu’à maintenant entièrement 
quant à la détermination de l’époque de cette seconde couche. Quant aux maisons 
contemporaines de l’église copte, trouvées cette année, elles ne nous livrent jusqu’à 
maintenant aucune date certaine. Les objets trouvés maintiennent l’époque supposée 
l’an dernier (cf. 1925, p. 26), c’est-à-dire probablement la fin du iv e siècle ainsi que 
certainement le v e siècle. 

Nous aurions donc, établi dans l’enceinte du temple W, aussitôt après son abandon, 
pendant l’époque du début de sa destruction : une église et un certain nombre de 
maisons. J’ai une tendance à considérer l’abandon du temple non pas à l’époque de 
Théodose le Grand mais antérieur à lui et plus rapproché de l’époque de Dioclétien. 

Cette date de début des installations postérieures à l’abandon du temple n’a rien 
de certain et reste à fixer. Ce qui paraît plus évident, c’est que, n’ayant rien, jusqu’à 
maintenant, de l’époque arabe, nous pouvons considérer que les installations dans 
l’enceinte du temple ont disparu avec la période byzantine. 

J’avais supposé l’an dernier ce début et cette fin pour l’église et les maisons instal- 
lées à l’intérieur du temple proprement dit. Les fouilles de celte année ne font qu’ap- 
puyer ces probabilités. L’élément nouveau quelles nous fournissent c’est la présence 
d’habitations de Grecs parmi ces installations dans l’enceinte du temple. 

Ces habitations de Grecs nous sont indiquées par les lampes inscrites et les mor- 
ceaux de décoration trouvés. Ces morceaux de décoration comprennent des débris de 
petits chapiteaux ioniens et un motif grec de palmettes, trouvés en grand nombre. 

Les inscriptions grecques trouvées cette année appuient indirectement cette consta- 
tation, car bien quelles puissent être toutes antérieures à l’abandon du temple elles 
nous indiquent que le site était fréquemment fréquenté par les Grecs juste au moment 
de l’abandon du temple et par là nous expliquent l’installation de Grecs sur le site 
après cet abandon. 

J’aurais une tendance à considérer les constructions d’appareil régulier comme étant 
celles de ces Grecs, car les éléments de décoration de style grec indiquent des maisons 
de construction soignée. 

Je m’excuse de m’être étendu sur la description minutieuse de ces installations, qui 
par leur état extrêmement détruit et par la pauvreté du mobilier trouvé peuvent 
donner une impression de peu d’importance; mais, pour la facilité d’interprétation du 
temple et pour la recherche des pierres provenant de ce temple, ayant été amené à 
détruire en partie ces installations, j’ai tenu à appuyer le plan que j’en donne par 


(l ' J’entends par cette expression trenceinte du temple» non pas i’enceinte sacrée non encore fouillée mais 
les cours et le temple proprement dit dégagés jusqu’à maintenant. 


64 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


des indications aussi précises qu’il m’a été possible de le faire afin de ne pas négliger la 
question historique du site de Médamoud sur laquelle nous n’avions avant les fouilles 
aucun renseignement. 

Des fouilles de plus grande envergure, principalement dans l’enceinte sacrée, qui 
nous paraît être le terrain le moins dévasté par la recherche désastreuse du sebakh, et 
aussi dans l’ensemble du Kôm, pourront un jour compléter ces maigres renseignements 
obtenus que je considère comme un simple point de départ pour l’histoire de Méda- 
moud après la disparition du culte de Montou. 


5. — EXTRAITS DU JOURNAL D’INVENTAIRE 
DONNANT LES PRINCIPAUX OBJETS TROUVÉS, AVEC CLASSEMENT PAR ÉPOQUES. 

(voir : pl. II, pour l'emplacement des différents numéros). 

L’Ancien Empire nous a donné, de même que l’an dernier (cf. 1935, inv. 7 4 , 
p. 3 o), une pierre calcaire avec morceau de bas-relief. Cette pierre a été utilisée 
parmi les matériaux des installations copto-byzantines : 

Inv. 1700 . — Morceau de calcaire avec partie de bas-relief de l’Ancien Empire, 
nous donnant le buste et la tête d’un homme qui semble faire le geste de charger un 
âne. Sa hauteur subsistante est de o m. 175, sa largeur de 0 m. 3 o et son épaisseur 
de 0 m. 1 1. Un des angles de cette pierre a été retaillé pour établir une encoche, ce 
qui me fait penser que cette pierre a été utilisée à nouveau dans une porte. Cette 
pierre a été trouvée dans le déblai à l’extérieur de l’angle sud-ouest du Kiosque 
Sud. 

Ce morceau d’une paroi de tombe de l’Ancien Empire ne paraît pas devoir provenir 
d’un monument de ce site et semble nous indiquer que pour la construction de cer- 
taines maisons copto-byzantines on n’a pas utilisé exclusivement des pierres du temple 
mais on a également apporté des pierres du dehors. 

Le Moyen Empire a continué à nous donner dans la Grande Cour du temple des 
statues brisées en granité bleu. A celles d’Usirtasen 111 s’en ajoute, cette année, une 
d’Usirtasen IL 

Les emplacements où elles furent trouvées nous indiquent, de même que l’an der- 
nier, que ces statues ont orné le temple ptolémaïque, qu’elles ont été brisées par les 
Coptes et que de nombreux morceaux ont servi dans les fondations des maisons coptes. 

Inv. 2021 . — Partie inférieure d’une statue assise d’Usirtasen II, en granité bleu, 
d’une hauteur subsistante de 0 m. 90, de o m. 60 de largeur et de 0 m. 90 d’épais- 
seur, brisée à la ceinture, les pieds subsistants mais le haut des jambes détruit, trouvée 


65 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

sur la façade du Portique dans la Grande Cour, devant l’espace entre les deuxième 
et troisième colonnes au nord de la porte centrale, à 1 mètre sous le niveau du dal- 
lage, détruit en cet emplacement (fig. 35 ). Le nom du dieu Montou est martelé. 



Fig. 35. — Partie inférieure d’une statue d’Usirtasen II, inv. 302 1. 


SU 


Inv. 1929 . — Massif de la partie inférieure d’une statue assise d’Usirtasen III, en 
granité bleu, ayant comme dimensions subsistantes : une hauteur de 1 mètre, une 
largeur de o m. 55 et une épaisseur de o m. 70. Elle est brisée à la ceinture 
et rongée sur les côtés. Il ne subsiste comme texte qu’une partie du haut de 
la colonne de texte à droite des jambes : 

Cette statue brisée a été trouvée au même emplacement que la précé- 
dente, inv. 3021, à 0 m. 5 o sous le niveau du dallage détruit en cet em- 
placement. 

Ces deux statues paraissent d’après l’emplacement de leur trouvaille, avoir orné le 
devant des côtés de la porte du Portique conduisant à la porte d’Aménophis II. Elles 
ont du être détruites par les coptes qui auraient laissé sur place les parties les plus 
lourdes et transporté ailleurs les débris des torses, bras et tètes. 

Fouilles de V Institut, t. IV, 1. 9 


66 


F. BISSON DE LA ROQUE. 

Un buste d’une autre statue d’Usirtasen III semble avoir été utilisé dans les fonda- 
tions d’un mur de l’installation copto-byzantine de la Grande Cour classée en la qua- 
trième portion (p. 5a) : 


If 



Fig. 36. — Buste d’Usirtasen ni, inv. i836. 


Le déblai nous a donné en 
divers emplacements des débris 
de statues en granité bleu et en 
granité rose. Parmi les débris en 
granité bleu je donne ici deux 
morceaux de siège d’Usirtasen III, 
un morceau de siège et un mor- 
ceau de socle avec débris d’in- 
scriptions et deux morceaux de 
figures : 


Inv. 1836. — Buste d’Usirtasen III assis, en granité bleu, brisé en oblique au cou 
et à hauteur du bassin, d’une hauteur subsistante de o m. 62 , d’une largeur aux 

épaules de 0 m. 54 et d’une é- 
paisseur à la poitrine de o m. 
32, y compris l’appui de la per- 
ruque. Le milieu de la ceinture 
porte gravé le cartouche (jjfj g J 
(fig. 36). 

Ce buste a été trouvé dans la 
Grande Cour, au niveau du dal- 
lage, à 3 m. 20 au sud de l’axe 
de cette cour et à 6 m. 20 à l’Est 
du mur-pylône. 


V 

Inv. 1702. — Eclat de granité bleu avec gravé j^j, ce qui nous donne un mor- 
ceau du siège d’une statue assise d’Usirtasen III. Les dimensions de cet éclat sont de : 
0 m. i4 en hauteur, 0 m. 12 en largeur et o m. 02 en épaisseur. Il fut trouvé dans 
le déblai au-dessus du dallage conservé à l’ouest de la façade du Kiosque Sud. 


, provenant d’un siège de statue 


Inv. 1712. — Éclat de granité bleu avec gravé ^ 

. 

dlJsirtasen III, ayant comme dimensions une hauteur de 0 m. 11 , une largeur de 
0 m. 55 et une épaisseur de 0 m. o65, trouvé dans la partie Est de la galerie sud 
de la Grande Cour. 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Inv. 2041. — Morceau de granité bleu nous donnant la fin d’une colonne 
du siège d’une statue, ayant comme dimensions subsistantes o m. 18 de 
hauteur, 0 m. 0 5 de largeur et d’épaisseur, trouvé dans la partie nord de 
la Grande Cour. 

Inv. 2040. — Morceau de socle de statue en granité bleu, portant gravé 
ül gp ayant comme dimensions subsistantes 0 m. 1 4 de hauteur, 

0 m. 2 4 de largeur et 0 m. 36 d’épaisseur, trouvé dans la partie nord de 
la Grande Cour. 


67 

de texte 


rüüil 

| I 

fa 

.ira 

m 


Inv. 2045. — Morceau d’une face de statue, en granité bleu, donnant le coin de 
l’œil et la partie de la pommette gauche, ayant 0 m. 08 x 0 m. 025, trouvé dans la 
partie nord de la Grande Cour. 

Inv. 2052. — Partie inférieure d’un visage de statue, en granité bleu, ayant 
0 m. i3xo m. 09 X 0 m. 07 , trouvée également dans la partie nord de la Grande 
Cour. 



Fig. 87. — Pierre calcaire avec cartouche d’Usirtasen III, remployée dans le dallage 
de la porte sud de la Grande Gour, inv. 2o5l. 


Outre ces débris de statues de la XII e dynastie nous avons trouvé une dalle en cal- 
caire avec cartouche d’Usirtasen III , remployée dans le dallage d’une porte du temple. 

Inv. 2051. — Pierre calcaire avec bande horizontale de texte ayant un cartouche 
d’Usirtasen III, brisée en quatre, d’une longueur totale de 2 m. 5o , de o m. 60 de lar- 
geur et de o 111 . 2 5 de hauteur : [pf JTn \ 7 TT P A — • J t * 

(fig. 87 ). Cette pierre a été trouvée dans le dallage de la porte sud de la Grande Cour. 


9 - 


68 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


De la XIII e dynastie nous avons trouvé une pierre, probablement linteau de porte, 
avec décoration incisée d’un travail peu soigné : 

Inv. 1795. — Pierre calcaire brisée , avec un cartouche de Sebek-em-saf I er , ayant 
o m. 38 de hauteur, o m. 70 de largeur et 0 m. 10 d’épaisseur, trouvée dans le 
groupe nord-ouest de la partie sud de la Cour Ouest (fig. 38). 

Nous avons dans le haut une extrémité de l’aile du disque ailé avec et en des- 
sous 

Cette pierre a été remployée dans les constructions copto-byzantines et deux atta- 
ches y ont été ajoutées. 



Fig. 38 . — Pierre calcaire avec un cartouche de Sebek-em-saf I er , inv. 1795. 


Le Nouvel Empire nous a donnéjégalement quelques pierres, pour la plupart rem- 
ployées dans des murs d’installations copto-byzantines. 

Inv. 1794. — Morceau de bas-relief de style du Nouvel Empire, sur plâtre sur 
une pierre calcaire, ayant o m. 60 de hauteur, o m. 3 7 de largeur et 0 m. 12 
d’épaisseur, donnant le bas d’un vautour qui tient le sceau dans ses griffes avec en 
dessous ainsi que l’arrière d’une figure royale avec la couronne du nord et 

derrière celle-ci : (<— *) -'fe- * — . . . 

Cette pierre a dû être employée dans le seuil d’une porte ainsi que semble l’indi- 
quer la retaille en cercle d’un des coins pour un emplacement de gond de porte. 

Elle fut trouvée dans le groupe nord-ouest de la partie sud de la Cour Ouest. 


69 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 


Inv. 1837. — Morceau d’un bloc en granité rose, avec, sur la seule face restée en 
partie polie, les cartouches d’Aménophis II. Les dimensions de ce bloc sont : 0 m. 58 
de hauteur, 0 m. ho de largeur et o m. 5i d’épaisseur. 

Il fut trouvé au niveau du dallage de la Grande Cour, à côté 
du numéro d’inventaire 1 836 , c’est-à-dire à 3 mètres au sud de 
l’axe de cette cour et à 6 mètres à l’Est du mur-pylône. 


I I 


v 


Inv. 1869. — Le sommet d’un morceau de bloc en granité rose, 
donnant sur un des deux côtés qui sont restés en partie polis une 
portion d’un vautour avec au-dessus : (— - ») 

1 f AvwwA I 1 

au-dessous J | 

Les dimensions de ce bloc sont : 0 m. ho de hauteur, 0 m. 3o de largeur et 0 m. 


ïîï 


55 d’épaisseur. 

II fut trouvé à l’angle nord-est du sommet subsistant d’un mur copte , fait de ma- 
tériaux divers remployés, bouchant la porte sud de la Grande Cour (p. 52 et la fig. 1 6 
donnant la pierre en place). 



Fig. 39. — Pierre de style d’Aménophis IV, inv. 1776. 


Trois pierres de petites dimensions, remployées dans les murs d’installations copto- 
byzantines, de construction soignée, des groupes 1 et 2 de la partie sud de la Cour 
Ouest, nous donnent sur l’une de leurs faces une décoration du style d’Aménophis IV : 

Inv. 1776. — Morceau de grès avec figuration de deux personnages osiriens et 
extrémités de rayons solaires terminés par des mains, ayant o m. 16 de hauteur, 0 
m. 5i de largeur et 0 m. 16 d’épaisseur (fig. 3g). 



70 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Cette pierre a été trouvée dans le couloir entre le grand et le petit rectangle des 
groupes 1 et 2 de la partie sud de la Cour Ouest. 

Inv. 2410 . — Morceau de grès ayant o m. 21 de hauteur, 0 m. 48 de largeur et 
o m. 2 4 d’épaisseur, donnant sur l’une des faces une scène d’intérieur, gravée au trait 
léger de style amarnien (fig. 4o). 



Fig. 4o. — Pierre de style amarnien, inv. s4io. 


Inv. 2411 . — Morceau de grès ayant o m. 2 3 de hauteur, o ni. 53 de largeur et 
o m. 27 d’épaisseur, donnant sur l’une des faces également une scène d’intérieur, de 
gravure semblable et de même style que le précédent. 

Ces d eux pierres, trouvées vers le centre de la partie sud de la Cour Ouest, sem- 
blent par leurs dimensions provenir des murs en petit appareil des rectangles que 
nous donnent les groupes 1 et 2 de la partie sud de la Cour Ouest. 

Je me demande si ces pierres de style d’Aménophis IV proviennent de ce site de 
Médamoud ou si elles furent prises à Karnak où l’on trouve un très grand nombre 
de pierres de ce type qui doivent provenir du temple d’Aménophis IV trouvé au prin- 
temps 1926 par M. Chevrier à l’Est de l’enceinte du temple d’Amon. 

Dans ce dernier cas elles nous indiqueraient que les murs des installations copto- 
byzantines de construction soignée, ci-devant mentionnés, ont été en partie faits avec 
des pierres amenées du dehors (p. 57 et 58 ). 

Du premier temple construit en grès sur ce site, à l’époque des Séti et des premiers 
Ramsès nous ne retrouvons que fort peu de pierres si ce n’est dans la porte de Tibère 


71 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

qui contient un bon nombre de pierres de Séti I er et de Ramsès II. Le déblai de cette 
année nous a donné un fragment de colonne de ce temple : 


Inv. 2457 . 

3i de hauteur et 1 m. 20 de diamètre 


Fragment de colonne en grès avec cartouche de Séti II, ayant 0 m. 

(fig. 61). 




Cette pierre a été trouvée dans le trou du dallage du Kiosque Sud. 



Fig. 4 i. — Fragment de colonne en grès de Séti II, inv. 3657. 


PIERRES PROVENANT D’UNE CONSTRUCTION DE PTOLÉMÉE III : 

Inv. 2469 . — Bas-relief de Ptolémée III sur une grande pierre en grès, remployée 
comme dalle de plafond de la crypte, ayant 2 m. 69 de longueur, o m. 32 de hau- 
teur et o m. 89 d’épaisseur, décrite à la page i 3 (fig. 9). 

Nous avons trouvé également de ce même Ptolémée d’autres pierres remployées 
dans les fondations de l’autel de la Grande Cour (p. 26 et fig. 22,23 et 24 ) et dans 
celles du mur sud d’enceinte (p. i 3 ). 

PIERRES PROVENANT DU TEMPLE PTOLÉMAÏQUE ET ROMAIN. 

Le déblai des Kiosques Sud et Médian nous a donné, parmi les nombreuses pierres 
provenant de la décoration de ces kiosques, avec lambeaux d’inscriptions des parois 
murales qui seront publiées par la suite* 1 ), une première série qui a pu nous établir 
un type de corniche hatorienne* 2 ) signalée plus haut (p. 36 ), une seconde série com- 
posée de débris de colonnes appliquées avec texte* 3 ) donnés par Drioton, Inscriptions, 

m Inv. ig 34 à 1937, 1940 à 1944, 1946 à 1966, 1974 à 1977, 1989, 1991 à 1996, 1999 à 2019, 
2409 et ü 43 o. Les n 0 ’ 2409 et 243 o nous donnent des morceaux de reliefs du dieu Khonsou, les n" 1994 
et 2017 mentionnent la ville Iamou, J | | © (également sur la statue de Minmosé, inv. 21 35 , Drioton, 
Inscriptions , 1926, p. 54 ) et le dernier numéro signale en plus la ville e q ■ 

(5) Inv. 1933, 1971 à 1973, 1981 à 1986 et 1990. 

(3) Inv. 1877 à 1894, 1896 à 1898 et 1945. 


72 F. BISSON DE LA ROQUE. 

1926 , p. 68 , auxquelles j’ajoute ici une troisième série provenant (l’une frise d’u- 
raeus : 

Inv. 2458. — Morceau de frise d’uræus couronnés du disque solaire, en grès, de 
o m. 19 d’épaisseur, conservée sur une hauteur de 0 m. 63 qui doit en donner les 
quatre cinquième de la hauteur réelle et sur une longueur de 0 m. 9 5 que l’on peut 
considérer comme la longueur légèrement ébréchée cl’une des pierres de ce sommet 
de corniche (p. 3i). 

Ce morceau de frise d’uræus a été trouvé dans le trou du dallage du Kiosque Sud. 

Quatre autres morceaux, plus détruits, de ce même type de frise ont été trouvés 
dans le déblai du Kiosque Sud : inv. 1987 , 1988 et 2337 . 

II est vraisemblable de supposer que cette frise couronnait les architraves des kios- 
ques à ciel ouvert. 

Outre ces trois séries de débris des murailles des Kiosques Sud et Médian je signale 
également ici trois fragments de cartouches avec Autocrator trouvés dans le déblai : 

Inv. 2009. — Morceau de grès de teinte foncée, ayant 0 m. 1 1 de hauteur, 0 m. 38 
de largeur et 0 m. 2 3 d’épaisseur, portant le cartouche Autocrator, «— • | , 

trouvé dans le déblai du Kiosque Sud. 

Inv. 2434. — Moi’ceau de grès, ayant o m. i5 de hauteur, o m. 23 de largeur 
et 0 m. 27 d’épaisseur, portant le début du cartouche Autocrator, 1'=' (-.^Cjjjjj, 
trouvé dans le déblai du Kiosque Médian. 

Inv. 2435. — Morceau de grès, ayant o m. 12 de hauteur, o m. 26 de largeur et 
0 m. 2 3 d’épaisseur, portant une partie du cartouche Autocrator, trouvé dans le déblai 

I ! 

du Kiosque Médian : J | ^ | . 

1 iiiii 1 

Ces trois morceaux confirment le travail de décoration ajoutée à ces kiosques à 
l’époque romaine (p. 35) mais je signale à nouveau ici que l’ensemble de la décora- 
tion de ces kiosques n’est pas, d’après le style, postérieure à Ptolémée XIII dont les 
cartouches sont du reste conservés sur plusieurs murs de ces kiosques (p. 33 ). 

Dans le Kiosque Nord nous avons trouvé des pierres provenant probablement des 
murailles de ce kiosque en partie détruites, d’une part dans les murs copto-byzantins 
(p. 56, fig. 33) et d’autre part dans le déblai de l’ensemble du kiosque. 

Parmi ces pierres l’une d’elles portait des restes de dorure, inv. 1875 , deux autres 
donnent le cartouche de Ptolémée XIII, inv. 2 446 et 2449 , une autre donne un car- 
touche avec titres romains qui peuvent indiquer l’empereur Claude, inv. 2 352 et trois 



73 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

autres, inv. 245o, 2452 et 2453 semblent pouvoir se rassembler les unes au-dessus 
des autres avec à la partie supérieure celle inventoriée 2 44g (Drioton, Inscriptions, 
1926 , p. 70 ). L’une de celles-ci, inv. 2453 nous donne probablement la tête du 
dieu Montou , sous forme de faucon : 

Inv. 1875. — Morceau de grès, ayant 0 m. 06 de hauteur, 0 m. 07 de largeur et 
0 m. 08 d’épaisseur. Ce morceau portait des restes de dorure sur parcelle conservée 
d’une bande décorée de traits verticaux incisés. H fut trouvé dans le déblai du Kios- 
que Nord. 


Inv. 2352. — Morceau de grès, ayant 0 m. 39 de hauteur, o m. 16 de largeur et 
0 m. 2 3 dépaisseur, donnant dans un cartouche les titres de César Auguste Germa- 

où il faut, sans doute, 


nicus Autocrator, j 


( 




S 

t£J. 


:M-v 


voir l’empereur Claude. Ce morceau provient du déblai du Kiosque Nord. 


Inv. 2446. — Morceau de grès, ayant 0 m. 24 de hauteur, 0 m. 81 de largeur 
et 0 m. 69 d’épaisseur, donnant une partie du disque ailé avec au-dessous le cartou- 
che de Ptolémée XIII, <— 

byzantin qui traversait complètement le Kiosque Nord (p. 55 et fig. 33, au troisième 
plan). Il paraît, par sa décoration portant le disque ailé, avoir fait partie d’une bande 
du sommet d’un des tableaux situés entre les colonnes. 


. Ce morceau provient du mur copto- 


Inv. 2449. — Morceau de grès, ayant 0 m. 42 de hauteur, 0 m. 63 de largeur et o 
m. 55 d’épaisseur, donnant le cartouche de Ptolémée XIII, ^ ^ PŸ ü U» H’ 

Ce morceau provient du même mur copto-byzantin cité ci-devant. 

Inv. 2450. — Deux morceaux de grès, dont l’un a 0 m. 44 de hauteur, 0 m. 35 
de largeur et o m. 82 d’épaisseur et l’autre 0 m. 20 de hauteur, o m. 3o de largeur 
et o m. 4i d’épaisseur. Ces morceaux se raccordant sur un côté, nous donnent en 
bas-relief le haut d’un buste de roi recevant l’accolade d’une divinité dont la partie 
conservée va du cou au bas du bassin (fig. 33). 

Le roi serait Ptolémée XIII dont le cartouche est donné sur la pierre de l’inv. 244g 
qui paraît se rattacher à un même ensemble (Drioton, Inscriptions, 1926 , p. 71 ). 

Le dieu paraît devoir être Montou, à tête de faucon, dont la tête est donnée par 
la pierre inv. 2453 ci-après mentionnée. 

Inv. 2452. — Morceau de grès, ayant o m. 48 de hauteur, 0 m. 74 de largeur 
et 0 m. 72 d’épaisseur, donnant en relief un faisceau de plantes et la fin de deux lignes 
horizontales d’hiéroglyphes. Ces morceaux, inv. e45o et 2 452 proviennent du même 
mur copto-byzantin cité ci-devant (fig. 33). 

Fouilles de l’ Institut, t. IV, 1. 


10 


1k 


F. BISSON DE] LA ROQUE. 

Inv. 2453. — Morceau de grès, ayant o m. 46 de hauteur, o m. 77 de largeur 
et 0 m. 5 1 d’épaisseur, donnant la tête de faucon couronnée du disque et de la double 
plume amonienne, provenant du mur copto-byzantin qui traversait complètement le 
Kiosque Nord (fig. 33 ). 

Nous avons, peut-être, ici une des images du dieu Montou. 


Le déblai de la partie sud de la Cour Ouest nous a donné une pierre portant le 
titre d’Autocrator et le nom du dieu Montou dans deux cartouches placés l’un à côté 
de l’autre : 

Inv. 2468. — Morceau de grès, provenant d’une corniche, ayant 
o m. 35 de hauteur, 0 m. 98 de largeur et 0 m. 49 d’épaisseur, 
donnant Autocrator et Montou dans des cartouches* 1 ) : 




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1 * 1 


CRAPAUDIN ES. 


L’an dernier nous avions trouvé dans le déblai des crapaudines en granité rose du 
type dont je donne ici un exemplaire : 

Inv. 150 . — Un creux de faible profondeur, formé de quatre lignes incurvées 
inscrites dans un rectangle de 0 m. 07 Xo m. o 65 , dans une face d’un bloc en gra- 
nité rose rongé de 0 m. 2 5 au carré et de 0 m. 20 
de hauteur, trouvé dans la Section Est-Sud du 
temple proprement dit (fig. 42). 

Cette année d’autres crapaudines, en granité 
rose, du même type, ont été trouvées : 

Inv. 1822 . — Un bloc de o m. 10 de hauteur 
et de 0 m. 2 5 de diamètre. 

Inv. 1823. — Un bloc de o m. o4 de hauteur 
et d’une surface de o m. 10 au carré. 

L’un et l’autre trouvés dans le déblai du sud- 
ouest de la Grande-Cour. 

Inv. 2237 . — Un bloc de 0 m. o 5 de hauteur et d’une surface de 0 m. 10X0 m. 09 
sur laquelle se trouve un creux arrondi peu prononcé, provenant de la partie sud de 
la tranche Est du fond du temple. 

(1) Un petit morceau de grès, inv. 2277, ayant o m. 1 4 de hauteur, o m. 17 de largeur et 0 m. i 3 d’é- 
paisseur, nous donne un fragment du début d’un cartouche monumental de Montou. Un autre morceau de 
grès, inv. 2349, a y a °l o m. 17 de hauteur, o m. $5 de largeur et o m. i 4 dépaisseur, semble être un des 
compléments de ce cartouche de grandes dimensions. Ces deux morceaux proviennent de la partie nord de 
la Cour Ouest. 



Fig. hù. 

CrAPADDINE EN GRANITE ROSE, inV. l5o. 


75 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Une crapaudine en granité rose de ce même type a été trouvée en place pour le 
battant nord de la porte médiane de la Grande Cour. Elle est établie dans un gros 
bloc et donne un creux de faible profondeur, formé de quatre lignes incurvées inscrites 
dans un carré de o m. 075 (p. 2 3 ). 

Ce type de crapaudine en granité rose paraît avoir 
été d’un usage courant dans le temple ptolémaïque. 

Nous avons trouvé, d’un même type, deux crapau- 
dines en bronze dont une d’elles est enchâssée dans 
du plomb. 

Inv. 1927 . — Crapaudine en bronze de 0 m. 02 
d’épaisseur, formée de quatre lignes incurvées ins- 
crites dans un carré de 0 m. 075 (fig. 43 et p. 2 3 ), 
trouvée non en place mais dans le déblai de l’em- 
placement réservé pour le gond du battant sud de 

1 1 u Crapaudine en bronze, inv. 1927 . 

la porte médiane de la Grande Cour. 

Inv. 2039 . — Crapaudine en bronze, du même type, inscrite dans un carré de 
0 m. og5, enclavé dans du plomb formant un carré de o m. i 4 ayant une épaisseur 
totale de 0 m. o 4 dont o m. o 3 pour le plomb, trouvée dans le déblai de remplace- 
ment du gond du battant nord de la partie nord de la Grande Cour. 

Ces crapaudines en bronze dont l’une d’elles, inv. 1927, formait pendant à une 
crapaudine en granité rose , paraissent être d’une époque de réparation des portes et 
doivent être de mode romaine. 

Les maisons copto-byzantines semblent nous avoir donné un exemplaire de leurs 
plus belles crapaudines : 

Inv. 2418 . — Crapaudine en calcaire dur d’une cavité de 0 m. 16 de diamètre et 
de 0 m. i5 de profondeur dans un bloc de o m. 4 e de diamètre, trouvée dans le 
déblai du centre de la partie sud de la Cour Ouest. 

Nous avons ainsi à Médamoud les diverses transformations de crapaudines aux dif- 
férentes époques : la crapaudine en granité à l’époque pharaonique, la crapaudine en 
bronze à l’époque romaine et le retour à la crapaudine en pierre mais en une matière 
moins dure à l’époque copte. 

FRAGMENTS DE COLONNES CANNELÉES EN GRES : 

Inv. 2294 . — Morceau de grès, ayant o m. 12X0 m. 28X0 m. 3 i, avec can- 
nelure de 0 m. 0 5 , provenant de la partie nord de la Cour Ouest. 

Inv. 2340 . — Morceau de grès, ayant 0 m. 22X0 m. 28X0 m. 24 , avec can- 
nelure de 0 m. o 65 , provenant du déblai du Kiosque Sud. 



76 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Inv. 2364 . — Morceau de grès, ayant o m. 27X0 m. 47X0 m. 3 i, avec can- 
nelure de 0 m. o 65 , provenant du déblai du Kiosque Nord. 

Inv. 2372 . — Morceau de grès, ayant 0 m. 23 X 0 m. 37X0 m. 33 , avec canne- 
lure de 0 m. 65 , provenant de la partie nord de la Cour Ouest. 

Ces quatre morceaux sont trop fragmentaires pour nous fournir le diamètre de ces 
colonnes cannele'es dont j’ignore l’emplacement et l’époque. 

TÊTE DE GAZELLE EN BRONZE : 

Inv. 1729 . — Tête et cou de gazelle en bronze, ayant o m. 06 de hauteur. Une 
des oreilles est brisée et les cornes sont ébréchées. Cet objet provient de la région Est 
de la partie sud de la Cour Ouest (fig. 56 ). 

Cette tête de gazelle se trouve maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 
i2 9 55). 

Elle paraît être, par le style, de l’époque du temple mais elle a du faire partie du 
mobilier des installations copto-byzantines. 

MONUMENTS GRÉCO-ROMAINS. 

Les fouilles de cette année nous ont donné une série d’inscriptions grecques qui 
sont étudiées par Drioton, Inscriptions , 1926, un autel gréco-romain, inv. 2445 et 
un bas-relief, inv. 2257, de style grossier mais intéressant. 

Inv. 1720 . — Stèle grecque en grès dont la partie supérieure est arrondie, ayant 
0 m. 365 de hauteur maxima, 0 m. 29 de largeur et 0 m. 075 d’épaisseur, du i 3 
phaménôth de l’année ~ du règne associé de Cléopâtre III et de Ptolémée XI Alexan- 
dre, qui correspond ail 3 o mars io 5 du calendrier Julien. 

Les lettres gravées sont peintes au carmin. 

Cette stèle fut trouvée sur le dallage de la galerie sud de la Grande Cour (Drioton, 
Inscriptio 7 is , 1926, p. 72 et fig. 27). 

Elle se trouve maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12929). 

Inv. 1870 . — Le haut d’une stèle grecque rectangulaire, ayant 0 m. 445 de hau- 
teur subsistante, o m. 39 de largeur et o m. 32 d’épaisseur subsistante, brisée en 
deux (Drioton, Inscriptions, 1926, p. 74 et fig. 28) trouvée dans la partie inférieure 
de l’angle sud-est du mur copte bouchant la porte sud de la Grande Cour (fig. 16). 

Elle se trouve maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12928). 

Inv. 2092 . — Inscription grecque sur deux morceaux de grès en partie décomposé, 
d’un ensemble subsistant ayant 0 m. 34 de hauteur, o m. 45 de largeur et 0 m. 5o 
d’épaisseur (Drioton, Inscriptions, 1926, p. 74 et fig. 29) trouvée dans le mur copte 
bouchant la porte sud de la Grande Cour (fig. 16). 


77 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Inv. 2093 . — Inscription grecque (Drioton, Inscriptions, 1926, p. 76 et fig. 3 o) 
sur pierre en grès, remployée, ayant sur une des faces de côté des restes de décora- 
tion de soubassement papyriforme et au sommet des parties creusées pouvant laisser 
supposer un socle (fig. 44 ). Cette pierre a o m. 2 5 de hauteur, 0 m. 45 de largeur 
et 0 m. 52 d’épaisseur. Elle fut trouvée dans le déblai au-dessus de la partie subsis- 
tante en substructure de l’angle nord-ouest du mur-pylône. 



Fig. hh . — Sommet d’une pierre avec inscription grecque, inv. 2098. 


Inv. 2094 . — Socle en calcaire d’une statue qui devait être en bronze, d’après deux 
creux pour des pieds au sommet. Ce socle a 1 m. 1 o de hauteur, o m. 92X0 m. 62 
à la base et 0 m. 75X0 m. 55 au sommet où se trouve une petite corniche. Sur 
l’une des larges faces est gravée en lettres peintes au carmin une inscription grecque 
d’un nommé M6AAC, 6IPHNAPXHC du nome, en l’an 8 de Dioclétien et en l’an 7 de 
Maximin (Drioton, Inscriptions, 1926, p. 77 et fig. 3 i). 

Ce socle fut trouvé dans la partie sud du mur copte bouchant la porte du Kiosque 
Nord (fig. 3 1). 

Inv. 2462 . — Demi-tambour de colonne en grès, portant une inscription grecque 
sur la face interne (Drioton, Inscriptions, 1926, p. 77 et fig- 32 ), ayant 0 m. 42 de 
hauteur et un diamètre de 0 m. 91. La hauteur des lettres est de 0 m. 07. 

Cette pierre fut trouvée à l’extrémité nord du mur copto-byzantin fait avec des 
demi-tambours de colonnes dans la partie sud de la Cour Ouest. 


78 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Inv. 2463. — Demi-tambour de colonne en grès, portant M6CÜTAI sur la périphé- 
rie, ayant o m. 42 de hauteur et un diamètre de o m. 89 . La hauteur des lettres est 
de o m. 65. 

Cette pierre fut trouvée dans la partie nord du même mur cité di-devant. 



Fig. 65. — Autel gréco-romain, inv. a445. 


Fig. 46. — Autel gréco-romain, inv. a645. 


Inv. 2464. — Demi-tambour de colonne en grès, portant COTAI sur une des extré- 
mités de la périphérie, ayant 0 m. 45 de hauteur et un diamètre de 0 m. 91 . La 
hauteur des lettres est de 0 m. o4. Cette pierre provient du même mur ci-devant 
cité. 

Elle semble nous indiquer par la position du mot grec coupé que l’inscription fut 
faite à une époque où le demi-tambour était en place dans la colonne, contrairement 
à l’inscription, inv. 2462 , faite une fois la colonne démontée. 

Inv. 2474. — Ostracon avec inscription en cursive grecque, ayant 0 m. o5 de 
hauteur, o m. 08 de largeur et 0 m. 006 d’épaisseur : J Ta y< 6 a§§§ ... , . . .wSwpov. 
Cet ostracon provient de la région centrale de la partie sud de la Cour Ouest. 

Inv. 2445. — Autel gréco-romain en grès, dont la partie inférieure du socle est 
brisée (fig. 45 et 46). Le socle a o m. 3o au carré et subsiste sur une hauteur de 


79 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

0 m. 37 . Sur ce socle et faisant corps avec lui se trouve une cuve dans un support, 
formant une hauteur de 0 m. 4o. La cuve a un diamètre de 0 m. 4i au sommet et 
une profondeur de 0 m. 10 . 

Cet autel fut trouvé en position renversée dans le déblai à l’ouest du Kiosque Nord. 



Inv. 2257. — Bas-relief en grès, brisé en deux, ayant dans son ensemble 0 m. 77 
de longueur avec une hauteur de o m. 4o et une épaisseur de 0 m. i5. 

Ce bas-relief nous donne quatre personnages vus de face, assis à l’orientale , imberbes 
avec cheveux détachés formant auréole, vêtus de toges à larges plis, avec positions 
différentes des bras, dont les mains tiennent divers objets non identifiés (fig. 47 ). 

Ce bas-relief fut trouvé parmi les pierres du mur copto-byzantin , perpendiculaire 
au mur fait avec des demi-tambours de colonnes, dans la partie sud de la Cour Ouest. 
Il se trouve maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12925 ). 


MOBILIER DES INSTALLATIONS COPTO-BYZANTINES. 

Lampes en terre cuite avec inscriptions grecques : 

Inv. 1739. — Lampe vernissée rouge, de forme allongée, anse brisée, portant le 
nom de Saint Léonce; d’un côté A60NTI0V, de l’autre TOV AflOV (fig. 48). 


80 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Cette lampe provient du déblai du petit rectangle du groupe médian ou deuxième 
groupe de la partie sud de la Cour Ouest (p. 58 ). Elle est maintenant au Musée du 
Louvre (n° d’entrée : E. 12935). 

Inv. 1913 . — Lampe de forme arrondie, avec anse, portant le nom de Sainte 
Eusébie : H ATIA EVC6B6IA + (fig. 48 ). Cette lampe provient de la partie nord de la 
Cour Ouest (p. 56 ). Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 129/19). 



Fig. 48 . — Lampes en terre cuite : 
de gauche à droite, inv. i 85 a — 1902 d. — 764 — 1747 
1 85 1 — 2024 — 1696 
1 7^9 — i 85 o — 191.3 — 2025 

Inv. 2025 . — Lampe de forme ronde, avec anse, portant la devise te Grand (est) 
le nom de Dieun : M6T A ONOMA TOV 060 V (fig. 48 ). 

Cette lampe provient de la première portion de la Grande Cour (p. 5 o). Elle est 
maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12951). 

Lampes en terre cuite avec inscriptions coptes : 

Inv. 1850 . — Lampe de forme ronde, avec anse, portant AnABlKTOüP (fig. 48 ). 

Cette lampe provient de la maison au chandelier, c’est-à-dire de la cinquième por- 
tion de la Grande Cour (p. 52). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12944). 

Inv. 2024 . — Lampe de forme ronde, anse brisée, portant le nom de Saint Phi— 
bamos : + TOV ATIOV AriA 01BAMOV + (fig. 48 ). 


81 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Cette lampe provient de la première portion de la Grande Cour (p. 5 o). Elle est 
maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12950). 


Lampes en terre cuite avec grenouilles : 

Inv. 1741 . — Grosse lampe recouverte de plâtre, avec une grenouille en relief 
dont le corps sans les pattes est parsemé de points en reliefs (fig. 4 g). 

De même provenance qu’inv. 1789 (p. 79). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12937). 


Fig. 49. — Lampes en terre cuite : 

de gauche à droite, inv. 2 i 42 — 1740 — 1743 — 1093 

1744 — 2082 — 83 
1741 — 1807 — 1742 — 1849. 



Inv. 1742 . — Lampe moyenne recouverte de plâtre, avec une grenouille en relief 
dont le corps est parsemé de points creusés (fig. 49). 

De même provenance qu’inv. 1789 (p. 79). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12938). 

Inv. 1743 . — Petite lampe avec une grenouille traitée en forme de croix (fig. 4 g). 
Cette lampe provient du déblai du grand rectangle, c’est-à-dire du groupe nord-est 
ou premier groupe de la partie sud de la Cour Ouest (p. 58 ). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12939). 

Fouilles de l’Institut, t. IV, 1. 11 


82 


F. B1SS0N DE LA ROQUE. 


Inv. 1807. — Lampe moyenne recouverte de plâtre, avec une grenouille en relief 
dont le corps est parsemé de points creusés (fig. âg). 

Cette lampe provient du déblai de la troisième portion de la Grande Cour (p. 5 1 ). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 129 / 12 ). 

Inv. 1849. — - Grosse lampe vernissée rouge, de forme allongée, avec petite gre- 
nouille encerclée d’un motif de ronds et losanges, avec points à l’intérieur, s’inter- 
calant aux rentrants et sortants d’une ligne ondulée. Cette décoration est en relief 

( fi g- 4 9 ). 

Cette lampe provient de la maison au chandelier (p. 52 ). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 129 / 13 ). 

Lampes en terre cuite de forme ronde. 

Inv. 1901. — Trois lampes rondes, ornées d’un cercle formé de points creusés, 
avec légère proéminence tenant lieu d’anse. Elles proviennent de la partie ouest du 
Kiosque Nord (p. 56). 

Inv. 1902. — Quatre lampes rondes, avec légère proéminence tenant lieu d’anse. 
L’une d’elles, inv. 1902 d, est donnée sur la figure 48 et se trouve maintenant au 
Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 1 29 / 18 ). 

Même provenance qu’inv. 1901 . 

Inv. 1914. — Deux lampes du même type, provenant de la partie nord de la Cour 
Ouest (p. 56). 

Lampes en terre cuite de forme allongée : 

Inv. 1696. — Lampe avec anse et décoration de cercles et barres en relief (fig. 48), 
provenant du déblai à l’ouest de l’angle sud-ouest du Kiosque Sud. 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12934 ). 

Inv. 1740. — Lampe dont l’anse est brisée, décorée dans la partie centrale en 
creux de deux lions et de deux croix en relief et sur le pourtour de cette partie cen- 
trale de points et barres également en relief (fig. 4g). 

Cette lampe provient du déblai du petit rectangle, c’est-à-dire du deuxième groupe 
de la partie sud de la Cour Ouest (p. 58). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12936 ). 

Inv. 1744. — Lampe ayant une légère proéminence tenant lieu d’anse, avec une 
décoration en relief composée de barres en étoiles dans la partie centrale et de grains 
le long de lignes ondulées sur le pourtour de la partie centrale (fig. 49 ). 


83 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Cette lampe provient du déblai du grand rectangle, c’est-à-dire du premier groupe 
de la partie sud de la Cour Ouest (p. 58). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 1 2940 ). 

Inv. 1745. — Lampe vernissée rouge, dont l’anse est brisée, avec ornements en 
cercle interrompus. 

De même provenance qu’inv. 1744 . 

Inv. 1746. — Lampe avec anse brisée et décoration rongée. 

De même provenance qu’inv. 1^44. 

Inv. 1748. — Lampe vernissée rouge, de même provenance qu’inv. 1744 . 

Inv. 1851. — Lampe avec rétrécissement vers le bec et anse, décorée de petits 
cercles en relief (fig. 48). 

Cette lampe provient de la maison au chandelier (p. 52). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12945 ). 

Inv. 1853. — Lampe de même type, en partie brisée, et de même provenance 
(p. 52). 

Inv. 1900. — Lampe avec légère proéminence tenant lieu d’anse. 

Elle provient du déblai du Kiosque Nord (p. 56). 

Lampes en terre cuite de forme haute : 

Inv. 1747. — Lampe vernissée rouge, avec bec proéminent et anse, sans décora- 
tion (fig. 48). 

Cette lampe provient du grand rectangle, c’est-à-dire du premier groupe de la partie 
sud de la Cour Ouest (p. 58). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 1 294 1 ). 

Inv. 1852. — Lampe avec bec proéminent et anse, sans décoration (fig. 48). 

Cette lampe provient de la maison au chandelier (p. 5a). 

Elle est maintenant au Musée du Louvre 6 ) (n° d’entrée : E. 12946 ). 

Principaux vases décorés en terre cuite : 

Inv. 1694. — Vase à une anse, décorée de dessins rouges et noirs sur fond jaune, 
dont le col et l’anse sont brisés, ayant une hauteur subsistante de 0 m. 20 , un 

(1) Inv. 83 , Lampe trouvée l’an dernier (cf. 1925, p. 61) également au Musée du Louvre (n° d’entrée : 
E. 12930) et donnée sur la figure 49. 


84 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


diamètre maximum de o m. i3, un diamètre de base de o m. 08 et un diamètre 
au départ du col de o m. o3 (fig. 5o). 

Ce vase provient du déblai à l’ouest de la partie sud de la façade ouest du Kiosque 
Sud. 



Vase jaune, décor rouge et noir, inv. 1694. 



Fig. 5i. 

Vase jaune, décor rouge et noir, inv. 1710. 


Inv. 1710. — Vase à deux anses, décoré de dessins rouges et noirs sur fond jaune, 
dont le sommet du col est ébréché, ayant une hauteur de o m. i4, un diamètre ma- 
ximum de 0 m. 1 0 , un diamètre de base de o m. 06 et un diamètre de départ de col 
de o m. o3 (fig. 5i). 

Ce vase provient du déblai de la seconde portion de la Grande Cour (p. 5i). 

Inv. 2027. — Vase sans anses, décoré de dessins noirs sur fond rouge, dont une 
partie du col est brisé, ayant une hauteur subsistante de o m. i4, un diamètre ma- 
ximum de 0 m. i4 à o m. 07 de hauteur, un diamètre de base de o m. o5 et un 
diamètre de départ de col de o m. o3 (fig. 5a). 

Ce vase provient du déblai de la première portion de la Grande Cour (p. 5 1 ). 

Décoration byzantine : 

Un certain nombre de morceaux de pierres en grès, trouvées cette année dans le 
déblai des installations postérieures à l’abandon du temple, donnent des fragments de 
petits chapiteaux avec volutes et branches de feuillage ainsi que des débris de vases et 
d’autres pierres ornées où se trouvent également des branches de feuillage de facture 
grecque. 

Ces pierres nous donnent des éléments d’une décoration que je considère comme 
d’époque byzantine : 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 


85 


Morceaux avec volutes : 

Inv. 1808. — Morceau d’un chapiteau donnant une volute et une branche de feuil- 
lage, en grès, ayant o m. 16 de hauteur, o m. i4 de largeur et o m. 17 d’épaisseur 
(fig. 53). 

Ce morceau provient du déblai de la troisième portion de la Grande Cour (p. 5 1 ). 



O Q, lO 0,l0 

* — ^ _ a 

Fig. 53. — Morceau de chapiteau, inv. 1808. 

Inv. 1809. — Trois morceaux plus petits donnant des parties de volutes, de même 
provenance. 

Inv. 1909. — Un petit morceau de volute, ayant o m. 06 x 0 m. o5xo m. o5, 
provenant du déblai du Kiosque Nord (p. 56). 

Inv. 1921. — Une partie d’une volute et de bande avec branche de feuillage, ayant 
o m. 19 x 0 m. 16 x 0 m. 16 , provenant du déblai de la partie nord de la Cour 
Ouest (p. 56). 

Inv. 1922. — Un morceau de volute, ayant 0 m. i4xo m. 12 X 0 m. 10 , de 
même provenance. 

Inv. 1978. — Une volute d’un diamètre de 0 m. 1 h sur un morceau de grès de 
o m. 10 d’épaisseur subsistante, provenant du déblai du Kiosque Sud. 

Inv. 1979. — Une petite volute d’un diamètre de 0 m. 07 sur un morceau de grès 
de 0 m. 09 d’épaisseur subsistante, de même provenance. 

Inv. 2074. — Trois petits morceaux de volutes, provenant du Kiosque Nord 
(p. 56 ). 


0 O.to o,2o 

• 1 » 

Fig. 5 a. — Vase rouge, décor noir, inv. 2027. 



86 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Inv. 2282 . — Une petite volute d’un diamètre de o m. 08 sur un morceau de 
grès de o m. 12 dépaisseur subsistante, provenant de la partie nord de la Cour Ouest 
(p. 56). 

Inv. 2295. — Une volute d’un diamètre de 0 m. 10 5 avec une petite partie du 
corps du chapiteau donnant 0 m. îi d’épaisseur subsistante, de même provenance. 

Inv. 2398. — Une volute d’un diamètre de o m. 1 4 et de 0 m. 11 de longueur, 
provenant de la région centre-nord de la partie sud de la Cour Ouest. 


Morceaux avec branches de feuillages : 


Inv. 1708. — Morceau de vase en 
relief. Ce vase a une hauteur de 0 m 



o ojo 0 , 2 o 

Fig. 54. — Morceau de vase, inv. 1708 . 

sistante de o m. 06 , avec restes d’i 
relief, provenant du déblai du Kiosq 


grès avec un rebord orné de palmettes(?) en 
i5 dont o m. o5 pour le rebord. La largeur 
du morceau conservé est de o m. 1 7 (fig. 5 4). 
Il fut trouvé dans la seconde portion de la 
Grande Cour (p. 5i). 

Inv. 1709. — Morceau de bande supé- 
rieure d’un même type de vase, orné sem- 
blablement, avant o m. o55 de hauteur, 
o m. o5 d’épaisseur et une longueur subsis- 
tante de o m. 1 4 , de même provenance. 

Inv. 1810 À 1812. — Petits morceaux 
de grès avec fragments de branches de feuil- 
lages en relief, provenant de la troisième 
portion de la Grande Cour (p. 5i). 

Inv. 1980. — Morceau de grès, ayant 
om. 12 X 0 m. 1 4 avec une épaisseur sub- 
l fragment d’une décoration de palmettes en 
i Médian. 


Inv. 2399. — Morceau de grès, ayant o m. 2/1 X 0 m. 19 avec une épaisseur sub- 
sistante de o m. 08 qui nous donne un fragment d’une décoration de palmettes en 
relief ayant conservé la trace de couleur rouge (fig. 55). 

Il fut trouvé dans la région du centre-nord de la partie sud de la Cour Ouest. 

Inv. 2400 et 2401. — Autres morceaux du même type et de même provenance. 

Nous avons avec ces morceaux de volutes et de décoration florale des éléments de 
chapiteaux qui ne sont pas égyptiens mais grecs composites. Ces chapiteaux n’ont donc 


FOUILLES DE MEDAMOUD (1926). 87 

pu décorer le temple mais me paraissent avoir été faits pour des maisons installées 
dans le temple après son abandon. 

Leur type, qui ne semble pas pouvoir être l’œuvre de Coptes, me les fait regarder 
comme faits par et pour des Grecs, c’est ainsi que je désigne comme installations copto- 
byzantines les installations postérieures à l’abandon 
du temple, trouvées cette année. 


Objets divers de mobilier : 

Inv. 1749. — Un morceau d’assiette en terre 
cuite vernissée rouge, avec gravé un quadrupède 
représenté le corps parsemé de pointillés et le cou 
tourné de façon à placer la tête au-dessus du garrot, 
provenant du déblai du grand rectangle ou premier 
groupe de la partie sud de la Cour Ouest (p. 58). 

Inv. 1834. — Un couteau en fer d’une longueur 
subsistante de 0 m. 2 3 et d’une largeur maxima de 
o m. o5, provenant de la quatrième portion de la 
Grande Cour (p. 52). 

Inv. 1871. — Un couteau en fer d’une longueur 
subsistante de 0 m. 24, d’une largeur maxima de 
o m. 06 et d’une épaisseur de 0 m. 0 1 5 , provenant 
du déblai de la partie Est du Kiosque Nord (p. 56). 



Fig. 55. 

Morceau avec pàlmette, inv. 2899. 


Inv. 1846. — Un broyeur en granité rose, ayant o m. i4 de longueur, o m. 07 
de hauteur maxima et 0 m. 08 d’épaisseur, provenant de la maison au chandelier, c’est- 
à-dire de la cinquième portion de la Grande Cour (p. 52 ). 

Inv. 1847. — Un chandelier d’église en bronze, ayant 0 m. 38 de hauteur (fig. 
56), trouvé en cinq morceaux, provenant de la cinquième portion de la Grande Cour 
(p. 52). . 

Cet objet est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12956 ). 

Inv. 1848. — Un petit vase en bronze, semblant provenir également d’un mobilier 
d’église, ayant 0 m. 08 de hauteur et des diamètres de 0 m. o35 au sommet, de o m. 
o5 à la base et de 0 m. o55 à 0 m. o3 de hauteur (fig. 56), de même provenance. 

Ce vase est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12957 ). 


(1) Ils auraient été trop petits pour les colonnes de la Cour Ouest que je suppose du reste n’avoir pas été 
achevées. 


88 


F. BISSON DE LA ROQUE. 



Inv. 1873 . — Un petit vase à trois pieds, en terre cuite vernissée rouge, ayant 
o m. o 85 de hauteur et des diamètres de o m. oh 5 au sommet et de o m. 09 dans 
la partie inférieure, provenant du déblai de la partie Est du Kiosque Nord (p. 56 ). 

Ce vase est maintenant au Musée 
du Louvre (n° d’entrée : E. 1 29/17). 


Inv. 2032 . — Morceau de four 
en terre cuite, avec décoration en 
relief. La hauteur de ce four est de 
o m. 27 et son épaisseur est de 
0 m. 32 . II est conservé sur une 
longueur de 0 m. 39. 

Il provient de la première por- 
tion de la Grande Cour (p. 5o). 

Les fouilles du Kôm d’Edfou nous 
ont donné deux fours entiers de ce 
même type, inv. 1 3 1 4 et 1/192. 

Inv. 2082 . — Un petit moule en 
terre cuite, ayant un diamètre et 
une hauteur de o m. où (fig. /19), 
provenant de la sixième portion de 
la Grande Cour (p. 53). 

Cet objet est maintenant au Mu- 
sée du Louvre (n° d’entrée : E. 
12952). 

Inv. 2090 . — Une petite coupe 

Fig. 56. — Chandelier en bronze (inv. 1847I . •< • r r 

ET DIVERS AUTRES OBI ETS ÉGALEMENT EN BRONZE, i„V I , 31 ) “ ^ ^ ÎOn ~ 

21 8i cé, décorée sur le bord de deux 
l848 - groupes de lignes blanches verti- 
cales entre deux lignes noires égale- 
ment verticales, ayant une hauteur de o m. 55 et des diamètres de o m. 85 au som- 
met et o m. où 5 à la base, de même provenance que l’objet précédent. 

Cette coupe est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. î 2953). 

Je ne mentionne pas ici une série de poids coniques et cubiques et un grand nom- 
bre de poteries inventoriées qui pourront être étudiés et publiés par la suite. 

Les monnaies qui ont été trouvées cette année sont toutes dans un état trop déla- 
bré pour pouvoir être étudiées. Le terrain où passent les eaux par infiltration après 
1 inondation des terres est très néfaste à leur conservation. 


89 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

La fouille des cours et des kiosques du temple ne nous a pas donné une variété 
aussi importante de pierres des différentes époques du temple que la fouille du tem- 
ple proprement dit faite en grande partie l’an dernier. Pourtant nous avons trouvé 
dans ces cours et ces kiosques des morceaux de statues de la XII e dynastie et un de 
ces morceaux de statues nous a donné la preuve qu’Usirtasen II avait également été 
représenté dans le temple du Moyen Empire et que le temple de cette époque avait 
donc été commencé avant Usirtasen III. Cette statue d’Usirtasen II devait garnir l’une 
des entrées du Portique du temple ptolémaïque et romain, en pendant d’une statue 
d’Usirtasen III. 

Dans la Grande Cour nous n’avons trouvé aucun débris des chapiteaux malgré les 
nombreuses colonnes des galeries de côté. 

Pour les kiosques nous avons été en partie plus heureux, car parmi les morceaux 
trouvés nous avons pu reconnaître un type de corniche hatorienne (p. 36 ) qui devait 
terminer le sommet des murs d’entre les colonnes et une frise d’uræus (p. 72) qui 
devait garnir le sommet des architraves des colonnes de ces kiosques. 

Les crapaudines récoltées sur le terrain nous ont donné des éléments intéressants 
relatifs à cet élément de construction. 

Mais les nouvelles catégories d’objets trouvés cette année sont : d’une part une série 
d’inscriptions grecques et d’autre part, parmi ce qui provient des installations posté- 
rieures à l’abandon du temple, des éléments de décoration de style grec. 

Le mobilier des installations copto-byzantines trouvé cette année est d’un intérêt 
beaucoup plus considérable que celui trouvé dans les installations coptes de l’an der- 
nier. Ici, dans les cours, nous avons trouvé des traces de maisons de construction 
soignée qui devaient être plus riches que les habitations établies dans les chambres 
ruinées du temple proprement dit. 


1 2 


Fouilles de l’Institut, t. IV, 1 . 


DEUXIÈME PARTIE. 


L’ARRIÈRE-TEMPLE, 

COMPLÉMENTS DE FOUILLES EN PROFONDEUR 
DONNANT DE NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR LES INSTALLATIONS ANTÉRIEURES 
ET POSTÉRIEURES DANS CETTE PARTIE. 

Nous avons constaté l’an dernier (cf. 1925, p. 112 et suivantes) que la partie Est 
de l’enceinte du temple formait à elle seule un tout, composé de cours et de chapelles, 
que j’ai considéré comme réservé au culte du taureau. 

Nous avons remarqué dans cette partie Est que tout le côté au sud de l’axe de 
l’enceinte ou Portion XX était détruit au niveau du sol ptolémaïque, à l’exception de 
la ligne d’enceinte, et que, dans le côté au nord de l’axe des éléments du plan, pou- 
vaient poser le problème de ce qui devait s’y trouver. 

Nous avons distingué dans ce côté au nord de l'axe, trois restes de cours dans les 
Portions XIV, XV et XIX, un groupe de trois pièces XVI, XVII et XVIII avec un 
massif d’escalier s’y rattachant, et j’ai laissé sans explications un boyau de maçonnerie 
qui se trouve entre le groupe des trois pièces et le mur nord d’enceinte (f. 1925, 
pi.m). 

La fouille en profondeur, sous le niveau ptolémaïque, dans les portions où le sol 
du temple était détruit, n’avait pu être faite que dans une partie du côté au sud de 
l’axe. Cette fouille partielle nous avait donné des traces d’un temple en calcaire que 
j’ai considéré comme devant être de la XII e dynastie et auquel se rattachait une porte 
ruinée en granité rose d’Usirtasen III (n° U des plans). 

Cette année nous avons pu compléter la fouille en profondeur dans cet arrière- 
temple, tant dans la partie Est du côté au sud de l’axe non faite en 1925 que dans 
les parties des portions du côté au nord de l’axe où l’absence de dallage ptolémaïque 
nous permettait de descendre sans endommager les restes du temple (pl. III, et fig. 57). 

Nous pouvions espérer que ce complément de fouilles nous donnerait des restes 
de substructions de murs nous permettant de compléter le plan de cet arrière-temple. 
Il n’en fut rien. 

Nous n’avons trouvé aucune trace de murs en substruction , non seulement en 
dehors des lignes de murs déjà reconnus, mais encore dans ces lignes de murs elles- 
mêmes. Les brisures de murs, reconnues en superstructure l’an dernier, se prolongent, 
d’après les fouilles en profondeur de cette année, en substruction. Ainsi les murs qui 


91 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

séparent les salles du groupe de trois pièces XVI, XVII et XVIII sont détruits dans 
leurs fondations selon la brisure constatée au niveau du sol ptolémaïque. 

Nous pouvions considérer que les installations postérieures à l’abandon du temple 
étaient épuisées, puisque la fouille au niveau du sol ptolémaïque était terminée. Les 
fouilles de cette année en profondeur nous ont donné un supplément d’installations 
coptes en deux points : d’une part un puits en briques cuites dans la Portion XIX et 
d’autre part un dallage en briques cuites à — o m. 80 sous le niveau du sol ptolémaï- 
que dans la partie Est de la Portion XX (pl. III). 



Fig. 57. — L’arrière-temple, vu du nord. 


Une seule de mes prévisions fut réalisée : les traces du massif calcaire au niveau 
— 0 m. 80, trouvées dans la partie dégagée en profondeur de la Portion XX, furent 
également reconnues cette année dans la partie Est de cette Portion XX et dans le 
côté au nord de l’axe. Et parmi ces restes d’un massif que je considère comme de la 
XII e dynastie, nous avons trouvé, cette année, en un point, dans la partie Est de la 
Portion XX, une seconde assise nous donnant probablement un angle de construction 
au-dessus de la plate-forme. 

Mais l’élément nouveau trouvé le plus remarquable fut un reste de noyau d’une 
statue colossale en granité rose resté en place; ce colosse garnissait le fond de lin té- 
rieur de l’enceinte dans la Cour XV. Nous avons là, d’après le niveau de son socle, 
d’après le style d’un ou de deux morceaux en provenant avec vraisemblance, d’après 
la position difficile à expliquer comme établie en ce point à l’époque du temple 


92 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


ptolémaïque et d’après l’absence de statues colossales de cette époque, un colosse 
antérieur au dernier temple et semblant devoir dater au plus tard du Nouvel Empire. 

Quant au point de vue trouvailles d’objets, le fond du temple, spécialement dans 
le côté au sud de l’axe, nous a fourni des pièces capitales : des statues de culte d’un 
Montou sous forme de taureau anthropomorphe et de Ra-taouï, une tête en granité 
bleu provenant d’une statue d’Usirtasen III d’une très belle facture et de meilleure 
conservation que celles trouvées en 1925, et une tête royale en calcaire qui semble 
du Moyen Empire d’après le style. 

Avant de donner un extrait du journal d’inventaire d’objets pour cette seconde partie 
des fouilles de 1926 j’ajouterai un supplément bref, relatif à la question du temple du 
Moyen Empire signalé en 1925, j’exposerai le problème de la statue colossale , je préci- 
serai les données que nous fournit un long rectangle de maçonnerie qui se trouve 
entre le groupe des Salles XVI, XVII et XVIII et le mur nord d’enceinte et que je con- 
sidère maintenant comme un escalier nord, je reviendrai sur une conduite d’eau signalée 
en 1925, p. 72, je traiterai des fondations dégagées cette année dans les différentes 
parties de l’arrière-temple ptolémaïque et je décrirai le supplément d’installations posté- 
rieures à l’abandon du temple trouvées sous le niveau du sol ptolémaïque. 


1. — TRACES D’UN TEMPLE DU MOYEN EMPIRE. 

J’ai signalé l’an dernier (cf. 1925, p. 26) des restes d’une plate-forme en calcaire 
au niveau — 0 m. 80 par rapport à celui du temple ptolémaïque dans la partie de la 
Portion XX de ce temple fouillée en profondeur et hors de ce temple dans un déga- 
gement en profondeur de l’angle extérieur nord-est. 

J’ai considéré cette plate-forme en calcaire comme un reste d’un temple du Moyen 
Empire principalement par suite de la présence d’éléments d’une porte en granité rose 
d’Usirtasen III (n° U des plans). 

Dans le complément de fouilles faites cette année en profondeur des parties de 
barrière-temple où le dallage est détruit, nous avons retrouvé d’autres restes de cette 
même plate-forme : la dernière assise de fondations de la Chapelle XVIII est formée 
par une partie de cette plate-forme , la partie intérieure nord-est de cet arrière temple 
a conservé deux petits massifs de cette plate-forme et la tranche Est de la partie 
intérieure sud-est a livré deux massifs de cette même plate-forme, dont l’un d’eux 
possède une seconde assise conservée, formant l’angle d’un mur. 

L’angle sud-est de ce dernier massif se place à 3 m. 20 à l’ouest du mur Est d’en- 
ceinte et à 3 m. 70 au nord du mur sud d’enceinte. 

Ce massif est conservé dans ses plus grandes dimensions en surface sur 2 m. 1 0 
dans les deux sens. 

Sur ce massif subsistent des restes d’un angle de mur d’un dispositif identique à 
celui de l’angle sud-est du temple ptolémaïque (pl. III). 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 93 

Le mur mesure 0 m. 75 de largeur et n’a conservé qu’une seule assise de o m. à 5 
de hauteur. 

Le reste du mur en calcaire sur ce massif nous confirme que les différents massifs 
trouvés ne sont pas eux-mêmes des assises inférieures de murs mais des restes d’une 
plate-forme sur laquelle s’élevaient les murs du temple du Moyen Empire. 

L’autre massif de la tranche Est de la partie intérieure sud-est a conservé 1 m. h 0 
X 1 m. 20. Son angle sud-est subsistant se place à 1 m. 10 du mur sud d’enceinte 
et à 3 m. 75 du mur Est d’enceinte. 

Les deux petits massifs trouvés dans la partie intérieure nord-est de barrière-temple 
ont leur angle nord-est placé : pour l’un à h mètres au sud du mur nord d’enceinte 
et à 3 m. 80 à l’ouest du mur Est d’enceinte et pour l’autre à 6 m. 60 au sud du 
mur nord d’enceinte et à 2 m. 5 o à l’ouest du mur Est d’enceinte. 

Le premier est conservé sur une longueur est-ouest de 2 m. 20 et une largeur de 
1 mètre et le second sur une longueur est-ouest de 1 m. 80 et une largeur de 1 m. 1 5 . 

Le massif utilisé comme assise inférieure des fondations de la chapelle XVIII dé- 
passe en partie la brisure des fondations de celte chapelle sur 0 m. 72 au nord (fig. 
57). Ce massif est au niveau — 0 m. 60 et se place donc à o m. 20 au-dessus des 
autres. 

Ces traces d’un temple du Moyen Empire ne nous ont donc donné jusqu’à présent 
aucune indication du plan de celui-ci. La seconde assise de construction trouvée cette 
année en un point nous laisse l’espoir d’en trouver en d’autres endroits. Il faudra, pour 
compléter les recherches sur ce temple, fouiller à la fois au nord, à l’Est et au sud 
de barrière-temple à une profondeur de 2 mètres en moyenne. 


2. — STATUE COLOSSALE. 

Un peu avant l’extrémité Est de l’axe du temple, entre les restes du dallage de la 
Cour XV et le mur Est d’enceinte, nous avons trouvé un noyau d’une statue colossale 
en granité rose, reposant sur un dallage-socle en calcaire qui se place à un niveau 
inférieur du dallage de la Cour XV. 

Cette statue colossale se trouvait donc dans baxe et au fond du temple, près du 
mur Est d’enceinte, dans une portion que nous considérons comme une cour. 

Cette statue paraît avoir figuré un personnage assis cl’après ce qui reste du noyau 
et aussi d’après deux morceaux de granité rose trouvés auprès qui semblent en pro- 
venir : l’un d’eux, inv. 2122, nous donne un morceau de bras au coude replié 
(p. 109), l’autre, inv. 2126, nous donne un morceau de devant d’un pagne avec reste 
du devant d’une jambe sous le genou en position perpendiculaire l’un à l’autre, ce qui 
nous indique que ce morceau provient d’une statue assise (p. 109). 

La face paraît avoir été tournée vers l’ouest (fig. 58 et 5 g), 

Le socle-dallage en calcaire a son axe placé à 0 m. 20 au sud de baxe du temple. 


94 F. BISSON DE LA ROQUE. 

Sa face Est est à 2 m. 35 à l’ouest du mur Est d’enceinte. Sa face nord est à 2 mètres 
au sud du mur nord de la Cour XY. 

Ce socle-dallage mesure 2 m. 1 5 de longueur de l’Est à l’ouest, 1 m. 9 5 de largeur 
et 0 m. ho de hauteur. 



Fig. 58. — Le noyau d’une statue colossale avec la statue, inv. aia5, 

DANS LA POSITION DE LA TROUVAILLE, VUS DU SUD. 


Il est composé de quatre pierres-dalles : celle qui se place à l’angle nord-est a 
0 m. 80 sur le côté nord et 0 m. 90 sur le côté Est, celle qui se place à l’angle nord- 
ouest a 1 m. 35 sur le côté nord et o m. 95 sur le côté ouest, celle qui se place à 
l’angle sud-est a 1 mètre sur le côté sud et 1 m. o 5 sur le côté Est, et celle qui se place 
à l’angle sud-ouest a 1 m. 1 5 sur le côté sud et 1 mètre sur le coté ouest. 

La statue a conservé un noyau d’une hauteur de 1 m. 3 o dans la partie Est ou 
dos supposé et de 0 m. 35 dans la partie ouest ou genoux supposés. Sa longueur sub- 
sistante, de l’Est à l’ouest, est de 1 m. 75, sa largeur est de 1 m. o 5 dans la partie 
Est ou arrière et de 0 m. 80 dans la partie ouest ou avant. 

L’ensemble composé du socle-dallage et du noyau subsistant s est un peu affaisse 
au sud. Le niveau sur lequel reposait cette statue paraît avoir été à — 0 m. ho sous 
celui du dallage de la Cour XV. 

Que pouvait représenter cette statue colossale? De quelle epoque etait-elle? Pour- 
quoi occupe-t-elle cette position? J’avoue ne pas pouvoir résoudre complètement ces 
questions. 


95 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

D’après deux morceaux trouvés auprès, morceau de bras et morceau de pagne, 
que je suppose provenant de cette statue, nous aurions là les restes d’une statue 
d’homme et très vraisemblablement de roi. 

D’après le niveau —0 m. ho et aussi d’après l’emplacement nous devons avoir là 
un monument antérieur au temple ptolémaïque. En effet nous ne nous expliquerions 



Fig. 59. — L’emplacement du noyau d’une statue colossale avec la statue, inv. 21 25, 

À GAUCHE, SORTIE DE LA POSITION DE LA TROUVAILLE, VUS DU SUD-EST. 


pas une statue de l’époque du temple ptolémaïque placée à un niveau inférieur à 
celui du dallage de la cour dans laquelle elle se trouvait et sa position au fond du 
temple ne nous paraît n’avoir aucune raison d’être. 

Ce qui paraît être le plus vraisemblable c’est que nous ayons là les restes d’une 
statue colossale antérieure au temple ptolémaïque mais conservée dans ce temple, de 
même que la porte en granité d’Usirtasen III et celle d’Aménophis II, comme ornement. 

Un petit morceau de granité rose, inv. 212 4 , trouvé dans le déblai à l’Est et à 
o m. 4 o sous le niveau du piédestal de cette statue colossale, porte, peut-être, à l’état 
fragmentaire le nom d’Horus de Thotmès III (p. 109). 

Ce petit morceau trouvé auprès peut poser l’hypothèse d’une statue colossale de 
Thotmès III, ce qui expliquerait fort bien la présence d’une statue cubique d’un fonc- 
tionnaire de ce roi , Minmôsê, inv. 2 12 5 , trouvée sur le côté gauche du piédestal et 
restée, semble-t-il, d’après son poids et sa position, à son emplacement primitif 
(p. 108, fîg. 58 et 5 g etDiuoTON, Inscriptions, 1926, p. 52 et fig. 2 h et 25 ). 




96 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


3. — ESCALIER NORD. 

Entre le groupe des Salles XVI, XVII et XVIII et le mur nord d’enceinte se trouve 
un long rectangle de maçonnerie entièrement isolé dans ses fondations et complète- 
ment détruit en superstructure, ce qui ne m’a pas permis en 1925 d’en comprendre 
le plan et la destination. 

Dans le plan III de 1925 j’ai commis pour cette construction deux erreurs : j’avais 
considéré que son extrémité Est se trouvait sur la même ligne que le mur Est de la 
Chapelle XV III et à son autre extrémité je n’avais pas indiqué que la Petite Chambre 
XXI, postérieure comme construction, a sa paroi intérieure Est établie, semble-t-il, 
d’après ce qu i! en reste, en retrait sur l’assise supérieure de fondations de ce long 
rectangle. 

Ce long rectangle a conservé sur une partie de son pourtour trois assises de fonda- 
tions et partout ailleurs deux assises. Ces assises sont établies en escalier et sont plus 
ou moins en retrait les unes sur les autres. 

A l’extrémité Est de ce long rectangle j’ai noté les mesures suivantes : 

L’assise inférieure a 0 m. 4 o de hauteur, forme saillant de 0 m. i 5 sur l’assise 
médiane et se place au niveau — 0 m. 70 par rapport au seuil et aux cours du temple. 

L’assise médiane a 0 m. 5 o de hauteur, forme saillant de 0 m. ho sur l’assise 
supérieure subsistante et se place au niveau — o m. 20. 

L’assise supérieure subsistante a o m. 5 o de hauteur, forme saillant de 0 m. i 5 
sur le tracé d’une quatrième assise détruite et se place au niveau +0 m. 3o. 

Cette extrémité Est de ce long rectangle a son assise médiane de substruction sur 
une ligne en retrait à l’ouest de 0 m. 10 par rapport à la ligne du mur de superstruc- 
ture Est de la Chapelle XVIII. 

L’assise supérieure subsistante de cette extrémité Est est sur une ligne en retrait à 
l’ouest de o m. 5 o par rapport à la ligne du mur de superstructure Est de la Cha- 
pelle XVIII. 

L’extrémité Ouest donne également les trois assises avec le niveau +0 m. 3 o. 
L’assise supérieure subsistante dépasse à l’ouest de 0 m. 10 la ligne de la paroi Est 
de la Petite Chambre XXI dont le dallage est au niveau +0 m. 10 et de 0 m. 3 o la 
ligne extérieure du mur ouest du Vestibule XVI. 

Ce long rectangle forme un massif de 17 m. 20 de longueur et de 3 m. 10 de 
largeur sur l’assise supérieure subsistante. 

Je considère que cette troisième assise existait sur tout le massif et que c’est sur 
elle que le plan devait être tracé; mais il ne subsiste de cette troisième assise que trois 
rangées à l’extrémité ouest, deux rangées, plus à l’intérieur le tracé d’une troisième, 
à l’extrémité Est et une seule rangée de bordure sur une partie des longs côtés. 

Cette rangée de bordure est conservée sur le côté sud sur une longueur de h mètres 


97 


FOUILLES DE MEDAMOUD (1926). 

à l’Est de l’angle sud-ouest et sur le côté nord suivant une longueur de 10 m. 5 o à 
l’Est de l’angle nord-ouest et de 2 m. 90 à l’ouest de l’angle nord-est. Cette rangée 
a 0 m. 80 de largeur et donne le niveau +0 m. 3o. 

Sur le côté sud cette rangée de bordure s’interrompt par une brisure qui bien que 
rappelant un montant de porte ne me semble pas pouvoir en être un. 

Entre ces deux rangées de bordure en partie conservées se trouve un espace de 
1 m. 5o subsistant simplement au niveau — 0 m. 20 de l’assise médiane. Cet espace 
donne, entre les lignes des deux rangées de bordure en partie conservées, un aspect 
régulier de couloir mais son niveau — 0 m. 20 ne me paraît pas pouvoir permettre 
d’y constater son état primitif, car comment expliquer ce niveau inférieur à ceux du 
vestibule XVI et des pièces XVII et XVIII sur lesquels seulement ce couloir pourrait 
avoir une entrée. 

Je crois qu’il faut envisager cet aspect de couloir comme fortuitement formé lors 
de la démolition de cette partie du temple et qu’il faut supposer le plan de ce massif 
sur l’assise supérieure subsistante au niveau +0 m. 3o. 

Pouvons-nous d apres les fondations seules conservées de ce massif supposer l’em- 
placement de lentree? Nous avons sur la face sud de 1 assise médiane un léger retrait 
de 0 m. 10, sur une longueur de 3 m. 10, débutant à 2 m. ho à l’ouest de l’angle 
sud-est de l’assise supérieure subsistante du massif. Ce retrait indique peut-être quel- 
que chose, mais j’y vois difficilement la marque d’une entrée qui aurait été au-dessus 
de 1 assise supérieure détruite en ce point, car pourquoi un retrait au lieu d’un saillant 
comme fondations d’une entrée et pourquoi l’entrée donnant sur la Chapelle XVIII. 
Je considère que l’entrée se placerait plus logiquement sur le Vestibule XVI. 

Cette disposition en boyau de ce massif de construction rappelle les escaliers droits 
des temples ptolémaïques. Nous avons reconnu un massif d’escalier tournant dans 
cette partie du temple (cf. 1 925 , p. 1 1 7). 

Dans les temples d Edfou et de Dendéra il y a en pendant ces deux types d’escalier : 
l’un droit, à gauche de la travée conduisant au sanctuaire, l’autre tournant, à droite 
de cette travée. 

Nous aurions, peut-être, ici dans cette partie de l’arrière-temple les deux escaliers 
conduisant à l’ensemble des terrasses du temple. En effet, nulle part ailleurs dans l’a- 
vant-temple nous n avons trouvé d emplacement favorable à la supposition d’escaliers. 

L escalier tournant, a droite, est ici certain. L’escalier droit que je suppose à gau- 
che sur le massif de construction en question s’explique et par les fondations impor- 
tantes de ce massif et par sa position. 


4. — CONDUITE D’EAU. 

J ai signalé et décrit (cf. 1925, p. 72) l’aspect du débouché d’une conduite d’eau 
sur la lace extérieure du mur Est d’enceinte, à 17 m. h 0 de l’angle nord-est. Cette 

Fouilles de V Institut , t. IV, 1. jO 


98 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


conduite d’eau traverse ce mur d’enceinte et se retrouve sur ia même ligne droite 
dans une partie d’une portion de dallage conservé au nord du mur nord de la Cour 

XV(fig. 60). 



Fig. 60. — La partie nord-est de l’arrière-temple et le débouché d’une conduite d’eau 

DANS LE MUR EST D’ENCEINTE DU TEMPLE, VUS DE l’Est. 


Cette conduite d’eau a o m. 10 de largeur et o m. 08 de profondeur. Elle a une 
pente descendante très accentuée du dehors au dedans du temple. Elle conduisait 
donc de l’eau à l’intérieur du temple pour un besoin quelconque. 


5. — LES FONDATIONS DES DIFFÉRENTES PARTIES SUBSISTANTES 

DE L’ARRIÈRE-TEMPLE. 

Une grande partie des fondations de l’intérieur de l’arrière-temple ont été dégagées 
cette année. Elles atteignent pour le mur d’enceinte une profondeur de 1 m. 34 , pour 
le groupe des pièces XVI, XVII et XVII l et pour l’escalier nord une profondeur de 
î m. îo sous le niveau du seuil et des cours du temple. Elles reposent sur une cou- 
che de sable qui cesse à î m. 4 o sous le niveau du sol du temple. Cette couche de 
sable de o m. 3 o à l’intérieur du temple s’est conservée très nettement sous la partie 
détruite des pièces XVI, XVII et XVIII entre ce groupe et l’escalier nord. Elle était 
encore reconnaissable dans la partie nord-est de l’intérieur du temple mais n’a pas été 
nettement reconnue dans toute la partie au sud de l’axe du temple. 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 


FONDATIONS DU MUR D’ENCEINTE. 


99 


Nous avons vu (cf. 1925, p. 73) que ces fondations avaient 1 m. 34 de profondeur 
et étaient formées de trois assises dont deux de 0 m. 43 et la troisième au sommet 
de 0 m. 48 . 

Les faces intérieures des fondations des murs sud, Est et nord d’enceinte sont éta- 
blies, de même que sur la face extérieure, en dents de scie. 

Seul l’angle intérieur sud-est offre une disposition d’assises droites, formant escalier. 

Sur le côté intérieur sud l’assise supérieure forme saillant de 0 m. 20 sur le mur 
de superstructure, l’assise médiane forme saillant de 0 m. 45 sur l’assise supérieure 
et l’assise inférieure forme saillant de o m. 10 sur l’assise médiane. 

Sur le côté intérieur Est l’assise supérieure forme saillant de 0 m. 20 sur le mur 
de superstructure, l’assise médiane forme saillant de 0 m. 09 sur l’assise supérieure 
et l’assise inférieure forme saillant de 0 m. 4 0 sur l’assise médiane. 


FONDATIONS DE L’ENSEMBLE DE LA CHAPELLE XVIII ET DES MURS DE LA COUR XVII. 

Le dallage de la Cour XVII repose sur de la terre, tandis que celui de la Chapelle 
XV III est formé par l’assise supérieure de fondations qui ont une profondeur semblable 
à celles des murs de ces deux pièces (fig. 5 7). 

Ces fondations ont une profondeur de 1 m. 55 en trois assises. L’assise inférieure 
des fondations de l’intérieur de la Chapelle XVIII est formée par un massif calcaire, 
fort probablement reste du temple du Moyen Empire qui atteint là le niveau - o m. 
60 sous celui du seuil et des cours du temple ptolémaïque. Cette assise a o m. 5 o de 
hauteur, ce qui donne aux deux autres un ensemble de 1 m. o 5 . 

La partie subsistante du mur Est et le mur Sud de cette Chapelle XVIII ont leurs 
deux dernières assises inférieures de fondations établies en escalier (fig. 60) : 

L’assise inférieure a 0 m. Go de hauteur et forme saillant de 0 m. 20 sur l’assise 
médiane qui a 0 m. 5 o de hauteur et qui forme saillant de o m. 10 sur l’assise supé- 
rieure. Cette dernière a o m. 45 de hauteur et se trouve sur le même plan vertical 
que le mur de la chambre en superstructure. 


FONDATIONS DE LA PORTE ENTRE LE VESTIBULE XVI ET LA COUR XVII. 

Ces fondations sont composées de deux assises en grès d’un total de 1 mètre. 

FONDATIONS DU MUR AU NORD DE LA COUR XV. 

Ce mur n’a qu’une seule assise de fondations qui repose, comme les dallages des 
cours, sur un terrain de terre et d’éclats de pierre. 


100 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


6. — INSTALLATIONS POSTÉRIEURES A L’ABANDON DU TEMPLE (SUPPLÉMENT). 

J’ai signalé dans le rapport des fouilles de l’an dernier (cf. 1925, p. 21 et pl. II) 
un quartier d’habitations coptes dans la partie au nord de l’axe dans l’arrière-temple. 
Un petit groupe de ces installations coptes comprenait des constructions en cercle au 
niveau +0 m. 80 au nord-est de l’emplacement de la porte en granité d’Usirtasen III 
(n° U des plans). 

Toutes les autres traces d’installations coptes furent trouvées au niveau +0 m. U 5 
c’est-à-dire au niveau du dallage de la Chapelle XVIII et de la Cour XVII qui furent 
utilisées comme habitations. Outre ces deux pièces de nombreux restes de murs, soit 
en briques, soit en pierres, et de sols de maisons soit en ciment, soit en briques, 
soit en pierre, ont été retrouvés spécialement dans la partie nord-est de l’arrière- 
temple. 

Nous nous étions arrêtés l’an dernier comme fouilles dans cette partie et dans une 
tranche Est, le long et à l’intérieur du mur Est d’enceinte, de la partie de l’arrière- 
temple au sud de l’axe, au niveau du sol du temple ptolémaïque. Cette année nous 
avons fouillé en ces emplacements, partout où nous n’avions ni murs ni dallage du 
temple ptolémaïque, jusqu’au niveau de la partie inférieure de restes d’une plate- 
forme calcaire d’un temple de la XII e dynastie. Cette fouille nous a donné en deux 
points des restes d’installations postérieures au temple ptolémaïque. Ces restes con- 
sistent, d’une part en un puits dont le pourtour en briques cuites subsiste au niveau 
— 1 m. 60 et d’autre part en une portion de sol en briques cuites au niveau — o m. 
80 (pl. III). 

La destruction de ce puits jusqu’à cette profondeur, bien supérieure à celle de la 
destruction du temple, pourrait s’expliquer par l’attrait des briques cuites et par l’uti- 
lisation de ce puits jusqu’à l’extrême abandon de ce quartier d’habitations, mais un 
fait curieux vient compliquer la question : au-dessus de ce puits nous avions trouvé 
un îlot de dallage en pierre qui m’avait paru être un reste du dallage d’une cour 
ptolémaïque en cet emplacement du temple (cf. 1925, pl. III) dans la partie sud-est 
de la Portion XIX. 

En tout cas, il est évident que nous avons là un puits copte, par suite des briques 
cuites qui l’entourent et que la margelle de ce puits devait se trouver à l’époque des 
habitations de cet emplacement au niveau + 0 m. Ù 5 qui est celui des maisons qui se 
trouvaient tout autour. 

Quant au niveau — o m. 80 d’un sol en briques cuites, nous donnant une habita- 
tion postérieure à l’abandon du temple, à un niveau inférieur à celui-ci, nous verrons 
que son emplacement peut nous laisser croire qu’à cet endroit du temple ptolémaïque 
aucun mur et peut-être aucun dallage n’empêchaient d’installer dans un chantier de 
démolition du temple une maison à un niveau inférieur à l’ancien sol de ce temple. 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 


101 


PUITS COPTE. 

Ce puits se trouve dans la tranche Est ou fond du temple, au nord de l’axe. H a 
un diamètre de 1 m. 5o avec son mur de pourtour en briques cuites. Son centre se 
place à 3 m. 5 o à l’ouest du mur Est d’enceinte et à U mètres au nord du mur nord 
de la Cour XV. 

Son mur de pourtour a 0 m. 32 de largeur. Sa partie conservée débute à — 1 m. 
60, sous le niveau du seuil et des cours du temple (fig. 57). Nous avons fouillé ce 
puits jusqu’à la couche d’eau que nous avons trouvée le 10 mars à — 2 m. 85 sous le 
même niveau du seuil et des cours du temple. 

Ce puits se place sous un îlot de dallage que j’avais considéré en 1925, pl. III, 
comme un reste de dallage du temple. 

Cet îlot de dallage se trouvait au niveau 0 m. 00 du temple. Il était du type 
de celui des cours de barrière-temple. Il était conservé sur une longueur est-ouest 
de 3 m. 20 et une largeur de 1 m. 60. Son angle sud-est subsistant se plaçait à 
2 m. ùo du mur Est d’enceinte et à 2 m. 20 du prolongement du mur nord de la 
Cour XV. 

Il est évident que ce dallage a été refait par les Coptes et la cause la plus vraisem- 
blable me paraît être le désir de masquer ce puits à un moment donné, soit que l’eau 
y fût considérée comme pernicieuse, soit que les habitants de ce quartier étant obligés 
d’abandonner le site aient voulu supprimer une prise d’eau, ce qui paraît moins 
vraisemblable, car, à ma connaissance trois autres puits se trouvent sur le site sans 
aucune trace semblable de camouflage. 

SOL D’UNE HABITATION COPTE AU NIVEAU -0 M. 80. 

Une portion d’un carrelage de maison a été trouvée dans la tranche Est ou fond du 
temple, au sud de l’axe sous le niveau du sol ptolémaïque et contre les fondations du 
mur Est d’enceinte de ce temple. 

La partie conservée de ce carrelage débutait contre les fondations du mur Est 
d’enceinte à 9 m. 5 o au nord de l’angle intérieur sud-est du temple; elle s’étendait 
sur une longueur est-ouest de 2 m. 60 et sur une largeur de 1 m. ko. 

Le carrelage était fait de briques cuites plates de 0 m. 3 i Xo m. 16 avec une 
épaisseur de o m. o 3 . 

Sous ce carrelage nous avons trouvé un certain nombre d’objets pharaoniques, inv. 
2176 à 2202, que je classe , par comparaison avec d’autres trouvailles semblables sur 
d’autres sites et suivant les objets trouvés, comme dépôt d’Osiris auquel je donne lé 
numéro I. 


102 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


PREMIER DÉPÔT D’OSIRIS. 

Ce dépôt d’Osiris trouvé sous le sol d’une habitation postérieure à l’abandon du 
temple nous a donné : 3 a statuettes d’Osiris en bronze avec restes de dorure, d’une 
tadle moyenne de o m. 08, inv. 2176, un groupe de trois statuettes d’Osiris en bronze 
avec restes de dorure, ayant 0 m. 0 k de hauteur et 0 m. 35 de largeur, inv. 2178, 
diverses petites pièces en bronze, entre autres une plaque avec incrustations, inv. 
2181 (p. 1 18 et fig. 56 ), une petite statuette de Thouëris en plâtre ayant 0 m. 10 
de hauteur, inv. 2 189, avec probablement son socle à escalier en même matière, inv. 
2190, diverses tetes et bustes de statuettes en calcaire, parmi lesquels inv. 2191 
(p. 118 et fig. 70), inv. 2192 et 2193 (p. 119 et fig. 71), divers autres débris de 
statuettes, inv. 219Ô à 2200 et un vase avec une anse, en terre cuite, à stries circu- 
laires d’époque gréco-romaine, inv. 2202. 

Ce dépôt est caractérisé par un lot de petites statuettes d’Osiris en bronze et par 
un buste d’Osiris en calcaire , inv. 2191. 

Le Kâm d’Edfou a donné de nombreux dépôts du même type dont certains ont été 
signales par Daressy, Annales S. A. É. et dont d’autres ont été trouvés pendant les trois 
années de fouilles de l’Institut français d’Archéologie orientale. Ces fouilles nous ont 
permis de déterminer en partie ces dépôts : ils se trouvent sous des dallages et spécia- 
lement sous des seuils de maisons d’habitation ou de lieux de prière. Ces lieux de prière 
ne sont pas forcément osiriens ni même païens, ils peuvent être des lieux de prière du 
début de 1 islamisme et de l’époque copte jusqu’au x e siècle de notre ère dans l’an- 
cienne ville d’Edfou et probablement, sinon dans toute l’Égypte, tout au moins dans 
toute la Haute-Égypte. 

Cet usage antique de dépôts dOsiris s est maintenu dans le peuple chez lequel de 
nouvelles religions modifiaient le principe des croyances tout en y laissant certains 
gestes modifiés quant à 1 esprit de croyances antiques. Les Osiris deviennent des dé- 
mons au lieu d un dieu, mais qui! faut pareillement se concilier dans un même but 
magique. Encore aujourd’hui il est d’usage chez certains musulmans et coptes de Haute- 
Egypte de déposer sous le seuil de leurs habitations ces petites statuettes d’Osiris en 
bronze trouvées par eux dans les ruines des villes anciennes. 

Ce que nous avons trouve a Edfou sur une période qui s’étend jusqu’au x e siècle de 
notre ère, est à fortiori une trouvaille logique à Médamoud dans les installations pos- 
térieures au temple qui ont été établies dans ce temple dès son abandon, probable- 
ment dès le iv e siècle, et qui ont été abandonnées très vraisemblablement avant l’ère 
musulmane. 

Nous avons donc là, à l’intérieur du temple, dans les installations postérieures à ce 
temple, habitées fort probablement par des Coptes d’après l’église trouvée également 
dans ce temple, un exemple de ces dépôts de fondations d’habitations qui, en usage 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 103 

à l’époque ptolémaïque et auparavant, se sont maintenues malgré le changement de 
religion. 

Nous verrons plus loin (p. 1 19) qu’un lot du même type, trouvé également dans 
la tranche Est du fond du temple, au sud de l’axe, doit être considéré comme un se- 
cond dépôt d’Osiris et doit indiquer qu’il y avait en cet emplacement une autre habi- 
tation copte qui, elle, n’a laissé aucune trace de dallage ni de murs. 

J’ai déjà fait remarquer que les statues brisées du temple se trouvaient générale- 
ment dans les fondations de maisons coptes. Pour certaines de ces statues la matière 
et le volume m’ont fait les considérer comme servant à établir un sous-sol solide. Le 
poids de certaines empêchait aussi de les transporter au loin. Mais outre ces raisons 
d’ordre matériel il ne serait pas impossible d’envisager pour certaines d’entre elles un 
principe magique s'apparentant à celui des dépôts d’Osiris. Pour se concilier les images 
qui étaient considérées comme celles de démons et pour éviter leur vengeance ceux 
qui les détruisaient les plaçaient sous leurs habitations. 

7. — EXTRAITS I)U JOURNAL D’INVENTAIRE 
DONNANT LES PRINCIPAUX OBJETS TROUVÉS, AVEC CLASSEMENT PAR ÉPOQUES. 

(voir pl. III pour l’emplacement des différents numéros). 

Le fond du temple a fourni un nombre assez considérable d’objets en partie enterrés 
là à l’époque du temple et en partie jetés là après l’abandon du temple. Ce fond du 
temple a été garni, après l’abandon du culte, d’habitations sous les fondations des- 
quelles les coptes jetaient les statues qu’ils détruisaient. 

Parmi ces objets nous avons des statues d’un grand intérêt : 

Ces statues proviennent des temples successifs du site, certaines devaient garnir le 
temple ptolémaïque, les autres ont dû être enterrées là parce que devenues hors d’usage. 

Les principales pièces sont : pour le Moyen Empire une tête d’Usirtasen III en 
granité bleu, inv. 2099 et une tête royale en calcaire, inv. 217b; pour le Nouvel 
Empire une grande statue cubique d’un nommé inv. 2 125 , du règne de 

Thotmès III, qui nous donne un texte historique et une autre statue cubique plus 
petite d’un nommé inv. 2117, du règne d’Aménophis II. A ces pièces 

s’ajoute une série de statues cultuelles en calcaire, anciennement dorées, nous don- 
nant la figure du dieu Montou à corps humain et à tête de taureau et la figure de la 

déesse Ra-taouï, inv. 2208 à 221 3 , 2A78 à 2Ô79. Ces statues me semblent soit de 
/ . . ' r 
la Basse-Epoque pharaonique, soit du début de l’Epoque Ptolémaïque. 

MOYEN EMPIRE. 

Inv. 2175 . — Tête royale avec couronne blanche, en calcaire, ayant 0 m. 75 de 
hauteur, o m. 32 de largeur maxima et 0 m. Ô8 d’épaisseur maxima, trouvée contre 


104 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


le côté intérieur des fondations du mur Est d’enceinte, à — o m. 65 sous le niveau 
du sol du temple ptolémaïque, en un point à 6 m. 80 au nord de l’angle intérieur 
sud-est du temple (pl. IV). 

Cette tête provient d’une statue un peu plus grande que nature, brisée au cou. 
Le nez et la bouche sont ébréchés. L’uræus sur le devant de la tiare, au sommet du 
front, a la partie verticale gonflée et la tète détruites avec une entaille tout autour 
et la queue forme une double boucle en relief réunie par le bas. 

Les oreilles sont démesurément grandes. Une entaille au front forme un pli vertical 
au-dessus de la ligne du nez. 

La facture de cette tête paraît être du Moyen Empire. 

La physionomie semble personnelle et me fait supposer que nous avons là le por- 
trait d’un roi, mais j’ignore quel est ce roU 1 ). 

Cette tête est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12926). 





Fig. 61 . — Tête d’Usirtasen III en granité bleu, n° 486 (Borchardt, Catalogue du Musée du Caire). 

Inv. 2099. — Tête d’Usirtasen III, en granité bleu, ayant o m. 2 5 de hauteur, 
o m. 4 o de largeur subsistante et o m. 3o d’épaisseur maxima, trouvée à 2 mètres 
du mur Est d’enceinte et à 3 mètres au nord du prolongement Est du mur nord de 
la Cour XV, à — o m. 60 sous le niveau du sol ptolémaïque, sous une pierre portant 
le cartouche de Domitien, inv. 2672, provenant du mur d’enceinte, remployée pro- 
bablement dans une construction copte de ces parages et ensuite déplacée (pl. V). 

Y a-t-il une ressemblance avec Sebek-hotep VIII que donne Legrain dans Slalues et Statuettes , Catalogue 
du Musée du Caire, pi. XVII? 


105 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Cette tête d’Usirtasen III, la quatrième à peu près complète que nous trouvons et 
la cinquième provenant de Médamoud, nous donne un excellent portrait du roi, d’une 
très belle facture, à un âge où la vieillesse se forme. 

Les cinq têtes de ce roi provenant de Médamoud nous donnent cinq âges différents : 

Le roi jeune, inv. 1057 (cf. 1925, pl. IV, B). 

Le roi à un âge moyen, inv. io 56 (cf. 1925, pl. IV, A)W. 

Le roi dont la vieillesse se forme, inv. 2099 (pl. V). 

Le roi dont la vieillesse s’accentue, n° 686, Borchardt, Catalogue du Musée du Caire, 
(fig. 6 1 ) ( 2 ). 

Le roi vieux, inv. 606 (cf. 1925, pl. V). 

La tête trouvée cette année, inv. 2099, est maintenant au Musée du Caire ( Jour- 
nal d’entrée, n° ^|®, c’est-à-dire 18 juin 1926, n° 2). 

De nombreux morceaux de statues brisées du même roi ont été également trouvés 
cette année. Je donne ici les principaux : 

Tnv. 2096 . — Partie inférieure d’une statue d’Usirtasen III 
assis, en granité bleu, ayant 0 m. 80 de hauteur subsistante, 
o m. 55 de largeur au dos du siège et 0 m. 69 d’épaisseur des 
genoux au siège compris. 

La cassure supérieure se trouve à la ceinture. Les pieds 
manquent. 

Elle fut trouvée dans la partie nord-est de l’arrière-temple, 
à 6 m. 60 à l’ouest du mur Est d’enceinte et à 7 m. 70 au sud 
du mur nord d’enceinte, sous la ligne d’un mur copte détruit 
(cf. 1925, pl. II) et immédiatement sous le niveau du dallage 
ptolémaïque détruit en ce point. 

Le texte du siège est complet (voir ci-contre). 

Le taucon au-dessus du nom d’Horus rlu roi porte ici, du 
côté droit la couronne blanche et de l’autre côté la couronne 
rouge ou couronne du Nord, alors que sur toutes les autres 
statues de ce roi trouvées jusqu’ici à Médamoud le faucon de 
ce nom du roi porte la double couronne. 

La mention de Monlou, seigneur de Médamoud est martelée 
sur le côté droit seulement. 

Inv. 2207 . — Partie inférieure d’une statue d’Usirtasen III assis, en granité bleu, 
ayant 0 m. 80 de hauteur, o m. 5 o de largeur et o m. 60 d’épaisseur subsistantes, 

(1) De cet âge moyen nous avons une belle statue colossale, n° 42011, Legrain, Catalogue du Musée du 
Caire, que j’ai considérée par erreur comme n’étant pas un portrait (cf. 1925, p. 33 , note 1). 

m J’ai signalé cette tête, cf. 1925, p. 34 , 2" et 3 ' paragraphes. 

Fouilles de l’Institut, t. IV, 1. i 4 




106 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


donnant la face polie du côté droit du siège et la partie arrière de la cheville droite 
ainsi que le noyau rongé du bassin et du côté gauche de la partie inférieure de la 
statue. 

Elle fut trouvée dans la partie sud du fond du temple. 

Inv. 2206. — Devant de socle d’une statue assise du type de celles d’Usirtasen III 
avec les deux pieds conservés, en granité bleu, ayant o m. 29 de hauteur, 0 m. 37 
d’épaisseur subsistantes et 0 m. 57 de largeur. 

Ce morceau de statue est brisé au-dessus et derrière les pieds. 11 fut trouvé à côté 
de l’inv. 2207. 

Inv. 2112 . — Ceinture et nombril d’une statue d’Usirtasen III, en granité bleu, 
ayant 0 m. 18 de hauteur, 0 m. 32 de largeur et 0 m. 19 d’épaisseur subsistantes. 
Ce morceau fut trouvé avec la tête d’Usirtasen III, inv. 2099, mais ne provient pas 
forcément pour cela de la même statue. En effet en cet emplacement d’autres débris 
de statues en granité bleu du même roi nous donnent deux passages semblables de 
colonnes de texte du même côté de deux sièges de statues, inv. 210/1 et 2io5. Ceci 
nous indique que les débris de statues trouvés en cet emplacement peuvent provenir 
au moins de deux statues. 

Inv. 2120 . — Partie supérieure d’un buste royal, du type des statues d’Usirta- 
sen III, en granité bleu, ayant 0 m. 35 de hauteur, o m. 4 o de largeur et 0 m. 32 
d’épaisseur subsistantes, trouvée à l’Est du dallage-socle de la statue colossale, à o m. 
4o sous le niveau de ce dallage. 

Inv. 2121 . — Bloc de granité bleu, donnant le genou droit, la main droite fermée 
et une partie du pagne royal d’une statue du type de celles d’Usirtasen III, ayant 
o m. 38 de hauteur, o m. 25 de largeur et 0 m. 3 o d’épaisseur subsistantes, prove- 
nant du même emplacement que le morceau précédent. 

Inv. 2127 . — Tronc d’une statue assise ayant conservé sur la ceinture un fragment 
du cartouche prénom d’Usirtasen III, en granité rose, ayant 0 m. 60 de hauteur, 
o m. 55 de largeur et 0 m. 65 d’épaisseur subsistantes, trouvé à l’ouest et contre le 
dallage-socle de la statue colossale. 

Nous avons trouvé jusqu’à maintenant des éléments de plus de vingt statues d’Usir- 
tasen III dont au moins douze en 192b (cf. 1925, p. 32 ), au moins quatre dans la 
Grande Cour du temple (p. 64 ) et au moins cinq dans la fouille en profondeur de 
cette année dans l’arrière-temple. 

Outre ces nombreuses statues d’Usirtasen III le temple était orné de bien d’autres 
statues dont certaines donnaient des groupes : 


107 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Inv. 2100 . — Le sommet d’angle gauche du dossier dun groupe de statues, en 
granité bleu, ayant 0 m. 19 de hauteur, o m. 2 3 de largeur et 0 m. 2 5 d’épaisseur 
subsistantes, donne le morceau de texte ci-contre : 

Ce morceau de statue provient du même emplacement que la 
tête d’Usirtasen III, inv. 2099. 

j NV 2101 . — Morceau d’une petite figure féminine, debout, 
les mains collées au corps, détaché d’un groupe, en granité bleu, 
ayant 0 m. 1 1 de hauteur, 0 m. 0 1 7 de largeur et o m. 12 d é- 
paisseur subsistantes. 

Ce morceau est brisé sous la ceinture et dans le bas des jambes. 

H provient du même emplacement qu’inv. 2099. 

Inv. 2102 . — Pieds d’une petite figure sur la partie droite d’un socle, provenant 
d’un groupe, en granité bleu, ayant 0 m. 08 de hauteur, 0 m. 09 de largeur et 0 m. 
07 d’épaisseur subsistantes. 

Ce morceau provient du même emplacement qu’inv. 2099. 

Inv. 2103 . — Pieds d’une petite figure sur la partie gauche d’un socle portant des 
extrémités d’arcs, en granité bleu, ayant 0 m. 1 5 de hauteur, 0 ni. 1 1 de largeur et 
o m. 17 d’épaisseur subsistantes. 

Ce morceau provient du même emplacement qu’inv. 2099. 

Nous avons retrouvé cette année des morceaux de sphinx en granité bleu qui s’a- 
joutent à ceux trouvés l’an dernier (cf. 1925, inv. 49 et 5 o, p. 39) sans toutefois 
les compléter. 

Inv. 2242 . — i5 morceaux de sphinx en granité bleu, trouvés près de l’angle 

intérieur sud-est du temple. a 

Il est possible de supposer que ces sphinx portaient la tête d’Usirtasen III , de meme 
que celui du Musée de New-York (cf. 1925, p. 3 2 ) mais ils ont été détruits en petits 
morceaux et ceux que nous avons trouvés jusqu a maintenant ne nous permettent pas 
d’espérer de pouvoir les reconstituer. 

NOUVEL EMPIRE (XVIII e DYNASTIE). 

Nous savions déjà, avec la statue de Thotmès III du Musée de New-York (cf. .9 '> 5 , 
p. 7), avec la porte d’Aménophis II (cf. 1925, p. 5 ) avec les morceaux de P 91 ® 1 ® etl 
calcaire décorés, portant les cartouches de Thotmès III, d’un Aménoplns et de lhot- 
mès IV, trouvés l’an dernier (cf. i 9 s 5 , p. 4 e), qu’il y avait eu sur ce s, te, apres la 
destruction d’une partie des monuments du Moyen Empire, un temp e en cacaue 



108 


F. BISSON DE LA ROQUE. 

avec colonnes polygonales cannelées (cf. 1925, p. 62) construit par Thotmès III, con- 
tinué par Aménophis II et par Thotmès IV. 

Les fouilles en profondeur dans l’arrière-temple , faites cette année, nous ont donné 
une statue d’un nommé fonctionnaire de Thotmès III, avec un texte histo- 
rique et une statue d’un nommé 1^, du règne d’Aménophis II, qui viennent 

confirmer mes conclusions (cf. 1925, p. ia 3 ). 

Inv. 2125 . — - Grande statue cubique d’un personnage accroupi, nommé ^ fl P * 
Minmosé, fonctionnaire de Thotmès III, en granité bleu, ayant 1 mètre de hauteur 

subsistante, 0 m. 57 de largeur et 
0 m. 76 d’épaisseur. 

La tête manque. Le cube de la 
statue est fendu horizontalement à 
mi-hauteur et endommagé sur ses 
côtés (Drioton, Inscriptions, 1926, 
fig. 2 li et 2 5 ). La robe formant le 
cube de la statue est ornée sur les 
quatre faces d’un texte gravé avec 
quelques lacunes (Drioton, Inscrip- 
tions, 1926, p. 53 ). 

Cette statue a été trouvée debout 
contre le côté sud du dallage-socle 
de la statue colossale, la partie in- 
férieure à 0 m. 60 sous le niveau 
supérieur de ce dallage, à égale 
distance des angles sud-ouest et 
sud-est de ce dallage, la face tour- 
née vers l’ouest (figs. 58 avec la statue en place et 5 g avec la statue sortie du trou). 

Etant donné le poids de cette statue, sa position verticale et son orientation, je me 
demande si elle ne fut pas trouvée, enfoncée, à l’emplacement quelle occupait an- 
ciennement, c’est-à-dire sur le côté gauche du piédestal de la statue colossale. 

Inv. 2 1 1 7 . — Statue cubique d’un personnage accroupi , nommé ^ Maa- 

nakhtej , du règne d’Aménophis II, en granité bleu, ayant o m. 5o de hauteur, 0 m. 
2 3 de largeur et 0 m. 3 o d’épaisseur. 

Le nez et la bouche sont ébréchés (Drioton, Inscriptions , 1926, fig. 2 3 ). 

La robe formant le cube de la statue est ornée sur le devant et les côtés d’un texte 
gravé (Drioton, Inscriptions, 1926, p. 5o). 

Cette statue fut trouvée avec des sphinx de Nektanébos II, inv. 21 13 à 21 15 
(p. 116) contre la face intérieure des fondations du mur Est d’enceinte à 18 mètres 



109 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

de l’angle intérieur nord-est du temple, à 0 m. 20 sous le niveau du dallage du tem- 
ple remplacé ici par un sol en ciment d’une installation copte. Elle semble donc avoir 
été jetée là par les Coptes sans être brisée, peut-être par suite de la hâte de la des- 
truction et à cause de la solidité de la matière et de la forme. 

Elle se trouve maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12926). 

Inv. 2118 . — La partie supérieure d’une statue cubique, avec la tête complète, le 
nez intact, de même proportions que la précédente (fig. 62). 

Deux débuts de colonnes de texte sont gravés sur la partie 
horizontale du cube, de chaque côté de la tête : 

Cette tête de statue fut trouvée à 3 m. 5 o à l’ouest du mur 
Est d’enceinte, à 1 m. 20 au nord du mur nord de la Cour XV 
et à 0 m. 3 o sous le niveau du dallage du temple détruit en ce 
point. 

Cette tête est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12927). 

Près du noyau subsistant d’une statue colossale (supra, p. 93), au fond et dans 
l’axe du temple nous avons trouvé trois morceaux qui peuvent en provenir : 

Inv. 2122 . — Morceau de bras, avec coude replié, provenant d’une statue colos- 
sale de personnage assis, en granité rose, ayant une longueur subsistante d’avant-bras 
de o m. 35 avec 0 m. i 5 de diamètre à la brisure et de 0 m. h r j pour l’autre partie 
avec 0 m. 28 de diamètre à la brisure. 

Ce morceau fut trouvé à l’Est du dallage-socle de la statue colossale, à environ 
0 m. ho sous le niveau de ce piédestal. 

Inv. 212 A. — Petit morceau de l’angle supérieur du côté droit du devant d’un 
siège de statue, avec un fragment de barrière du début d’un nom d’Horus, en granité 
rose, ayant 0 m. i 5 de hauteur, o m. 12 de largeur et 0 m. 10 d’épaisseur subsis- 
tantes. 

Ce petit morceau fut trouvé avec le bras, inv. 2122. 

Le fragment du nom d’Horus nous donne la queue d’un faucon, l’angle supérieur 
arrière d’un rectangle et un fragment de signe que je crois être f. Nous avons peut- 
être, là, le nom d’Horus de Thotmès III £ et ce morceau permet de poser une 
hypothèse de l’identification de la statue colossale (p. 95). 

Inv. 2126 . — Bloc en granité rose provenant d’une statue de grandes dimensions, 
donnant sur un plan vertical une partie de jambe droite et sur un plan horizontal l’ex- 
trémité du devant d’un pagne qui devait se trouver entre les jambes d’un person- 
nage assis. 

Ce morceau a 0 m. 5 à de hauteur, 0 m. 60 de largeur et 0 m. 5 o d’épaisseur 




110 F. BISSON DE LA ROQUE. 

subsistantes. Il fut trouvé au nord et contre la statue colossale, sur le dallage-socle de 
celle-ci. 

Il nous donne vraisemblablement un morceau de cette statue. 

BASSE ÉPOQUE PHARAONIQUE AINSI QU’ÉPOQUES PTOLÉMAÏQUE ET ROMAINE. 

Statues de culte. — La trouvaille la plus importante de nos fouilles de cette année 
me paraît être celle d’une série de statues de culte en calcaire doré nous donnant 
l'image du dieu Montou sous forme de taureau à corps humain et celle de la déesse 
Ra-taouï (pl. XI et VII ainsi que fig. 63 , 64 et 65 ). 

Ces statues ont été faites en deux calcaires différents : 

Les unes en calcaire de belle qualité, devenu jaunâtre, résistant à l'eau salpêtrée, 
in v. 2 a o 8 et a 2 09 , les autres en calcaire grossier se désagrégeant par l’action de l’eau 
salpêtrée et passant à l’état de chaux, inv. 9210, 2211 et 2 21 3 . 

Le 1 3 mars à i 5 heures, dans l’angle intérieur sud-est du temple au niveau de 
l’assise médiane de fondations du mur sud d’enceinte, à 2 m. 3 o à l’ouest du mur Est 
et contre le mur sud, entre om. 5o et o m. 80 sous le niveau du saillant de la partie 
inférieure du morceau en superstructure du mur d’enceinte, c’est-à-dire sous le ni- 
veau du seuil et des cours du temple, les piocheurs isolèrent une masse boueuse où 
de la chaux et de la terre se mélangeaient à de l’eau salpêtrée, produit des eaux d’in- 
filtration qui inondent le temple à plus d’un mètre au-dessus du sol du temple lors 
du retour des eaux des terres cultivales aux canaux de drainage. 

Dans cette masse compacte étaient collés les uns aux autres des morceaux brisés, 
dont certains en partie décomposés, de statues en calcaire avec parcelles de feuilles 
d’or soit restées sur ces morceaux de calcaire soit mélangées à la boue. 

Le Reis et moi nous dégageâmes au couteau les morceaux, en laissant autour de 
chacun d’eux une enveloppe de boue et ce fut au magasin en les nettoyant avec cou- 
teaux, brosses, pinceaux et par de nombreux lavages que j’aperçus petit à petit ce 
que pouvaient être ces morceaux. 

Des morceaux me laissèrent voir une tête de bovidé avec disque solaire, double 
uræus et plumes amoniennes. D’autres morceaux me donnèrent un buste et épaules 
humaines, un pagne, des mains et des jambes d’un personnage assis. Enfin le socle 
me révéla par une ligne d’écriture gravée, à l’extrémité du sommet de se socle, devant 
les pieds, que nous avions là les images de Montou, Seigneur de Médamoud, qui repose 
en la demeure du taureau de Médamoud, inv. 2210, de Montou, Seigneur de Thèbes, qui 
repose en la demeure du taureau de Médamoud, inv. 2208 et de Montou Seigneur de Taoud, 
qui repose en la demeure du taureau de Médamoud, inv. 2209. 

Des morceaux de la même trouvaille me livrèrent une tête de femme avec cou- 
ronne d’uræus, cornes relevées de vache, disque solaire et plumes amoniennes, un 
corps assis vêtu d’une robe collante prenant sous les seins et descendant sur les che- 


111 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

villes, et une ceinture sous les seins très finement sculptés en relief. Les socles me 
donnèrent : Ra-Ucm, celle de Médamoud, qui repose en [la demeure du taureau de Meda- 
moud-] inv. 22i3, Ra-taoui, celle de Thèbes, qui repose en la demeure du taureau de 
Médamoud, inv. 2 2 1 1 et Ra-toui, celle d'Armani, qui repose en la demeure du taureau de 

Médamoud, inv. 2212. . . • , 

Ces statues avaient tontes été brisées à la ceinture, au-dessus du siégé pu, s ont 
dû être jetées sans ménagement dans un terrain caillouteux ou la chute en ommagea 
les angles, brisa les bras, entailla le mufle du taureau et laissa des traces de chocs 

sur diverses parties du corps(voir spécialement mv. 2208, pi. V). 

Ces endommagements, bien que considérables, ne paraissent pas résulté, dune 
mutilation copte qui aurait surtout attaqué les figures, les mains et les pieds. 

Ces statues sont d’un très beau style, qui, bien que de basse époque dapre 
langue des inscriptions, ne me paraît pas pouvoir être posté,-, eur a Ptolemee XIII 
serait plutôt, à mon avis, du début de l’époque ptolemaïque. « 

Elles paraissent avoir été brisées parce que hors d’usage et avoir e e J e ee ® 1 
mêle à l’emplacement où elles furent trouvées, c’est-à-dire dans un trou fait a 1 angle 
d’une cour intérieure de l’arrière-temple qui n’était sans doute pas dallée. 

Etaient-elles dans des petits naos, placées dans des chapelles qui se trouvai® ans 
la partie sud-est de l’arrière-temple ou placées dans les Chambres XIII de lavant- 

‘ e ’ Aucune trace d’uné suite de chapelles n'a été trouvée dans l'arrière-temple 
Les Chambres XIII de l’avant-temple sont au nombre de «uq et ces statues 
culte semblent avoir été logiquement au nombre de huit : quatie on 011 ^ 
emplacements connus de temples élevés à ce dieu de la guerre, d origine de la région 
thébaine, temples placés comme des forteresses morales de Thèbes et quatie a 
taouï, déesse-mère et épouse de Montou , également des quatre temples de ce dieu, 

c’est-à-dire de Karnak, d’ Armant, de Taout et de Médamoud. 

La figuration de taureau me laisse supposer qu’elles devaient être reservees poux 
l'arrière-temple, car je pense que l’avant-temple était réservé à un Montou a tete de 

'Tous ne possédons pas d’éléments suffisants de discussion pour résoudre la question 
de l’emplacement de ces statuettes de culte. Seul un morceau de calcaire, donnant 
en relief la fin du cartouche d’unPtolémée(cf. 1925, inv. 08, p. a6 et ,g. 29, p. ), 
peut-être de Ptolémée X, pourrait être regardé comme provenant d un naos de ce, 
statues à cause de sa matière , qui ne s’explique pas dans un temp e cons ' 1 1 o j 
et des dimensions des hiéroglyphes trop petits pour decorer des parois dun g, a, 

monument. 

Isv 2208 . — Statue de Montou , Seigneur de Thèbes, à corps humain assis, les deux 
mains fermées sur les genoux, vêtu du pagne, portant colliers au cou , au-dessus des 


112 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


biceps et aux poignets, avec tête de taureau, chevelure humaine tombante sur les 
pectoraux proéminents, oreilles tendues, cornes relevées avec disque solaire, double 
uræus et plumes amoniennes (pl. VI). 

Le buste et la coiffure sont adossés à un montant reposant sur le rebord du siège. 
Sur le bord de la partie horizontale du socle devant les pieds et les arcs est gravée la 

ligne suivante : 



Fig. 63 . — Statue de Montou, Seigneur de Taoud , 

EN CALCAIRE, illV. 21209. 

Elle porte sur le socle l’inscription suivante 


Cette statue est en calcaire dur, 
anciennement recouvert d’une feuil- 
le d’or. Sa hauteur est de o m. 80 
et son socle a 0 m. 39 de longueur 
et o m. 20 de largeur. 

Elle fut trouvée brisée à la cein- 
ture formant deux grands mor- 
ceaux , avec les bras cassés dont un 
seul subsiste en deux morceaux, le 
mufle brisé dans sa partie droite et 
des traces de choc sur différentes 
parties. 

Cette statue est maintenant au 
Musée du Caire ( Journal d’enlrée, 
n° 5 oo 33 ). 

Inv. 2209 . — Statue de Montou, 
Seigneur de Taoud, du même type 
que la précédente, également en 
calcaire dur (fig. 63 ). 


l'sr»-*-* 5/V i 

> ÏK © ♦ J a O 


La hauteur est de o m. 78 et son socle a 0 m. 37 de longueur et 0 m. 19 de 
largeur. 

Elle fut trouvée brisée en trois. Les avant-bras manquent. Les mains fermées sur 
les genoux sont conservées. Le mufle est brisé. 

Cette statue est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12922). 

Inv. 2210 . — Statue de Montou, Seigneur de Médamoud, du même type que les 
précédentes, mais en calcaire tendre (fig. 66). 


113 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 
Elle porte sur le socle l’inscription suivante : 




Elle fut trouvée brisée en de très nombreux morceaux et les formes en partie ron- 
gées. Une dizaine de morceaux réunis (fig. 66) permettent de la considérer comme 
ayant des dimensions à peu près semblables à celles des deux autres. La largeur du 
socle est de o m. 195. Les bras n’ont pas été retrouvés. 



Fig. 64 . — Statue de Montou, Seigneur de Médamoud , en calcaire, inv. 2210. 


Les morceaux de cette statue en calcaire tendre ont été attaqués par le salpêtre et 
un grand nombre d’entre eux ont été réduits à l’état de chaux. 

Ce qui reste de cette statue a été laissé au magasin de Médamoud. 


Inv. 2211. — Statue de Ra-taouï, qui est en Thèbes, sous forme d’une gracieuse 
femme assise, vêtue d’une robe collante la prenant sous les seins, avec colliers au cou, 
aux chevilles et aux bras, portant sur une couronne d’uræus les cornes liatoriennes 
avec disque solaire et double plume amonienne (pl. VII). 

Sur le bord de la partie horizontale du socle, devant les pieds, est gravée la ligne 
suivante : 




Cette statue est en calcaire tendre, anciennement recouvert d’une feuille d’or. 

Sa hauteur subsistante, sans la couronne, est de o m. 65 . Elle devait avoir, d’après 
la statue inv. 221 3 , o m. 56 environ de hauteur. Son socle a 0 m. 16 de largeur et 
une longueur qui devait être d’environ 0 m. 2 5 mais qui ne subsiste que sur o m. 16. 
Il fut trouvé de cette statue quatre morceaux qui donnent une partie du devant. Il 

Fouilles de V Institut, t. IV, 1. i 5 




114 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


manque la couronne, une parlie des bras et toute la partie arrière de cette statue, y 
compris le côté droit de l’arrière de la tête. 

Cette statue est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 12923). 



Fig. 65. — Statue de Ra-taouï, qui est en Médamoud, en calcaire, inv. 22 i3. 


Inv. 2212. — Statue de Ra-taouï, qui est en Armant, qui devait être de même type 
que la precedente mais dont il ne subsiste que le devant du socle et des débris infor- 
mes en calcaire tendre. 

La largeur du socle est de o m. 1 h. Sa longueur subsistante est de o m. 07. 

Sur le bord de la partie horizontale du socle, devant les pieds, est gravée la ligne 
suivante : 


Wïl'+m -To 


Inv. 2213 . — Statue de Ra-taouï, qui est en Médamoud, du même type que la 
statue inv. 2211, avec en plus ici sa couronne complète (fig. 65 ). 

Elle n’a conservé que le début de son inscription : 



115 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Cette statue est en calcaire tendre, anciennement recouvert d’une feuille d’or. 

Elle a 0 m. 54 de hauteur et un socle de 0 m. 2 5 de longueur n’ayant conservé 
que 0 m. 1 1 de largeur. 

Elle fut trouvée brisée en trois morceaux avec le côté droit de la partie inférieure 
et du visage détruite. Les bras manquent. 

Cette statuette est maintenant au Musée du Caire ( Journal di entrée, n° 5 oo 34 ). 



Fig. 66. — Sphinx de Nektanébos II, inv. aii3, avec tête, inv. 21 ih. 


De cette même trouvaille de statues de culte en calcaire recouvert de feuilles d’or 
nous avons quelques morceaux en calcaire tendre qui ne proviennent pas des six 
statues ci-devant mentionnées. Parmi ces morceaux se trouvent un fragment de socle 
d’une Ra-taouï, inv. 2^78 et le haut d’un buste d’homme, inv. 2679, qui est du 
type des bustes des Montou : 

Inv. 2478 . — Morceau de socle avec partie du pied droit et débris d’une bande 
inscrite d'une statue de Ra-taouï, en calcaire tendre, ayant o m. 06 de hauteur, 
0 m. 06 de largeur et 0 m. o 5 d’épaisseur subsistantes. 

Ce morceau brisé nous indique qu’il y avait une quatrième Ra-taouï, sans doute la 
Ra-taouï , qui est en Taoud. 

Inv. 2479 . — Le haut d’un buste d’homme, du type de celui des statues de Montou, 
inv. 2208, 2209 et 2210, avec le bas d’un collier entre les pectoraux, en calcaire 
tendre, ayant o m. 1 2 de hauteur, o m. 12 de largeur et o m. 09 d’épaisseur. 


116 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Cette partie brisée d’une statue d’un Montou nous indique qu’il y avait un quatrième 
Montou, sans doute le Montou, Seigneur d’ Armant. 

Avec ces débris de statues de culte, dont quatre sont dignes d’être exposés, ont été 
trouvés vingt morceaux de vases en albâtre brisés et incomplets, inv. 2216 et un 
petit vase à fond arrondi, en bronze, ayant o m. 06 de hauteur et un diamètre de 
o m. o 35 au sommet, inv. 221 4 . 



Fig. 67. — Sphinx de Nektanébos II, inv. 21 i 3 , avec tête, inv. 2ti4. 


Les autres objets de basse époque, trouvés dans la fouille en profondeur du fond 
du temple, sans avoir l’importance des statues du culte, offrent certains intérêts 
archéologiques. 

J’énumère ici les principales trouvailles qui consistent en deux sphinx de Nektané- 
bos II, inv. 2 1 1 3 à 2 1 16, en deux dépôts d’Osiris, inv. 2176 Ô2202 et 2 169 à 2i53 
et en un troisième dépôt d’objets, inv. 21 35 à 21 38 . 

DEUX SPHINX DE NEKTANÉBOS II : 

Inv. 2113 . — Sphinx de Nektanébos II, en grès, brisé au cou. 

Ce sphinx a o m. 4 a de hauteur sans la tête, 1 m. o 3 de longueur et 0 m. 3 o de 
largeur (fig. 66 et 67). 

Le socle porte tout autour une bande de texte : 

-tVS^AÆA.£Tni*^iLnB5^11-y.geifim 


117 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Il fut trouvé contre les fondations de la face intérieure du mur Est d’enceinte, à 1 8 
mètres au sud de l’angle intérieur nord-est du temple et à 0 m. 20 sous le niveau du 
dallage détruit du temple et sous le prolongement d’un sol en ciment d’une maison 
copte à peu près entièrement détruite (cf. 1925, pl. II). 

Inv. 2114 . — Le haut d’une tête royale, provenant sans doute du sphinx, inv. 
21 13 (fig. 66 et 67), en grès, brisée sous les yeux, ayant 0 m. i 3 de hauteur sub- 
sistante, o m. 24 de largeur et d’épaisseur, trouvé auprès de l’inv. 21 13 . 



Fig. 68. — Sphinx de Nektanébos II, inv. 21 1 5 , avec tête, inv. 2116. 


Inv. 2115. — Trois morceaux formant un sphinx de Nektanébos II, en grès, de 
mêmes dimensions qu’inv. 21 13 . Sa hauteur avec la tête trouvée à part, inv. 2116, 
est de o m. 62 (fig. 68 et 69). 

L’extrémité de la patte gauche est brisée. 

Ces morceaux furent trouvés au même emplacement qu’inv. 2 1 1 3 . 

Le socle porte tout autour une bande de texte : 

Inv. 2116. — » La tête royale du sphinx, inv. 21 15 , en grès, ayant o m. 20 de 
hauteur, o m. 2 8 de largeur et 0 m. 2 1 d’épaisseur. 

Le nez est brisé. La bouche et la joue droite sont rongées (fig. 68 et 69). 




118 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Cette tête a été trouvée à 1 m. 5o à l’ouest de l’inv. 2 1 1 5 , àom. 25 sous le niveau 
du dallage détruit du temple qui était remplacé en ce point par un sol en ciment de 
maison copte (cf. 1925, pl. 11). 

Ces deux sphinx semblent avoir été brisés par les Coptes qui se sont attaqués spé- 
cialement aux deux têtes. Ils semblent avoir été jetés dans les fondations d une habi- 
tation copte ayant une chambre à sol cimenté. Avec ces morceaux de sphinx a été 
trouvée une statue de la XVIII e dynastie, inv. 2117 (p. 108). 



Fig. 69 . -» Sphinx de Nektanébos 11, inv. an5, avec tète, inv. au 6 . 


PREMIER DÉPÔT D’OSIRIS, INV. 2176 À 2202. 

Ce dépôt d’Osiris a été trouvé sous le sol d’une habitation copte trouvée au fond 
du temple, contre la paroi intérieure de fondations du mur Est, a 9 Di. 5 o au noid 
de l’angle sud-est du temple, au niveau — o m. 80. 

Cette installation copte et le dépôt d’Osiris ont été étudiés plus haut (p. 101). Les 
principaux objets trouvés ont ete énumérés. Je ne reprends ici que ceux qui deman- 
dent une description complète : 

Inv. 2181 . — Une plaque avec incrustations détruites, en bronze, ayant 0 m. 08 
Xo m. 35 et une épaisseur de o m. 006 (fig. 56 ). Elle est maintenant au Musée du 
Louvre (n° d’entrée : E. 12958). 

Inv. 2191. — Un buste d’Osiris, en calcaire, ayant 0 m. 26 de hauteur, 0 m. i5 
de largeur, et o m. 17 d’épaisseur (fig. 70 ). 


Inv. 2193 . — Le buste avec tête 
d’une déesse à couronne hatorienne 
composée du disque solaire entre les 
cornes relevées de vache, adossé à 
un montant, en calcaire, ayant 0 m. 
43 de hauteur subsistante, o m. 2 1 
de largeur et o m. 1 6 d’épaisseur. 

Cette statuette adossée est brisée 
à la taille. 11 est possible qu elle re- 
présente la déesse Ra-taouï (fig. 71). 



FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 119 

Inv. 2192 . — Une tête de faucon avec couronne amonienne, composée du disque 
solaire, des deux uræus et des deux plumes, en calcaire, ayant 0 m. 29 de hauteur, 
0 m. 1 4 de largeur et 0 111. 1 7 d’é- 
paisseur. 

Il est possible que cette tête de 
faucon soit celle d’une statue du 
dieu Montou (fig. 71). 


Inv. 2202. — Un vase à une 
anse, à stries circulaires, en terre 
cuite, ayant o m. 1 5 de hauteur 
subsistante, o m. o5 de diamètre à 
la base et o m. 09 de diamètre 
maximum à 0 m. 06 de hauteur. Fig» 70 . — Boste dOswis, en calcaire, inv. a 191 . 

Le col du vase est brisé. 

Ce vase à stries circulaires nous indique que ce premier dépôt d’Osiris doit être d’é- 
poque gréco-romaine. 


DEUXIÈME DÉPÔT D’OSIRIS, INV. 2149 À 2153. 

Ce second dépôt a été trouvé à 3 m. 3 o à l’ouest du mur Est d’enceinte, à 1 m. 4 o 
au nord du prolongement Est du mur nord de la Cour XV et à o m. 70 sous le 
niveau du dallage ptolémaïque détruit en ce point. 

Il se compose d’une série d’Osiris en bronze, inv. 2149, comprenant une statuette 
d’Osiris assis, une statuette d’Osiris debout et neuf petites statuettes d’Osiris dont plu- 
sieurs avec traces de dorure ainsi que six débris de disque solaire ou autres parties de 
statuettes d’Osiris, de i5 chevilles en bronze, inv. 21 5o, ayant une longueur de 0 m. 
022 à 0 m. o 45 et d’une série de petites pièces en bronze, inv. 2 1 5 1, provenant d’objets 
en bois détruits, ainsi que de deux poignées rondes de porte en bronze, inv. 2 1 52 et 
2 1 53 , d’un diamètre de 0 m. o 55 dont le premier a seul conservé sa plaque d’attache. 




120 


F. BISSON DE LA ROQUE. 



Fig. 71. — Têtes de Montou, sods forme de faucon, inv. 2192, et de Ra-taouï(?), inv. 2193. 

Inv. 2136 . — Une Thouëris, en grès décomposé, ayant o m. 35 de hauteur, o m. 
16 de largeur et o m. 09 d’épaisseur subsistantes. 

Inv. 2137 . — Une tête de faucon, en calcaire, ayant 0 m. 09 de hauteur et un 
diamètre de 0 m. 10. Cette tête est fortement endommagée. 

Inv. 2138 . — Une déesse assise, en calcaire peint, brisée au-dessus de la ceinture, 
ayant 0 m. i 4 de hauteur, 0 m. 06 de largeur et 0 m. 10 d’épaisseur. 

Il est à noter que le terrain de Médamoud , inondé chaque été par les eaux d’infd- 
tration, est très mauvais pour la conservation des antiquités. Le salpêtre détruit le 


TROISIÈME DÉPÔT D’OBJETS, INV. 2135 À 2138. 

Ce dépôt d’Objets a été trouvé contre l’assise médiane de la face intérieure du mur 
Est de fondations, à l’Est du dallage-socle de la statue colossale. II se compose de : 

Inv. 2135 . — Une tête royale avec couronne blanche, en grès, ayant 0 m. ôo de 
hauteur, o m. 1 3 de largeur et 0 m. 11 d’épaisseur subsistantes. 

Cette tête est brisée verticalement et ne donne qu’un seul côté du visage. 


121 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

bois, polit le relief des monnaies dont le décapage ne donne rien, décompose le grès, 
fendille le calcaire et ronge le granité, spécialement le granité rose. 

ÉPOQUE COPTE. 

La fouille en profondeur dans le fond du temple, bien qu’ayant livré, sous le 
niveau du sol ptolémaïque, des traces d’installations postérieures au temple, n’a rien 
donné comme mobilier de ces installations. 

Je ne trouve qu’un seul objet d’époque copte à signaler : une lampe décorée, en 
terre cuite, inv. 21Ô2 (fig. h 9). 

Cette lampe a été trouvée au niveau du dallage ptolémaïque dans la partie nord-est 
du temple. Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 1295 U). 


CONCLUSION. 

Les fouilles de cette année dans le dernier temple du site de Médamoud ont livré 
de nouveaux documents, relatifs aux temples successifs de ce lieu, qui n’ont pas mo- 
difié les grandes lignes historiques établies l’an dernier, mais qui les ont amplifiées. 

A Usirtasen III, grand constructeur, qui fit élever plus de vingt statues de lui sur 
ce site, desquelles cinq têtes retrouvées nous donnent le portrait du roi à cinq âges 
différents, s’ajoute maintenant Usirtasen II dont la partie inférieure d’une statue de 
même type a été retrouvée. 

Pour la XVIII e dynastie les fouilles de cette année nous donnent, peut-être, les 
restes dun colosse de Thotmès III, une statue d’un fonctionnaire avec texte historique 
de ce meme roi , une statue du règne d’Aménophis II et des pierres du style d’Amé- 
nophis IV. 

Le problème d’un monument élevé par Ptolémée 111 sur ce site est maintenant posé 
par la découverte d’un certain nombre de pièces décorées du beau style de ce début 
de l’époque ptolémaïque. 

Ptolémée XIII qui avait été reconnu en 1925 comme ayant terminé le temple pro- 
prement dit, sauf le mur d’enceinte, a été reconnu en cette année 1926 comme ayant 
laissé son nom sur trois kiosques placés devant la Grande Cour du temple, sur la 
façade du mur-pylône, correspondant aux trois entrées du temple proprement dit. 

Ces trois kiosques, en grande partie terminés comme décoration sous Ptolémée XIII, 
établissent que le mur-pylône et le mur d’enceinte ont du exister dès les Ptolémées. 

Les Romains n’auraient donc fait exécuter que la décoration, non encore entreprise, 
de l’enceinte du temple O. 

(1> Il est nécessaire de distinguer dans les temples d’époque ptolémaïque le travail de construction du 
travail de décoration. Ce dernier s’étage sur une période beaucoup plus longue que celle de la construc- 
tion. 


Fouilles de l’Institut, t. IV, 1 . 


16 



122 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Le travail de décoration des Romains, limité l’an dernier pour le mur d’enceinte 
de Domitien à Trajan, s’étend cette année d’une part à Vespasien trouvé sur le sou- 
bassement intérieur du mur-pylône et d’autre part à Antonin-le-Pieux à qui est due 
la décoration de la partie inférieure des colonnes de la Grande Cour. 

La décoration des kiosques fut augmentée par des Césars. 

A Tibère, le premier Romain qui semble avoir élevé un monument sur ce site, 
s’oppose maintenant Dioclétien , sans doute le dernier Romain dont le nom figura dans 
ce temple. Le socle d’une statue en bronze élevée par un fonctionnaire de cet empe- 
reur a été trouvé cette année. 

C’est peu après ou même sous cet empereur que me paraît avoir été abandonné le 
temple de Montou et, immédiatement après, des chrétiens indigènes me paraissent 
s’être installés sur le site et, tout en mutilant les statues, en démolissant le temple, 
ils y ont établi une église et des habitations. 

Le site déjà fréquenté par des Grecs, ainsi que des inscriptions grecques trouvées 
cette année nous le prouvent, fut simultanément habité par des Coptes et des Grecs 
ainsi que nous l’indiquent des lampes inscrites trouvées dans des ruines d’habitations 
installées dans les cours et kiosques déblayés cette année. 

Ces installations postérieures à l’abandon du temple, que je désigne cette année 
comme copto-byzantines, nous ont donné, dans la partie sud de la Cour Ouest, un 
type soigné de constructions, faites avec des pierres de petite taille et sans doute 
ornées de chapiteaux grecs composites avec volutes ioniennes et autres motifs de 
décoration byzantine. 

La Cour Ouest non entièrement dégagée cette année encadre à l’ouest, au sud et 
au nord une suite de trois kiosques qui s’appuient sur un mur-pylône fermant la 
Grande Cour du temple sur la façade vers la porte de Tibère ou porte principale de 
l’enceinte sacrée. 

Ces trois kiosques semblent avoir été à ciel ouvert avec colonnes engagées qui, avec 
leur couronnement, devaient dépasser de plus du triple les murs de clôture des côtés. 
Ces murs devaient être ornés au sommet d’une corniche hatorienne. Les colonnes 
devaient être réunies au sommet par des architraves surmontées d’une frise d’uræus. 

La décoration des tableaux placés entre les colonnes semble avoir réprésenté à 
l’extérieur des kiosques Sud et Nord et à l’intérieur des trois kiosques, suivant l’usage 
des temples, des scènes d’adoration du roi à diverses divinités. A l’intérieur et près de 
l’entrée, le roi d’un côté et la reine de l’autre, sont représentés entrant dans le temple. 
Dans le kiosque Sud, sous les tableaux presque entièrement détruits représentant le 
roi devant des divinités, une partie décorée subsistante nous donne des scènes de ré- 
jouissance comprenant musiciennes, danseuses et un dieu Bes gambadant. 

Nous n’avons pas ici avec ces kiosques un fait particulier. En effet devant la cour 
intérieure du petit temple de Plah Rîs-Anbou-f à Karnak, Ptolémée 111 éleva un kios- 
que qui subsiste encore; au temple de la XVIII e dynastie à Médinet-Abou, devant le 


123 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

II e pylône ajouté sous la XXV e dynastie, Nektanébos II éleva un kiosque dont il sub- 
siste des restes importants; au temple de Khonsou à Karnak des traces d’un kiosque 
se trouvent devant le pylône; le grand temple d’Amon à Karnak possédait dans la 
grande cour également un kiosque élevé par Taharqa; à Deir el-Rahri nous remar- 
quons un kiosque d’époque ptolémaïque devant le Saint des Saints; et dans l’enceinte 
de Moût à Karnak se trouve un kiosque également d’époque ptolémaïque, d’un type 
semblable à ceux de Médamoud. 

Ce qui est nouveau ici, c’est le nombre de trois kiosques donnant entrée dans la 
Grande Cour par trois portes percées dans le mur-pylône et correspondant aux trois 
entrées du temple proprement dit. 

Le mur-pylône ne présente aucun saillant aux extrémités, de même que celui du 
temple de Kôm-Ombo, et aucun saillant sur le devant des montants des portes, II 
devait faire corps aux angles avec les murs nord et sud d’enceinte et sa façade, plus 
élevée que les murs de côtés, devait se développer sur un seul plan avec une hauteur 
égale coupée par trois échancrures formées par les portes. 

La Grande Cour a, de même que celle du temple de Kôm-Ombo, sa grande di- 
mension dans le sens de la largeur du temple. 

Elle est garnie de galeries uniquement sur les côtés nord et sud. Ces galeries ont 
chacune une double colonnade qui devait s’accrocher : au nord, au mur d’enceinte, 
et au sud, à un mur intermédiaire donnant, entre lui et le mur d’enceinte, une suite 
de chambres. 

Je considère ces chambres comme des (Tl [~i i’ magasins du temple. 

Sous l’une de ces chambres se trouve une crypte qui se raccorde logiquement aux 
chambres-magasins du dessus. 

Ces chambres et cette crypte, sur le côté droit de la Grande Cour, en entrant dans 
le temple, sont assez imprévues en cet emplacement. Je ne pense pas qu’il faille les 
rapprocher de celles que nous voyons sur le côté droit de l’avant-cour du temple d’Isis 
à Philæ. En tous cas, il est logique de trouver des magasins placés en cçt endroit. 
Ces magasins étaient peut-être en rapport avec un autel de la Grande Cour dont nous 
avons trouvé les fondations dans le prolongement de la partie du mur-pylône qui se 
trouve entre la porte médiane et la porte nord. Cette positiqn d’autel ne gênant pas 
la circulation des processions passant par les différentes entrées, est la même que celle 
de l’autel supposé dans la cour de Kôm-Ombo. 

Je suppose que cet autel servait aux offrandes réservées au taureau sacré de Méda- 
moud dont le sanctuaire et l’habitation devaient être dans l’arrière-temple. En effet 
le kiosque Nord et la porte nord du mur-pylône conduisent, par la porte nord du 
Portique et la Cour Nord, à l’ arrière-temple et ce passage nord paraît être celui au- 
quel se rattache l’autel. 

Nous avons maintenant un ensemble compose de trois kiosques dans une Cour 
Ouest, s’appuyant à un mur-pylône, la Grande Cour du temple avec double colonnade 

16. 


124 


F. B1SS0N DE LA ROQUE. 


sur les côtés et le temple proprement dit dans lequel se trouvait l’avant-temple et 
l’arrière-temple (fig. 72). 

Le déblaiement de la Grande Cour, des kiosques et d’une partie d’une Cour Ouest 
nous a donné divers objets importants, entre autres la partie inférieure d’une statue 
en granité bleu d’Usirtasen II, inv. 2021, une pierre décorée de Ptolémée III, inv. 



2/169, une série d’inscriptions grecques, un bas-relief romain assez curieux inv. 2267 
et du mobilier des installations postérieures au temple qui me permettent de limiter 
l’époque de ces installations entre le iv e et le vu e siècles de notre ère. 

La seconde partie de notre travail de cette année a consisté dans l’achèvement de 
la fouille en profondeur de l’arrière-temple (fig. 73 et 7/1). 

Cette fouille m’a permis d’étudier les fondations de ce qui reste comme construc- 
tions dans cet arrière-temple. Ces fondations m’ont fait reconnaître, dans un massif 
qui se trouve entre le groupe des pièces XVI , XVII et XVIII et le mur nord d’enceinte , 
l’escalier nord du temple qui, d’un dispositif droit, fait pendant à l’escalier sud tour- 
nant reconnu l’an dernier. 

Cette fouille nous a fait trouver un supplément d’installations coptes dans cette 
partie, consistant en un puits et en un dallage au niveau —0 m. 80. 


125 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Cette fouille a fourni un supplément de restes d’une plate-forme en calcaire d’un 
temple du Moyen Empire. Parmi ces restes de ce temple fut trouvée cette année une 
seconde assise construite formant l’angle d’un mur établi sur cette plate-forme. 

Mais les principales trouvailles de cette fouille sont, à mon avis, la présence d’un 
reste de noyau d’une statue colossale, probablement de Thotmès III, ainsi que la 
découverte de plusieurs statues du Moyen Empire et de la XVIII e dynastie et surtout 
de statues de culte. 


Fig. 73. — Vue d’ensemble du temple, prise de l’Est. 



Le noyau de la statue colossale de Thotmès III a été trouvé au fond du temple , 
près du mur Est d’enceinte, dans la Cour XV, placé sur l’axe du temple, la face re- 
gardant dans la direction de l’entrée du temple d’époque ptolémaïque et romaine. 

Du Moyen Empire, la fouille en profondeur de barrière-temple nous a donné : 
une nouvelle tête d’Usirtasen III en granité bleu, inv. 2099, qui est un superbe por- 
trait de ce roi à un âge où la vieillesse se forme et une tête royale en calcaire, inv. 
2175, d’une très belle facture, qui semble être un portrait d’un roi non encore 
identifié. 

De la XVIII e dynastie cette fouille nous a donné plusieurs statues cubiques dont 
l’une d’elles, d’un nommé Minmôsé, fonctionnaire de Thotmès III, inv. 2 125 , fournit 
un texte historique. 




126 


F. BISSON DE LA ROQUE. 


Des statues de culte en calcaire, anciennement dorées, trouvées, dans cette même 
fouille, brisées, mais dont plusieurs ont pu être en partie reconstituées, inv. 2208 à 
221 3 , nous donnent l’image du dieu Montou sous forme d’un personnage assis avec 
tête de taureau et celle de la déesse Ra-taouï d’un type gracieux de femme. Ces sta- 
tues me paraissent être du début de l’époque ptolémaïque. 



Fig. 74. — L’ensemble du temple, vu du sud-est. 


Cet ensemble de trouvailles intéressantes au double point de vue artistique et 
archéologique nous engagera, je l’espère, à continuer les travaux de déblaiement de 
l’enceinte sacrée du temple de Médamoud. 

11 nous reste spécialement à fouiller en profondeur les Portions VI et VII, ainsique 
le Couloir Nord du temple proprement dit, ce qui sera un travail de moins de deux 
semaines et à déblayer la partie entre les kiosques et la porte de Tibère. 

Pour nous permettre ce dernier déblaiement, le Service des Antiquités a bien voulu 
faire sortir, par le Reis Hassan, les blocs de l’éboulis de la porte de Tibère qui se 
trouvaient à la surface du terrain de remblaiement de cette porte. 

Neuf cents pierres provenant de cette porte ont été alignées et inventoriées. M. 
Drioton les a copiées et de nombreuses photographies ont été faites. 

L’étude de la possibilité de reconstitution de cette porte est maintenant commen- 
cée. 


127 


FOUILLES DE MÉDAMOUD (1926). 

Ainsi que je l’avais déjà signalé l’an dernier (cf. 1925, p. A) des blocs provenant 
d’un temple de Séti I er , et de Ramsès II ont été remployés dans la construction de 
cette porte de Tibère. Certains de ces blocs ont un intérêt artistique (fig. 7 5). Cette 
décoration de la XIX e dynastie se trouve parfois au revers de blocs décorés à nouveau 
sous Tibère. Ils devront donc être sciés. 



Fig. 75. — Blog, inv. 297, provenant de la porte de Tibère et donnant un bas-relief 

DE LA XIX 8 DYNASTIE. 

La fouille de l’espace entre cette porte et les kiosques se trouve liée à celle de cette 
porte elle-même. Pour évacuer le déblai de ce terrain nous avons conservé de l’espace 
dans le trapèze du Kém réservé à cet effet, à une certaine distance au nord du 
temple. Mais, pour atteindre ce trapèze réservé au déblai, le passage est obstrué par 
un groupe de maisons indigènes que le Service des Antiquités veut bien se proposer 
d’exproprier. 

La fouille de la porte, actuellement enterrée sur à peu près 2 mètres, se trouve 
dépendre du projet d’une reconstruction de cette porte. Si cette reconstruction est 
reconnue possible après l’étude des blocs sortis, il semble nécessaire de démonter ce 
qui reste des montants de la porte, car le tremblement de terre qui a occasionné la 
chûte d’une partie de cette porte a disjoint ce qui est resté en élévation. 




F. BISSON DE LA ROQUE. 


128 

Pour démonter ces restes de montants il faut établir des échafaudages soit en bois 
soit en terre, et pour cela il serait avantageux de conserver enfouie la partie infé- 
rieure de la porte et, peut-être même, d’y établir des buttes provisoires de déblai 
pris dans la partie entre cette porte et les kiosques. 

Ces travaux sont donc encore à l’état d’étude et il me semble préférable d’attendre, 
pour entreprendre le déblaiement de la partie entre les kiosques et la porte de 
Tibère, non seulement l’expropriation du groupe de maisons indigènes qui nous em- 
pêche de porter le déblai définitivement à l’emplacement qui me paraît le mieux 
approprié, mais encore que des décisions aient pu être prises relativement à une 
reconstruction de la porte. 

Mon projet est donc, pour l’hiver prochain, non seulement de finir entièrement 
la fouille en profondeur dans le temple proprement dit, mais aussi de commencer 
un déblaiement au sud du temple. 

Je tiens à remercier le Service des Antiquités qui a bien voulu se charger cette 
année des frais du tirage des blocs de l’éboulis de la porte de Tibère à la surface du 
terrain remblayant la partie inférieure de cette porte, et de la réparation des murs 
des parties du temple déblayées en 1926. Ce dernier travail a été fait par des ou- 
vriers spécialistes que M. Chevrier, chef de travaux à Karnak, a eu l’obligeance de 
m’envoyer. 


TABLE DES MATIÈRES. 


N 


Introduction 


Pages. 


1 


PREMIÈRE PARTIE. — LES COURS DU TEMPLE ET SES TROIS KIOSQUES DE FAÇADE 
AINSI QUE LES INSTALLATIONS COPTO-BYZANTINES EN CETTE PARTIE. 

1 . Grande Cour . ^ 


Le dallage de la Grande Cour 5 

Galerie nord ^ 

Galerie sud g 

Les chambres XXII, XXIII, XXIV et XXV n 

Gr yp te 11 

Les murs nord et sud d’enceinte avec leurs saillants 1 5 

Le mur-pylône ; t ^ 

La porte sud ou porte principale 20 

La porte médiane 2 3 

La porte nord 2 a 

Autel de la Grande Cour 2 5 

Epoque de la Grande Cour 2 g 

2. Les trois kiosques 3 0 

Le Kiosque Sud 3 2 

La porte du Kiosque Sud 3 A 

Le Kiosque Médian 36 


La porte du Kiosque Médian 

Le Kiosque Nord 

La porte du Kiosque Nord. . 


3 . Cour Ouest Ai 

Partie sud de la Cour Ouest A2 

Partie nord de la Cour Ouest A 4 

4 . Installations copto-byzantines A7 

Les installations de la Grande Cour (six portions) 5 o 

Les installations du Kiosque Nord 53 

Les installations de la partie nord de la Cour Ouest 56 

Les installations de la partie sud de la Cour Ouest (six groupes) 57 

Conclusion sur les installations copto-byzantines 62 

5 . Extraits du journal d’inventaire donnant les principaux objets trouvés, avec classement 

par époques 64 

Ancien Empire 64 

Moyen Empire : statues des Usirtasen 64 

pierre de la XIII e dynastie 68 

Fouilles de V Institut , t. IV, 1. 17 


130 F. BISSON DE LA ROQUE. 

Nouvel Empire : pierres décorées, de remplois 

Pierres provenant d’une construction de Ptolémée III t 

Pierres provenant du temple ptolémaïque et romain 

Crapaudines ^ 

Fragments de colonnes cannelées en grès 5 

Tête de gazelle en bronze 

Monuments gréco-romains : inscriptions grecques 

autel g 

bas-relief - ^ 

Mobilier des installations copto-byzantines ^ 

Lampes en terre cuite avec inscriptions grecques. ^ 

~ — C0 Ptes 80 

— — avec grenouilles g { 

— — de forme ronde g 9 

— — allongée 82 

— — haute gg 

Principaux vases décorés en terre cuite g 3 

Décoration byzantine g^ 

Morceaux avec volutes g^ 

Morceaux avec branches de feuillage gg 

Objets divers de mobilier g^ 

Conclusion sur les principaux objets trouvés g^ 

DEUXIÈME PARTIE. — L’ARRIÈRE-TEMPLE , 

COMPLÉMENTS DE FOUILLES EN PROFONDEUR DONNANT DE NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS 
SUR LES INSTALLATIONS ANTERIEURES ET POSTERIEURES DE CETTE PARTIE. 

Notes générales 

1. Traces d’un temple du Moyen Empire * ^ 

2. Statue colossale ^ 

3 . Escalier nord ' ^ 

h . Conduite d’eau 1 

******** ******•••••••••••••••••••#••.. AH 

5 . Les fondations des différentes parties subsistantes de Barrière-temple «g 

Fondations du mur d’enceinte 

Fondations de l’ensemble de la Chapelle XVIII et des murs de la Cour XVII. ?? 

Fondations de la porte entre le Vestibule XVI et la Cour XVII „ 

Fondations du mur au nord de la Cour XV 

6. Installations postérieures à l’abandon du temple (supplément) ^ 

Puits copte 

Sol dune habitation copte au niveau — 0 m. 80. 10j 

Premier dépôt d’Osiris 

J 102 

7. Extraits du journal d inventaire donnant les principaux objets trouvés, avec classement 

par époques 

* . io 3 

Moyen Empire ^ 


FOUILLES DE MÉDAMOUD ( 1926 ). 131 

I iBS 

Pages. 

Nouvel Empire (XVIII e dynastie) 107 

Basse-Époque pharaonique ainsi qu’Epoques ptolémaïque et romaine 110 

Statues de culte 1 

Deux sphinx de Nektanébos II 116 

Premier dépôt d’Osiris 118 

Deuxième dépôt d’Osiris • • • 119 

Troisième dépôt d’objets 120 

Époque copte 121 

Conclusion 121 


V 



1 





PLANCHES HORS TEXTE. 


I. — Plan d’ensemble. 

II. _ Pian des cours et kiosques du temple avec les installations copto-byzantines. 

III. — Plan de la fouille en profondeur de l’arrière-temple. 

IV. — Tête royale en calcaire, inv. 2175, du Moyen Empire, 
y. — Tête d’Usirtasen III, en granité bleu, inv. 2099. 

VI. — Statue de Montou, en calcaire, inv. 2208. 

VU. — Statue de Ra-taouï, en calcaire, inv. 2211. 


% 


1 






Fouilles de l’Institut français du Caire, t. IV. — Mèdamoud (1926). 






Fouilles de l’Institut français du Caire, t. IV. — Médamoud (1926). Pl. II. 



Fouilles de l’Institut français du Caire, t. IV. — Mêdamoud (1926). 


Pl. III. 



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Fouilles de l'Institut français du Caire, t. IV. — Médamoud (1926). 


Pl. IV. 




(MP. «TAU FRÈRES, PARIS. 


Tête royale en calcaire, inv. 2175, du Moyen Empire. 


Fouilles de l'Institut français du Caire, t. IV. — Médamoud (1926). 


Pl. V. 





IMF. CATALA FRÊRE3, PARIS. 


Tête d’Usirtasen III, en granité bleu, inv. 


■ 



Pl. VI. 


(MP. CATALA FRÈRES, PARIS. 


Fouilles de l’Institut français du Caire, t. IV. — Médamoud (1926). 


L 


de Montou, en calcaire, inv. 2208. 






m 




EN VENTE : 


AU CAIRE : chez les principaux libraires et à TInstitut français d’Archéologie orientale, 
37, Shareh El-Moûnirah. 

A ALEXANDRIE : à la Librairie J. Hazan, ancienne librairie L. Schuler, rue Chérif- 
Pacha, n° 6 . 

A PARIS : à la Librairie orientaliste Paul Geuthner, i 3, rue Jacob; 

— chez Fontemoing et C ie , E. de Bogcard, successeur, 1, rue de Médicis. 

A LEIPZIG : chez Otto Harrassowitz.